L'avion de la République s'est envolé sans son pilote, resté à terre pour finasser. Saïd Mzé Dafiné (Photo), l'enfant ch...
L'avion de la République s'est envolé sans son pilote, resté à terre pour finasser.
Saïd Mzé Dafiné (Photo), l'enfant chéri de Salimani-Hambou et Chargé de la Communication à la Commission électorale nationale «indépendante» (CÉNI), est un garçon ce qu'il y a de plus correct et affable. Mais, ses responsabilités au sein de la CÉNI l'obligent à finasser et à se faire l'apôtre d'une certaine la langue de bois qui à la longue épuise et énerve, et tout ça pour tenter de sauver la crédibilité d'un processus électoral qui fait rire tant est grande la mauvaise foi de ses principaux acteurs. Pour autant, Saïd Mzé Dafiné est un homme de principes, et personne de sérieux ne songerait le contraire, sauf s'il s'agit de se livrer à de la malveillance gratuite sur un garçon correct et convenable. Or, cette fois-ci, l'homme de Salimani-Hambou a du mal à défendre l'indéfendable et à faire accepter l'inacceptable. C'est un message de la Cour constitutionnelle envoyé sur les téléphones portables de certaines personnes qui sonna l'hallali de la communication pourtant bien huilée de Saïd Mzé Dafiné: «La date de clôture des recours sur les candidatures rejetées est fixée ce jour 9 décembre 2014».
Est-ce que ce message a un sens? Bien sûr, et ce sens est avant tout juridique, et constitue un rejet total, catégorique et définitif du «Mémorandum d'Entente» signé par Son Altesse Royale Monsieur Houssen Hassan Ibrahim dit «Jeannot», l'inimitable et inégalable ministre de l'Intérieur, de l'Information, de la Décentralisation, chargé des Relations avec les Institutions (quelle joie doivent éprouver les Comoriens devant un tel homme!) et 49 formations politiques connues pour leur sens de la futilité, de la désinvolture et de la bêtise. En dresser la liste serait pour le moins superfétatoire et fastidieux. Laissons donc ces petites choses inutiles de côté et concentrons-nous sur l'essentiel, à savoir la gifle que la Cour constitutionnelle inflige à Houssen Hassan Ibrahim et à tout le gouvernement, sans oublier les 49 partis politiques qui se sont compromis dans cette affaire de «Mémorandum d'Entente». Et c'est alors qu'intervient Saïd Mzé Dafiné, d'habitude très prudent en matière de communication institutionnelle et toujours prompt à défendre le primat du Droit, mais qui doit bien défendre les intérêts d'un avion en plein vol avec des centaines de passagers à bord, alors que le pilote est à terre, en train de faire admirer sa collection de bouteilles d'eau minérale aux belles filles de son quartier. C'est une situation pour le moins ubuesque parce que, pour la première fois depuis qu'il est devenu une personnalité publique bien en vue, l'enfant chéri de Salimani-Hambou défend une mauvaise cause au regard du Droit, bien piétiné dans cette triste affaire résultant de l'incompétence de partis politiques incapables de constituer un dossier que la CÉNI aurait pu valider sans problème. Comment faire confiance à des partis politiques incapables de respecter de conditions aussi basiques que l'âge et la production d'une pièce d'identité ou d'un CV? Et quand ces partis politiques tentent de remettre de l'ordre dans leurs petites affaires en signant un document indu avec un ministre sans compétence dans une activité relevant de la CÉNI et de la Cour constitutionnelle, on sent que les Comores sont entre de mauvaises mains en matière électorale.
Saïd Mzé Dafiné balaie d'un revers de main toute accusation de désaveu du «Mémorandum d'Entente» par la Cour constitutionnelle, estimant que «des candidats ont déposé légalement leur recours à la Cour suite au rejet de leurs candidatures. D'autres continuent de compléter leurs dossiers au niveau des[Commissions électorales insulaires] CÉI, conformément au consensus trouvé entre les partis, la CÉNI et le ministère de l'Intérieur. Le consensus politique intervient lorsqu'il s'agit d'un examen ou d'un complément de dossiers». Justement, ce «consensus» est entièrement anticonstitutionnel, et Tocha Djohar du Parti de l'Entente comorienne (PEC) de Maître Fahmi Saïd Ibrahim assène cette vérité sans prendre des gants inutiles, contredisant sans complexe le ministre Houssen Hassan Ibrahim et Saïd Mzé Dafiné: «On ne peut pas remplacer la Loi par un consensus. Nous ne sommes pas d'accord avec le dénigrement des institutions car nous ne sommes pas dans une République bananière». C'est vrai, les Comores ne sont pas une République bananière, mais une «Républiquette» bananière de fait devenue «Républiquette» bananière de Droit sans le Droit. Le même Tocha Djohar porta l'estocade quand il énonça cette belle vérité légale: «Un candidat qui s'est abstenu de joindre sa démission à son dossier de candidature ne doit pas faire l'objet d'un consensus. C'est un manque de respect vis-à-vis de la Loi et des institutions». En effet, autant on doit condamner la CÉNI pour sa veulerie, autant il faudra accuser les partis politiques eux-mêmes d'ignorance, de bêtise et de négligence, et Saïd Mzé Dafiné ne dira rien qui contredira la Cour constitutionnelle, pour une fois qu'elle se situe dans une logique de Droit tout à fait irréfutable et irréfragable. Si les institutions publiques intervenant de Droit et de fait dans le processus électoral n'arrivent pas à accorder leurs violons, cela signifie que la République est tombée bien bas, et ce n'est pas nouveau. Un minimum de «consensus» était souhaitable, mais uniquement au sein des institutions publiques. Et quand tout le monde se met à respecter la Loi, les choses sont plus saines.
ARM
© www.lemohelien.com – Vendredi 12 décembre 2014.
HabarizaComores.com | أخبار من جزر القمر.