L'opposition comorienne invente la doctrine de " la culpabilité par anticipation ou la présomption de culpabilité"

Ce un drôle de scrutin à laquelle nous assistons en Union des Comores. Cela ne devrait pas étonner les observateurs habitués à une classe...

Ce un drôle de scrutin à laquelle nous assistons en Union des Comores. Cela ne devrait pas étonner les observateurs habitués à une classe politique des plus singulière. Pourtant si, car cette fois l'exercice a atteint des sommets. 

Rendez vous compte qu'il ne s'agit ni plus ni moins que d'une invention qui va révolutionner les pratiques juridico-politiques au niveau mondial. Je veux parler de la fameuse théorie de l'opposition comorienne bien connue sous l'appellation de la "culpabilité par anticipation ou la présomption de culpabilité". 

Cette théorie a vu le jour à la veille des assises, des ateliers débats réclamée par le peuple comorien dans le but de faire un bilan de plus de quatre décennies d'indépendance et de tracer des perspectives pour le pays. Les éminents cerveaux de l'opposition avaient alors décrété avant même la mise en place du comité d'organisation qu'elle allait et qu'il fallait les boycotter puisqu'ils ne pouvaient aboutir qu'à des conclusions tronquées. 

La même théorie s'est poursuivi avec le boycott de la consultation référendaire qui demandait aux comoriens de se prononcer sur des modifications constitutionnelles conformément aux voeux des assises citées plus haut.Au lieu de faire campagne contre ces propositions de modification en appelant le peuple à voter contre, l'opposition a tout simplement décider une fois de plus de boycotter, puisque selon elle, les résultats dudit référendum allaient là aussi être truqués. L'opposition a appliqué cette même théorie lors de négociations intercomoriennes mise en place par le pouvoir, sur recommandation de l'Union Africaine et surtout à la demande de l'opposition elle-même. 

Là aussi en application de sa fameuse théorie de la "Culpabilité par anticipation ou présomption de culpabilité" l'opposition s'est retiré des négociations. En fait elle venait de découvrir que lors de négociations il a forcément débats contradictoires. Aujourd'hui avec les élections, revoici l'opposition qui nous ressert encore une fois sa théorie fumeuse. Mais attention car cette il a une évolution majeure dans sa mise en oeuvre.

Oui car ce coup-ci l'opposition a décidé d'aller à la bataille enfin. Mais théorie de la "culpabilité par anticipation ou présomption de culpabilité" oblige, elle a quand même fait campagne en jurant que le camp de la mouvance présidentielle avait déjà truqué les élections en faveur de son candidat.Autrement dit 12 candidats de l'opposition se sont présentés à ces élections pour ne pas les gagner puisque selon eux les jeux étaient déjà faits. Cependant aucun ne voulait rater l'occasion d'aller se faire battre. Et le jour "J" 24 mars en milieu d'après-midi, les 12 apôtres réunis en conclave ne pouvaient que déclarer à l'unisson le fameux "HABEMUS PAPAME". 

Sans surprise l'opposition déclare les résultats des élections en cours "nuls et non avenus puisqu'ils seraient entachés de fraudes dans un climat de violence". Et les 12 apôtres de nous décrire un pays à feu et à sang qui aurait plongé en pleine guerre civile ; déclaration relayées sur internet avec des images apocalyptiques de cadavres et de blessés sensées illustrer la réalité du pays ce jour là. Seulement voilà des simples citoyens ont vite fait de démonter la machination en démontrant que les images exposées ne provenaient absolument pas des Comores. 

Mais pris dans leur propre piège les leaders de l'opposition perdent alors leur sang froid en appelant leurs partisans à saccager les bureaux de votes, à casser les urnes et à tout faire pour empêcher le déroulement normal du scrutin. Ils se déclarent héros nationaux d'une résistance contre "une dictature sanguinaire et antidémocratique". 

Mais là aussi ils furent rattrapés par la réalité : dans cette soit disant dictature, ces mêmes leaders continuaient à se réunir, à circuler et à s'exprimer librement, à recevoir des médias... Drôle de dictature n'est-il pas? Voyant que la mayonnaise ne prenait toujours pas ils organisent une manifestation non déclarée pour aller au palais du peuple et "prendre le pouvoir". Les forces de l'ordre sont donc logiquement intervenus pour disperser la manifestation à coup de gaz lacrymogènes. Effarouchée l'opposition crie au génocide. 

Je les invite au passage à faire un tour à Paris tous les samedis où le mouvement des gilets jaunes se mange des lacrymogènes tous les samedis. Et dernier acte de l'opposition après la proclamation des résultats déclarant le candidat sortant gagnant, la création d'un "gouvernement d'union nationale". Il aurait juste fallu nommer "ce gouvernement" de salut national et on aurait fait un bond en arrière dans les années 70 en Afrique. Ils sont juste en retard de quatre décennies. Résumons! Voici donc des opposants qui refusent de débattre (contre les assises) ; qui refusent de défendre leurs idées devant le peuple (contre le référendum) ; qui veulent bien négocier à condition d'imposer leurs points de vue ; qui veulent bien aller au bout des élections si et seulement si ils sont sûrs de gagner. Voici des candidats qui inventent des morts et des blessés partout. 

