Il y a 20 ans, les Comores devenaient membres de la Ligue arabe. Une adhésion plus que contestable, favorisant la honteuse diplomatie de ...
Il y a 20 ans, les Comores devenaient membres de la Ligue arabe.
Une adhésion plus que contestable, favorisant la honteuse diplomatie de la mendicité .En septembre 1993, les Comores fêtaient ce qu'elles considèrent comme leur plus grande victoire diplomatique de tous les temps. Est-ce le retour de Mayotte dans le giron comorien? Que nenni. Que nenni Il s'agit de l'adhésion des Comores à la Ligue des États arabes (LÉA). Ah! C'est donc ça? Les Comoriens seraient donc des Arabes, à un moment où on constate que «tout le monde à Mayotte [et dans les autres îles de l'archipel] se rêve descendant de Shirazien... bref de ressembler à un Arabe», selon Jean FASQUEL: Mayotte, les Comores et la France, L'Harmattan, Paris, 1991, p. 101. Or, même si on ne peut pas empêcher les Comoriens d'être des Arabes et des vrais Arabes, en plus, il serait tout de même prudent de ne pas perdre de vue un fait que Pierre Vérin que certains intellectuels comoriens n'aiment pas souligne à travers le constat selon lequel «du point de vue de l'histoire du peuplement, les Comores sont une nation bantoue d'idéal islamique», et «ces Bantous se sont convertis à l'Islam, très progressivement, sous l'influence de migrants venus d'Arabie et du Golfe»: Pierre VÉRIN: Les Comores, Éditions Karthala, Paris, 1994, p. 47.
Mouslimou Ben Moussa, ministre des Affaires étrangères de Saïd Mohamed Djohar quand les Comores adhéraient à la LÉA, est de bonne foi quand il dit que l'adhésion des Comores à la Ligue a été acceptée quand il signala aux vrais Arabes que «la plupart des grands érudits musulmans des Comores sont d'origine yéménite», mais cela ne fait pas de tous les Comoriens des Arabes. Il y a des Comoriens dont les ascendants étaient d'origine arabe, mais il y a aussi la majorité, et celle-ci est d'ascendance négro-africaine. Dans certaines régions côtières des Comores, s'est instauré un métissage comportant notamment un élément arabe et persan, mais il s'agit d'une minorité, et une minorité ne peut s'ériger en majorité. Quelques familles d'origine arabe ne feront pas des Comores une nation arabe. Nos noms ne signifient rien puisque nous n'avons pas de noms de famille aux Comores. En même temps, en Grande-Comore, où existe un métissage arabe plus développé qu'à Mohéli, Mayotte et Anjouan, hormis Mutsamudu, les noms qui prévalent ne sont pas arabes: Msafoumo, Mondoha, Mouignimali, Mchangama, Mouignidaho, Mdoihoma, Mlamali, Mladjao, Msaïdié, etc.
Nous sommes certains à avoir un ancêtre purement malgache arrivé aux Comores en 1831 en compagnie de Ramanetaka, futur Sultan Abderremane de Mohéli, mais aussi en compagnie d'autres Malgaches. Même si aujourd'hui, nous portons des noms à connotation arabe, nous ne sommes pas des Arabes. Certains dans nos familles ont un type asiatique très prononcé, à telle enseigne qu'ils pourraient se promener dans les rues de Djakarta ou Bangkok sans soulever des questions. Ces gens-là ne sont pas des Arabes. Et là, nous ne parlons pas de la grande majorité des Comoriens, des Bantous pur jus. Cela étant, tout en reconnaissant l'existence de l'élément arabe au sein de la population comorienne, force est de constater que cet élément ethnique et racial constitue une infime minorité qui, dans une ville cosmopolite comme Mutsamudu, Anjouan, a beaucoup reculé au cours des dernières décennies. Dire cela choquera certains, mais nous devons nous obliger à regarder notre réalité en face.
