Hier moins qu'aujourd'hui, que sera demain la propagande ?

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Dini NASSUR

Prix de l’excellence de propagande.#impressionné

Il fut un temps où la propagande politique était savamment portée par les griots villageois les plus connus pour leur maîtrise des citations de Mbaé Trambwe. Chaque candidat aux élections avait son Dafine Mmidjindze, son Hadji Swafeini ou son Mkubwa pour attirer les foules par le verbe.

En d'autres temps, la propagande reposait sur les bouches des prédicateurs les plus éminents. Ceux-là mêmes qui savent faire croire que le candidat idéal est béni en le sacralisant par des « ayat » choisis. Chaque prétendant à une élection se devait se faire soutenir par un fundi Said Mhamadi, un Hamada Pake, un Abdoulghafur ou tout autre hatwibu à l’éloquence redoutable.

Il n'y a pas si longtemps, juste avant l’indépendance, la propagande avait la saveur politique par l’émergence des jeunes loups dotés de l'expression politique axée sur le verbiage patriotique, la dénonciation de l’incohérence et la faculté de puiser les mots d’ordre dans les crises. Chaque leader s’était adjoint d'un lieutenant au verbe facile et à l’attaque téméraire. Le réservoir de cette ressource s'appelait PASOCO où les Buhar, Ali Twahir, Fazul, Abdou Rahman, Ali Msa, Swadru et beaucoup d’autres valaient de l'or en matière d’éloquence politique.

Après la révolution, toutes ces compétences convergeaient sur le même ring pour se transformer en véritable force faiseuse de rois. Elles se relayaient sur les mêmes tribunes pour idéaliser le candidat ou pour mitrailler l’adversaire. Cela avait surtout la puissance de légitimer l’ustahikocratie contre la démocratie.

Un autre acteur devient, de nos jours, un agent de propagande très sollicité. L'artiste s’incruste dans l’arène et impose son offre au plus disant. Chaque candidat doit se faire dédier un beau shayir, une belle chanson ou une chorale joyeuse à émouvoir les masses.

En 2016, deux autres agents de propagande ont brillé par leur savoir-faire et leur bordel. Les facebookeurs et les belles plumes. Les premiers ont réussi à naviguer entre la désinformation, l’intoxication et l'incitation. Les deuxièmes nous ont offert un ballet de culte de personnalité à l’égard d'un tel candidat et une corrida de dénigrement à l’encontre de tel autre candidat. 

Nos belles plumes se sont arrangées, en franche complicité, pour ignorer tout ce qui a trait à des programmes et des projets pour se tremper dans l'encre du déni et de l’adulation. Elles ont eu comme bouc émissaire, les journalistes non alignés et ceux qui ont refusé de soutenir aucun prédateur de pouvoir pour le pouvoir.

Les griots, les prédicateurs, les propagandistes et les artistes savent se démarquer de leur idole s'il devient tyran ou marchand de cauchemars. Pour eux, ce n’étaient que des paroles qui passaient. Tandis que les facebookeurs et les belles plumes ne pourront pas se dissocier de leur gourou. Pour nous, ce sont des écrits qui restent. ©Dini NASSUR

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