Place de la Libération d’Anjouan à Dzahadjou ! « L’Histoire est la mémoire collective des peuples. Ce peuple a le droit de se souveni...
Place de la Libération d’Anjouan à Dzahadjou !
« L’Histoire est la mémoire collective des peuples. Ce peuple a le droit de se souvenir des moments forts qui enracinent ses valeurs et restaurent ses espérances ; ce peuple a le devoir également de célébrer ses héros, dans le respect des règles et lois de la république ». C’est avec ces illustres mots très piquants, puisque bien articulés que Saïd Mzé Dafiné a fait son entrée par le discours marquant la commémoration de la libération d’Anjouan à Dzahadjou Hambou, ce 9 avril 2014.
Il était 16H tapantes quand Lahadji de Mbambani qui animait la cérémonie invita le jeune Fahour à la lecture du saint Coran après la Fatha. Un public très hétéroclite composé d’hommes et de femmes, plus de jeunes que de
personnes âgées a pris place à cette cérémonie organisée par la Région
de Hambou et le village de Dzahadjou. Une cérémonie du peuple, puisque
la présence des autorités gouvernementales n’était pas bien sentie.
« C’était un 9 avril qu’après le débarquement d’Anjouan tout le monde autorités et militaires sont venus ici à Dzahadjou pour célébrer la réussite de cette opération. Nous nous en souvenons. C’était pareillement un mercredi». dira le grand notable Ahamada Soilihi de Mdjoiezi, étant le
premier orateur de cet évènement.
L’ancien ministre Dafiné, conquiert le public!
Dans un langage très raffiné, Dafiné Saïd situa le contexte de l’évènement : « Ce
pays a beaucoup souffert par le séparatisme, qui nous a mis tous à
genoux. Espérons qu’elle sera un jour enterrée définitivement. Les
Comores c’est quatre îles unifiées, bien que géographiquement
morcelées ; d’aucuns s’appuient sans-complexes sur cet aspect insulaire
pour en faire un fonds de commerce politique et s’accaparer du pouvoir
par l’adage de diviser pour mieux régner ».
De
1997 à 2001 puisque recadré par la Tournante jusqu’en 2008, Anjouan
tenait en haleine le pays tout entier par le séparatisme qui a gravement
perturbé le fonctionnement
régulier de l’Etat ; d’après cet ancien ministre. Il parlera ensuite du
bienfondé de l’histoire bien écrite d’un pays, sans dérives ni
favoritisme ; du nécessaire encouragement aux héros nationaux pour
permettre aux autres de s’en inspirer.
Qui aurait cru que Dafiné parlera un de jour de bien pour Sambi ?
Alors que sans complexe, il a loué les efforts qu’il a déployés avec
son gouvernement de l’époque pour la libération d’Anjouan. Le publique a
été conquis par le long discours bien présenté de Dafiné, puisque
contre tout attente, il ne s’est pas éternisé sur le Général Salimou. Ce
dernier est présenté tout simplement comme le Chef d’Etat-major de
l’armée,
laquelle depuis l’intervention d’Anjouan a perdu le sobriquet de « Na
yile yi lale » et est devenue une valeur nationale sûre. « Le
Général SALIMOU n’est pas un héros de Dzahadjou Hambou, il est un héros
national ; le devoir de mémoire doit s’appliquer à lui comme à tous les
dignes fils de notre république » ; a-t-il déclaré, avant de
demander à ce que les présumés séparatistes qui resteront toujours des
frères, soient jugés avant de réintégrer la vie politique et sociale
comoriennes ; après cette vérité, suivra alors une réconciliation
méritée de tout le peuple comorien.
Il a fini son allocution en baptisant au nom du peuple, en signe d’unicité
du pays la mémorable place publique de Dzahadjou ‘’ Place de la libération d’Anjouan’’.
Le Nord et le Sud de Ngazidja représentés!
Suivra ensuite Mme Bibi Mkouboi Hassane, de Wellah Mitsamiouli, représentante des femmes et issue du Mouvement de « Mrumshe Mgazidja ».
Elle a vanté le contentement d’une mère qui a enfanté un héros et qui
souhaiterait que les enfants des voisins en soient pareils pour la
gloire de tout le pays.
Le
poème mélodieux est bien rimé du jeune professeur Mchami, introduisait
le moment le plus attendu de la cérémonie ; le Notable Politique Saïd
Hassan Saïd Hachim. Dans son verbe légendaire et dans un long discours
suivi religieusement par le public, il a rappelé les circonstances et
les bienfaits de la libération d’Anjouan ; sa proposition publique pour
la nomination de Salimou en tant que Général après l’exploit réussi et
sa fierté d’avoir servi le pays
sans le déshonorer ni le piller. A ce sujet, il fera d’ailleurs un
appel à tous les jeunes de se retrouver pour récupérer les biens mal
acquis des autorités voraces, qui ont fait du pays une vache à lait
individuelle pour chacun. Il a pris pour cela l’initiative d’inviter en
conclave chez lui plus de 500 jeunes pendant 2 à 3 jours pour en
réfléchir les modalités.
La
Fatha faite, la sourate « Yasin » psalmodiée, le public regagna chacun
sa monture pour un retour au village après un évènement très riche en
informations et en propositions.
Ahamada A. Ibouroi depuis Hambou
COMORES - KARIDJAPVENDZA