En 1982, l'homme d'État marocain Mahjoubi Aherdane, d'origine berbère, avait invité Léopold Sédar Senghor à une conférence sur les Berbères, et le chantre de la Négritude avait lancé un pavé dans la mare en affirmant la continuité historique entre Noirs et Berbères: «Il faut recouvrer l'identité culturelle et l'enraciner dans les civilisations africaines, dans la négritude et la berbéritude, dont les esthétiques se ressemblent. []. Vous devez assumer la berbéritude comme nous assumons la négritude. Vous devez en avoir la volonté politique». Le discours n'avait pas plu aux autorités marocaines, et c'est de bonne guerre car dans les pays formés de plusieurs identités, il y a celles qu'on met en avant et celle qu'on maintient en position subalterne. Les Comores sont dans cet état d'esprit.
En septembre 1993, les Comores sont donc devenues un État membre de la LÉA, et en 2013, le Président des Comores a du mal à lire un discours rédigé en arabe devant les vrais chefs d'État arabes, soulevant les interrogations, les inquiétudes et même les moqueries des petits Comoriens nés en France et qui n'entretiennent qu'une relation quasi-inexistante avec la langue arabe. En français, ça ne va pas mieux, et si le Maroc a ses «partis cocottes-minute», qui naissent du néant, font de bons scores électoraux et disparaissent du jour au lendemain dans l'indifférence générale, les Comores ont leur «Président cocotte-minute», surgi de nulle part et suivant une trajectoire dont la destination finale est l'indifférence totale et l'oubli.
Le 6 juillet 1975, le Président Ahmed Abdallah proclama l'indépendance unilatérale des Comores, et Ali Soilihi prit le pouvoir le 3 août 1975, dans un contexte de rupture avec la France, qui finançait l'intégralité du budget des Comores. Les États arabes instaurèrent une coopération de substitution, qui couvrait 80% de l'aide reçue par les Comores. Dès lors, Ali Soilihi chercha à faire entrer les Comores au sein de la LÉA, et il a fallu attendre 1993. Mais, les Comores n'ont pas fait de leur adhésion au sein de la Ligue un facteur de valorisation, mais un vecteur de mendicité. Si les Comores ont déployé des trésors de diplomatie pour devenir membres de la Ligue, c'est uniquement pour les beaux yeux des pétrodollars des États gorgés de pétrole du Moyen-Orient. C'est ainsi que, année après année, les Comores assument leur statut infamant d'«homme malade de la Ligue des États arabes», le mendiant.
Quand on se rend dans un pays étranger en novembre 2011 et qu'on entend un diplomate de ce pays dire «votre ancien Président barbu et enturbanné faisait pitié à voir car il était l'image du mendiant», on a honte. Quand, au cours d'une Conférence des chefs d'État et de gouvernement arabes, transmise en directe par Al Jazeera, Ahmed Sambi monopolise la parole au point que tel Comorien reçoit un appel téléphonique d'un ami marocain vivant au Maroc et demandant quand le Président comorien allait se taire, il y a un malaise.
La mendicité conduit à tout. À tout. Et, aujourd'hui, la «victime et martyr vivant» Ahmed Sambi est emberlificoté dans les contradictions peu glorieuses de sa politique de mendicité à l'égard des pays arabes et musulmans, lui qui n'a pas hésité à mettre à la disposition de ses «bienfaiteurs» arabes ce que les Comores ont de plus précieux: leur citoyenneté, réduite au vulgaire statut d'«économique», un cadavre sur lequel se battent dirigeants d'hier et ceux d'aujourd'hui, à coups d'immondes statistiques truquées et ne faisant pas l'unanimité.
L'arabité est tellement consubstantielle à la survie de l'espèce comorienne que le chef de l'État comorien se croit désormais obligé de ne nommer à la tête de la diplomatie qu'un arabisant. En 2011, Ikililou Dhoinine voulait y nommer le Mohélien Chakira Bacar, qui a fait des études de Physiques en Libye, uniquement parce qu'il est arabisant. Mais, Mohamed Bacri Ben Charif Abdoulfattah, ancien de Benghazi, Libye, fut nommé, et a été remplacé par Elanrif Saïd Hassan, un ancien de Syrie, qui a obtenu son Doctorat en Science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Tous des arabisants, pour une politique étrangère qui ne connaît que le monde arabe, qui nous envahit sans financer le moindre projet d'envergure. Construire une mosquée ici et là n'est pas la panacée universelle et ne suffit pas. Et les Comoriens ne souhaitent pas que leur pays soit vendu aux Bashar Kiwan et autres Arabes qui font beaucoup de bruit avant de disparaître dans la nature, du jour au lendemain. Et, les Comores pourront gagner l'estime des Arabes quand elles sauront présenter un plan de développement pour pouvoir bénéficier des centimes promis à Doha et ailleurs et qu'affectionnement le chef de l’État.