Des responsables politiques qui appellent tranquillement en milieu d'après-midi de'un jour d'élections leurs partisans à user de toutes les violences pour rendre le scrutin qu'ils sont en train de perdre invalide. Tout ceci après de vraies fausses manifestations pacifiques qui se sont transformées en rebellions armées ; après les vrais faux réfugiés politiques au sein d'enceintes diplomatiques qui ressortent d'eux-mêmes quelques heures plus tard pour organiser librement une conférence de presse, et nous expliquer qu'ils ont eu peur ; après les attentats contre le président et l'ancien vice-président ; après la main coupé du sergent Radjabou ; après la tentative de coup d'Etat...

L'opposition politique comorienne ne peut pas justifier expliquer tout par sa fameuse théorie de la "culpabilité par anticipation ou la présomption de culpabilité", aussi brillante soit-elle. Et aujourd'hui voici Campagnard qui se rêve en juan GAIDO. Après avoir appelé au cassage des urnes, au saccage des bureaux de vote, à la terreur et au barrage de routes, notre colonel sans armée veut s'accaparer du pouvoir en se hissant à la tête d'un gouvernement d'union nationale que personne n'a élu et tout ça au nom de la démocratie. Pire. Ce gouvernement se compose de membres qui viennent tous d'être battus. Ce qui en dit long sur leur candidature au poste de président qui n'était en fait qu'une candidature au poste de ministre et ce peu importe la manière. 

Le hic est que Campagnard n'est pas GAIDO et l'Union des Comores n'est pas le Venezuela. J'ignore qui sont les spin-doctors de l'opposition mais ils ne doivent pas avoir beaucoup de victoire sur leurs carnets de chasse. Plus sérieusement on est en droit de se demander si un jour cette opposition tirera les leçons de ses propres errances. Et la première d'entre elles est de se débarrasser définitivement de cette théorie mortifère de la "culpabilité par anticipation ou présomption de culpabilité". L'opposition doit comprendre que l'adopter c'est comme entrer dans un tunnel sans fin. 

Il n'y a qu'à voir. Après les avoir conduit à justifier la rébellion armée de Mutsamudu cette théorie les amène aujourd'hui à appeler sans le moindre discernement la population à user de la violence au risque de créer une guerre civile. Qui peut croire un instant qu'une opposition politique voulant dénoncer des fraudes électorales réelles s'acharnerait à faire disparaître les urnes bourrées par le pouvoir, qui sont en fait les preuves matérielles de leurs accusations? C'est pourtant ce qui s'est passé. L'opposition a décidé de se passer de preuves, sans doute parce qu'en réalité ça n'en étaient pas. 

Dans le but de gagner à tout prix les leaders de l'opposition sans s'en rendre compte sont devenus prisonniers de leurs peurs et de leur jus'au-boutisme. Certains vont même jusqu'à supplier pour se faire arrêter et apparaître comme des martyres aux yeux de l'opinion. Ils ont juste oublié au passage l'intérêt national. Avec ce qui se passe actuellement aux Comores, il est difficile de savoir réellement si le président fraîchement élu et sa mouvance sont majoritaires ou pas dans le pays. Mais je constate qu'à chaque fois que l'opposition a eu l'opportunité d'aider à répondre à cette question, elle s'est débinée en désertant en rase campagne, quitte à pousser une population désespéré à semer le chaos par des provocations qu'aucun régime au monde n'accepterait. Il serait temps que l'opposition comorienne grandisse et arrête de faire de la "vieille politique" en jouant avec des jeux dangereux. 

Il faut que cette opposition apprenne et admette qu'en politique l'alternance ça se travaille, ça se prépare et que ça n'est jamais le cadeau d'une quelconque "communauté internationale". Rien qu'en parcourant leurs supports de campagne ou en écoutant leurs discours on voit bien qu'ils n'ont pas travaillé. On est sidéré par la vacuité des contenus et surtout par le fossé qui les sépare du peuple et des enjeux. Les pays qui réussissent ont besoin de forces multiples y compris dans l'opposition. 

Si les comoriens méritent un gouvernement engagé et efficace, ils méritent tout autant une opposition solide et pertinente. C'est loin d'être la cas car entre autres, l'opposition comorienne semble ne pas être préparé à perdre. Or pour être un bon gagnant il faut d'abord apprendre à être un bon perdant. Cette opposition a d'ailleurs un exemple du genre en face d'elle : le président fraîchement élu Azali. Voilà un leader politique qui après avoir rendu le pouvoir pacifiquement, est resté dans l'opposition dix ans durant sans faire de vagues. Son parti politique a pourtant perdu des batailles électorales en dix longues années. Certains de ses leaders politiques ont même été arrêtés, jugés et emprisonnés. 

Pourtant personne ne l'a vu ou entendu appeler à descendre dans la rue, à prendre le pays en otage ou à user de la violence. NON! Pendant dix ans le président Azali et son part ont préparé leur retour en acceptant l'alternance. Et quel retour! Il l'a tellement bien préparé que ceux-là même qui le combattent aujourd'hui on trouvé logique à le soutenir à l'époque. Alors qu'on soit ou pas d'accord avec sa politique, force est de reconnaître qu'il s'agit là d'une leçon de démocratie et d'intelligence politique rare en Afrique. Pour l'intérêt supérieur de la Nation, les leaders politiques de l'opposition feraient bien de s'en inspirer s'ils espèrent un jour réaliser un retour gagnant, au lieu de jouer les apprentis pyromanes avec la cohésion nationale. 

Mzé Boina 
Un citoyen libre

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