Hamada Madi Boléro face aux analphabètes semi-bilingues et aux caporaux étoilés

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«Une hirondelle ne fait pas le printemps» et un homme ne fait pas un État. La crise du tract du 1 er   mai 2014 a été gérée à la Présid...

«Une hirondelle ne fait pas le printemps» et un homme ne fait pas un État.


La crise du tract du 1er mai 2014 a été gérée à la Présidence de la République dans des conditions qui font apparaître toutes les carences de l’entourage du chef de l’État, les faucons l’emportant sur les colombes, qui souhaitaient que le sérail fasse semblant d’ignorer pour mieux minimiser le scandale. La victoire des radicaux a brisé la ville de Djoiezi et jeté le froid au sein de la ville la plus complexe et la plus insaisissable de Mohéli. La condamnation de 4 jeunes Djoieziens à un an de prison ferme et à une amende de 75.000 francs comoriens chacun a provoqué une telle haine entre Djoieziens que les maisons des mouchards de la République ont subi des jets de pierres. Cette évolution pour le moins dramatique n’est pas sans rappeler qu’aujourd’hui, le seul collaborateur valable et prudent qu’a le chef de l’État est incontestablement Hamada Madi Boléro, et les jeunes rédacteurs du tract du 1er mai 2014 n’ont pas manqué de mettre en exergue le fait que le Président nomme ce qu’il y a de pire dans la société comorienne. Le Dieu-Ambassadeur Mahmoud Aboud ne vient-il pas de présenter ses lettres de créance dans un nouveau pays asiatique, Singapour, lui que le blog du RIDJA a complaisamment décerné la qualité de «diplomate chevronné»? On croit rêver…
  
Cela étant, face à un entourage présidentiel très contestable, il est demandé à un homme de lever la main et de toucher le ciel. Il peut se placer sur le sommet du Karthala ou au niveau de la mer, à la Corniche de Moroni. Cet homme s’appelle Hamada Madi Boléro, Directeur du Cabinet du Président des Comores, chargé de la Défense, dont la nomination, le 12 octobre 2012, est la plus commentée depuis l’accession des Comores à l’indépendance, soit par l’infime minorité qui l’approuve, soit par l’écrasante majorité qui la désapprouve pour des raisons purement subjectives. En même temps, il est attendu du «Grand Stratège» qu’il fasse des miracles, lui qui est soumis à une obligation de résultats et non à une obligation de moyens, lui qui n’a pas le droit d’échouer, lui qui est guetté par les crypto-sambistes, endeuillés par sa nomination, pourtant prévisible et inéluctable, mais aussi par les Totos, qui voient en lui l’homme qui a empêché leur nomination, que ne voulait pas le chef de l’État.
  
Point n’est besoin d’être Docteur en Science politique pour savoir que Hamada Madi Boléro est haï et détesté parce qu’il a le sens de l’État et de la République, un sens inné de l’autorité depuis son enfance, une parfaite connaissance des rouages de l’État comorien et de ses pièges mortels, une connaissance aigue de la classe politique nationale, une maîtrise de l’âme comorienne dans ses contradictions et sa complexité. À cet homme, on souhaite l’échec et de lui, on attend trop de réalisations, notamment le réglage de l’horloge mentale et politique d’un régime politique qui a perdu beaucoup de temps dans des tâtonnements qui étaient évitables. Les Comoriens attendent de cette hirondelle qu’elle fasse le printemps. Mission impossible ou mission difficile? Ses ennemis guettent tout propos venant de lui pour créer la polémique, comme on l’a constaté à la suite des propos objectifs qu’il a tenus sur Saïd Mohamed Cheikh et les frustrations des habitants de Mayotte, propos qui ont été montés en épingle.
  
Certains sont agréablement surpris ou hypocritement et haineusement indignés du fait des mesures qu’il a eu à prendre, des discours qu’il prononce, de ses déplacements à l’étranger, et rien n’est plus facile que de le rendre responsable de tous les travers qui affectent le régime politique d’Ikililou Dhoinine. Ses ennemis du Comité Maoré ou du crypto-sambisme disent de lui qu’il a pris la posture d’un Premier ministre sans en avoir le titre, d’autres celui d’un éradicateur de la politique d’Ahmed Sambi, son ennemi intime et héréditaire. Il a affirmé une autorité largement défaillante et sans lustre, et a rehaussé le prestige et la mission d’une institution à la dérive. Quand il avait dit vouloir revoir l’action d’Ahmed Sambi, les crypto-sambistes avaient ingénument crié au sacrilège. Or, cette révision est indispensable et vitale.
  
La nomination de Hamada Madi Boléro a été suivie d’un message éminemment politique des Mohéliens au Président de la République: l’approbation d’un choix intelligent car, aux côtés du chef de l’État, pullulent des Mohéliens inutiles, qui ne remplissent aucune condition de compétence, et aucun parmi eux ne mérite d’approcher un chef d’État. Il est certain que même si Hamada Madi Boléro était d’une autre île, les Mohéliens auraient applaudi de la même manière. Car, ce qu’il faut, c’est le savoir-faire. Personne n’a applaudi la nomination des autres Mohéliens, car on les sait très incompétents, et fort corrompus dans le cas de certains. Qu’on se le dise.
  
