Binti Mhadjou, l’élégance du journalisme comorien s’est éteinte

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Binti Mhadjou, l’élégance du journalisme comorien s’est éteinte. Binti faisait partie de ces rares journalistes comoriens ayant suivi une formation ac

Binti Mhadjou, l’élégance du journalisme comorien s’est éteinte


Binti Mhadjou, l’élégance du journalisme comorien s’est éteinte

Le journalisme comorien est en deuil.

Binti Mhadjou s’est éteinte dans un hôpital en Égypte où elle séjournait depuis le 8 février dernier. Avec elle disparaît l’une des grandes figures de sa génération, une voix singulière, une plume rigoureuse, un regard analytique d’une rare pertinence.

Binti faisait partie de ces rares journalistes comoriens ayant suivi une formation académique en journalisme. Non seulement c'était un métier pour elle mais aussi une vocation, un engagement, presque une discipline intérieure. Dans ses interviews, elle était précise, méthodique, redoutablement pertinente. Dans ses analyses, elle allait au fond des sujets avec une maîtrise qui imposait le respect. Elle incarnait un professionnalisme sobre, sans bruit, mais avec une force tranquille.

Je me souviens du 21 février 2017. À quelques heures de sa toute première édition du journal de 21h30 sur le nouveau plateau de l’ORTC, nous avions pris cette photo ensemble. Elle s’apprêtait à franchir un cap important de sa carrière, avec ce mélange de concentration et d’assurance qui la caractérisait tant. Ce jour-là, comme tant d’autres, j’admirais son travail. J’étais admiratif de sa rigueur, de sa sobriété, de son intelligence dans le traitement de l’information.

Je n’ai jamais voulu la perdre de vue. Pour son savoir. Pour son professionnalisme. Pour cette capacité rare à rester digne et pertinente, même dans les contextes les plus complexes.

Elle avait été l’une des journalistes à regretter mon départ de l’ORTC en 2018. Plus tard, lorsqu’elle décida à son tour de prendre un nouveau virage professionnel, elle rejoignit un grand département ministériel, le ministère des Affaires étrangères — un environnement que j’ai moi-même connu. J’étais sincèrement heureux de la voir gravir d’autres échelons, emprunter d’autres escaliers, élargir son champ d’action. Elle avançait, toujours avec sérieux et détermination.

Aujourd’hui, le pays perd une professionnelle d’exception. Mais la perte est encore plus lourde pour sa famille. Mes pensées vont d’abord à son mari, à sa famille, à son enfant encore en très bas âge qu’elle laisse derrière elle et à son village de Héroumbili, durement éprouvé par cette disparition brutale.

Binti Mhadjou laisse une empreinte indélébile dans le paysage médiatique comorien. Elle laisse aussi un exemple : celui d’un journalisme exigeant, formé, réfléchi et profondément respectueux du public.

Son œuvre, son parcours et son élégance professionnelle continueront d’inspirer.

Repose en paix, Binti.

Abdoulatuf Bacar

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