Ahamada Satoulou, le faux putschiste, très malade, meurt à petit feu en prison

« Il nous faut quelqu’un à emprisonner, pour la forme: arrêtons Ahamada Satoulou ».   Ahamada Satoulou ne comprenait pas pourquoi ce poli...

«Il nous faut quelqu’un à emprisonner, pour la forme: arrêtons Ahamada Satoulou».
 
Ahamada Satoulou ne comprenait pas pourquoi ce politicien qui a ses entrées à Beït-Salam l’a appelé à deux reprises au téléphone pour lui demander s’il n’était pas encore arrêté par les autorités, et emprisonné. C’était le 20 avril 2013, quelques heures après l’annonce de la fausse tentative de coup d’État, une machination montée de toutes pièces pour faire peur au Président Ikililou Dhoinine – qui n’est pas un expert en matière de Défense et de sécurité – par ceux qui ont intérêt à lui vendre une fausse compétence en matière de Renseignement stratégique, Défense et sécurité. Le 21 avril 2013, Ahamada Satoulou, l’homme de Maweni vivant au Blanc-Mesnil en Région parisienne, se retrouva jeté dans un trou du Camp militaire de Kandani. Son arrestation a été faite dans des conditions brutales, horribles et illégales, qui ne sont pas sans rappeler les méthodes chères à la dictature d’Augusto Pinochet au Chili:...

...sans mandat d’arrêt, sans mandat d’amener. «Ahamada Satoulou, l’autorité nous demande de t’arrêter et de te conduire au Camp militaire de Kandani. Pour le reste, notre maître à penser est Ponce Pilate, car nous nous en lavons les mains», peut se résumer la «discussion» entre le faux putschiste et les bidasses qui ont accepté de remplir une mission officielle illégale car sans document officiel.

La «Justice» comorienne, tout le monde sait ce que c’est et ce que ce n’est pas. Même si pour amuser le tapis, on nous dit que finalement les magistrats ont remis au Président de la République leurs fameuses propositions, on sait que cette «Justice» est la plus grande honte institutionnelle des Comores. D’ailleurs, le juge qui instruit l’affaire du faux coup d’État et des faux putschistes demande à être déchargé du dossier parce qu’il ne tient pas à ce que son nom soit souillé par une immense aberration judiciaire. Donc, quand Ahamada Satoulou fut arrêté et conduit en prison, ses droits et les règles de procédure pénale n’ont pas été respectés. Il est toujours sans chef d’inculpation. Dans un État de Droit, cela ne se fait pas, et constitue un motif d’abandon des charges, car on n’arrête pas les êtres humains comme on envoie des bêtes à l’abattoir.

Mais, il y a pire: la raison pour laquelle Ahamada Satoulou a été arrêté. Il ne lui est pas reproché d’avoir pris part à la préparation et à l’organisation matérielle de la tentative de coup d’État, mais d’avoir été au courant que quelque chose se tramait et de n’avoir rien signalé aux pouvoirs publics. En d’autres termes, Hamada Madi Boléro a inventé un satellite cérébral, un appareil survolant la Planète et lisant le contenu du cerveau des uns et des autres et capable de déceler ce que les gens savent et qu’ils ne disent pas. Oui, Hamada Madi Boléro, qui dirige le «Laboratoire du Président de la République», selon ses propres mots, et surnommé depuis, «le laborantin», a agité ses éprouvettes et allumé son Bec Bunsen, et a pu inventer le satellite qui lit dans les pensées, classant ces dernières selon qu’elles sont bonnes ou mauvaises, et décelant ce qui devrait être signalé à l’autorité et ne l’a pas été.

Voilà donc Ahamada Satoulou au fin fond des oubliettes du Camp militaire de Kandani jusqu’au moment où l’autorité admet enfin que son état de santé nécessite un traitement médical. On le plaça au Service de Santé militaire. Et, contrairement à Abou Achirafi Ali Bacar, le chantre de la maladie diplomatique, Ahamada Satoulou n’est pas dans le faux et dans la simulation. Il est vraiment malade. Il souffre de la colonne vertébrale et est en train de mourir en prison. Il meurt à petit feu. Ahamada Satoulou est en train de périr en prison, faute de soins médicaux adéquats. Cela fait des années qu’il était dans une situation d’handicap et d’invalidité à cause des problèmes liés à sa colonne vertébrale, et cela est constaté par un médecin, qui lui a imposé de ne plus reprendre le travail. On n’a pas besoin d’être «laborantin» ou médecin pour savoir que les problèmes de colonne vertébrale conduisent à la paralysie. Aujourd’hui, Ahamada Satoulou ne peut plus marcher sans ses béquilles. S’il subit une paralysie et meurt en prison, qu’est-ce que le chef de l’État, Ikililou Dhoinine, va dire à sa famille? Il va partir à Maweni, chez les siens, et à Sambambodoni, chez son épouse, présenter les condoléances et diriger la prière du mort, ne serait-ce que pour se rattraper, depuis qu’il a raté l’occasion de parader lors des funérailles de Mahmoud Mradabi, pour cause de présence d’Ahmed Sambi à la cérémonie?