On se souvient de l’affolement et de l’agacement du grand notable Soilihi Mohamed, doyen de la classe politique comorienne, fervent soutien à Ikililou Dhoinine lors du scrutin présidentiel d’octobre et décembre 2010, Conseiller officieux du chef de l’État, sévèrement brocardé dans le tract du 1ermai 2014, et également oncle maternel de Hamada Madi Boléro, quand il demandait inlassablement à l’épouse de ce dernier, en juin et juillet 2012: «Où est ton mari et que fait-il encore en France alors qu’on a besoin de lui ici?». Pour faire quoi? On se souvient de ceux qui, aux Comores, posaient la même question, alors que Hamada Madi Boléro n’était investi d’aucune mission étatique. C’est la première fois de l’Histoire que le peuple croit trouver sa tranquillité à travers la présence au pays d’un homme sans emploi au sein de l’État, cette présence étant considérée comme tranquillisante, sécurisante et rassurante.
  
Les Mohéliens ont souvent dit au Président de ne pas se limiter à un Hamada Madi Boléro, et recruter d’autres Hamada Madi Boléro, sur toutes les îles. Or, à ce sujet, on connaît le travail de sape des analphabètes semi-bilingues et des caporaux étoilés entourant le président et qui tremblent à l’évocation des mots «talents et compétences».
  
Hamada Madi Boléro est poursuivi par un cri de haine et de rancœur car, justement, il est le seul collaborateur valable du Président. D’ailleurs, dès sa nomination, il n’avait pas perdu son temps. Lors de la passation civile de pouvoir, il avait fait très fort, en démontrant qu’il y a désormais un bon pilote dans l’avion. Les coupeurs de cheveux en quatre disaient qu’il s’était attribué un poste de Premier ministre, inexistant. Dans les états-majors politiques, le message était clair: l’autorité réelle est restaurée, là où il n’y avait que des divagations pseudo-«islamistes» de souk d’Orient, là où on confondait autoritarisme avec autorité.
  
Un pas supplémentaire avait été franchi mardi 23 octobre 2012, quand Hamada Madi Boléro se rendit à Kandani pour l’installation du nouveau chef d’État-major, le Colonel Youssouf Idjihadi, dont la nomination lui est attribuée par Jeune Afrique, un chef d’État-major nommé le même jour que lui. Ce jour-là, les gens sérieux étaient soulagés de voir le Responsable de la Défense se rendre à Kandani non pas dans un encombrant Djoho pouilleux, mais en costume d’homme civilisé, comme cela se passe dans les pays civilisés. En cas de danger, comment peut-on fuir d’un camp militaire si on habillé comme l’Ayatollah Khomeiny? Et puis, il y a ce discours à travers lequel il est question de «concevoir, proposer et exécuter la politique nationale relative à la Défense de notre pays», en innovant, en vue de «préparer et d’assurer en tout temps, en toutes circonstances et contre toutes formes d’agression, la sécurité, la défense de la patrie et des intérêts supérieurs de la nation ainsi que la sauvegarde de la population». Il reprend ce discours lors du séminaire national sur la Défense en février 2014.
  
Bannissant la langue de bois, l’homme de Beït-Salam avait stigmatisé ce qui avait «suscité un certain malaise et révélé de dysfonctionnements qui auraient pu engendrer l’éclatement des Forces de sécurité nationale, au pire, la dislocation de l’État et créé des suspicions et soulevé des interrogations sévères sur l’utilité de nos forces pourtant nécessaires à la survie de la Nation comorienne», rappelant, sans citer le régime politique d’Ahmed Sambi, que «cette situation inédite au sein des Forces Armées fut la raison principale de la manifestation d’un virus identifiable qui est le séparatisme». Mais, le plus beau reste à venir: «Ainsi, nous tiendrons pour responsables et traduirons en justice, conformément à vos statuts particuliers, tout militaire qui tentera de franchir les limites qui vous sont fixées et auxquelles vous avez consentis librement», disait-il aux soldats.
  
Donc, Hamada Madi Boléro, gestionnaire des dossiers sensibles et techniques, impose sa marque, et le fait avec maestria. Ses négociations avec la France au sujet de Mayotte feront de lui un «vendu» pour les accusateurs qui ne comprennent rien aux subtilités de la diplomatie, au même titre que les diplomates Houdhoier Inzoudine, Aloui Saïd Abbas et Mirhane Bourhane. Or, un État, en tant que membre de la société internationale, négocie.
  
Pour autant, le malaise persiste. Il est seul. Sa main ne pourra pas toucher le plafond du ciel. Le Président doit rechercher dans l’Archipel des hommes ayant comme lui le sens de l’État. Des problèmes se posent car le Président n’aime pas prendre des décisions audacieuses, à un moment où, aux Comores, les clivages politiques ne correspondent à rien. Aucun parti comorien ne se réclame d’une quelconque idéologie, si on fait abstraction du FNJ, estampillé «“islamiste” modéré», alors que les vrais Musulmans sont pudiques. La notion de parti politique est devenue très relative car il y a des groupes de pression et non des partis politiques. Les carcans pompeusement baptisés «partis politiques» n’ont ni durabilité, ni organisation, ni implantation locale, ni «soutien populaire». Ils n’ont rien. Ils ne sont rien.
  
Dans deux ans, Ikililou Dhoinine finira son mandat. S’il veut l’achever mieux qu’il ne l’a entamé, il doit recruter d’autres Hamada Madi Boléro sur toute l’étendue du territoire national. Mais, à Beït-Salam, les analphabètes semi-bilingues et les caporaux étoilés font barrage. Ils n’aident pas le Président, à un moment où ceux qui ont monté en épingle la fausse polémique sur Saïd Mohamed Cheikh et le transfert de la capitale des Comores de Mayotte à la Grande-Comore ne cherchaient qu’affaiblir le Président de la République, en tentant de faire éloigner son collaborateur le plus méritant, le seul qui lui apporte de l’aide.

Par ARM
© www.lemohelien.com – Lundi 12 mai 2014.
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