Aujourd’hui, la supercherie a été dévoilée et admise par les pouvoirs publics. On prête même à l’État l’intention de relâcher les faux putschistes du 19 avril 2013. Lavox populi parle même du mois de décembre 2013. Mais, cela ne se fera pas car l’autorité a reçu le surnom de «Super Glue», la «Colle forte», qui ne lâche pas, et là, nous revenons au comportement d’âne rouge qui caractérise la présidence actuelle. L’entêtement jusqu’à la mort.

Dans l’affaire Ahamada Satoulou, il y a part du Droit bafoué et celle de l’humanité piétinée. En effet, l’intéressé est Franco-Comorien, né aux Comores. Ses origines familiales et sa généalogie sont aux Comores. En bon comorien, on dit que c’est un «Comorien qui a des “papiers français”». Ce n’est pas républicain de voir les choses de cette manière, mais que faire face à la ténacité des vieilles habitudes? Alors que les Comoriens le regardent mourir à petit feu, le Consulat de France à Moroni est la seule institution qui se soucie de lui, comme s’il n’entretenait aucune relation avec les Comores. Le Consul de France a droit à la bien nommée visite consulaire mensuelle, pour s’enquérir de son état de santé, très fragile, pendant que les Comoriens se curent les dents à l’ombre des manguiers. Dans l’état actuel des choses et tant qu’il n’y a pas encore de procès, le Consulat de France ne pourra rien faire de plus.

En tout état de cause, si dans les jours à venir, les «Usual Suspects» – car, dans un réflexe pavlovien, chaque fois qu’il y a une vraie ou fausse tentative de coup d’État, on arrête toujours les mêmes –, et s’il arrive un malheur à Ahamada Satoulou, l’humanité entière tiendra Ikililou Dhoinine responsable d’un crime.



Ce politicien, membre de l’UNDC de l’ancien Président Mohamed Taki Abdoulkarim, ne cache pas sa colère quand il évoque la relation complexe qu’entretiennent Hamada Madi Boléro et Ahamada Satoulou: «Chaque fois que notre ami Hamada Madi Boléro est aux affaires, il invente des tentatives de coup d’État. Ce sont des coups d’État qui sortent tout droit de son imagination. Et chaque fois qu’il désigne les auteurs de ses tentatives de coups d’État imaginaires, il met systématiquement Ahamada Satoulou sur la liste des suspects. C’est plus fort que lui. Même sous la présidence d’Azali Assoumani, il avait fait le coup, et il avait fallu une pression extérieure pour faire relâcher Ahamada Satoulou. C’est devenu une obsession. Quand on connaît Ahamada Satoulou, et même si on sait qu’il adore la politique, on est mort de rire quand on apprend qu’on lui attribue des prétentions présidentielles. Et encore. Car, cette fois, il n’est même accusé d’être l’auteur du coup de force, mais d’avoir su et de s’être tu. Je ne sais pas si Hamada Madi Boléro mesure la portée et les conséquences de ses actes, mais là il va très loin». Il faut relativiser les choses en signalant que Hamada Madi Boléro n’assume pas la responsabilité d’un juge.



Le 12 octobre 2013, Elabidine Satoulou, le fils d’Ahamada Satoulou, était l’invité de 00269.net, une chaîne de télévision diffusée sur Internet, et a tenu un discours qui se résume par la respectabilité et la dignité de son père. Pour comprendre ce que dit Elabidine Satoulou, il faut avoir été avec son père dans son immeuble du Blanc-Mesnil et l’avoir vu avec ses voisins et les siens. Il faut avoir discuté avec Ahamada Satoulou pour comprendre que même s’il adore la politique (il était le porte-parole de la Présidence sous son ami Mohamed Taki Abdoulkarim), ce n’est pas un criminel. Les pouvoirs publics l’admettent à demi-mot, parce qu’ils ne l’accusent que d’une chose: avoir été taiseux. On n’a pas fini d’inventer aux Comores. En tout cas, Ikililou Dhoinine doit assumer ses responsabilités, notamment en faisant débloquer une procédure constipée pour que la situation juridique d’Ahamada Satoulou et de ses compagnons d’infortune soit définitivement établie, et sur la base du Droit.


Par ARM
© www.lemohelien.com – Mardi 26 novembre 2013.
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