Par ARM
www.lemohelien.com - Mercredi 25 septembre 2013
Une adhésion plus que contestable, favorisant la honteuse diplomatie de la mendicité .En septembre 1993, les Comores fêtaient ce qu'elles considèrent comme leur plus grande victoire diplomatique de tous les temps. Est-ce le retour de Mayotte dans le giron comorien? Que nenni. Que nenni Il s'agit de l'adhésion des Comores à la Ligue des États arabes (LÉA). Ah! C'est donc ça? Les Comoriens seraient donc des Arabes, à un moment où on constate que «tout le monde à Mayotte [et dans les autres îles de l'archipel] se rêve descendant de Shirazien... bref de ressembler à un Arabe», selon Jean FASQUEL: Mayotte, les Comores et la France, L'Harmattan, Paris, 1991, p. 101. Or, même si on ne peut pas empêcher les Comoriens d'être des Arabes et des vrais Arabes, en plus, il serait tout de même prudent de ne pas perdre de vue un fait que Pierre Vérin que certains intellectuels comoriens n'aiment pas souligne à travers le constat selon lequel «du point de vue de l'histoire du peuplement, les Comores sont une nation bantoue d'idéal islamique», et «ces Bantous se sont convertis à l'Islam, très progressivement, sous l'influence de migrants venus d'Arabie et du Golfe»: Pierre VÉRIN: Les Comores, Éditions Karthala, Paris, 1994, p. 47.
Mouslimou Ben Moussa, ministre des Affaires étrangères de Saïd Mohamed Djohar quand les Comores adhéraient à la LÉA, est de bonne foi quand il dit que l'adhésion des Comores à la Ligue a été acceptée quand il signala aux vrais Arabes que «la plupart des grands érudits musulmans des Comores sont d'origine yéménite», mais cela ne fait pas de tous les Comoriens des Arabes. Il y a des Comoriens dont les ascendants étaient d'origine arabe, mais il y a aussi la majorité, et celle-ci est d'ascendance négro-africaine. Dans certaines régions côtières des Comores, s'est instauré un métissage comportant notamment un élément arabe et persan, mais il s'agit d'une minorité, et une minorité ne peut s'ériger en majorité. Quelques familles d'origine arabe ne feront pas des Comores une nation arabe. Nos noms ne signifient rien puisque nous n'avons pas de noms de famille aux Comores. En même temps, en Grande-Comore, où existe un métissage arabe plus développé qu'à Mohéli, Mayotte et Anjouan, hormis Mutsamudu, les noms qui prévalent ne sont pas arabes: Msafoumo, Mondoha, Mouignimali, Mchangama, Mouignidaho, Mdoihoma, Mlamali, Mladjao, Msaïdié, etc.
Nous sommes certains à avoir un ancêtre purement malgache arrivé aux Comores en 1831 en compagnie de Ramanetaka, futur Sultan Abderremane de Mohéli, mais aussi en compagnie d'autres Malgaches. Même si aujourd'hui, nous portons des noms à connotation arabe, nous ne sommes pas des Arabes. Certains dans nos familles ont un type asiatique très prononcé, à telle enseigne qu'ils pourraient se promener dans les rues de Djakarta ou Bangkok sans soulever des questions. Ces gens-là ne sont pas des Arabes. Et là, nous ne parlons pas de la grande majorité des Comoriens, des Bantous pur jus. Cela étant, tout en reconnaissant l'existence de l'élément arabe au sein de la population comorienne, force est de constater que cet élément ethnique et racial constitue une infime minorité qui, dans une ville cosmopolite comme Mutsamudu, Anjouan, a beaucoup reculé au cours des dernières décennies. Dire cela choquera certains, mais nous devons nous obliger à regarder notre réalité en face.
En 1982, l'homme d'État marocain Mahjoubi Aherdane, d'origine berbère, avait invité Léopold Sédar Senghor à une conférence sur les Berbères, et le chantre de la Négritude avait lancé un pavé dans la mare en affirmant la continuité historique entre Noirs et Berbères: «Il faut recouvrer l'identité culturelle et l'enraciner dans les civilisations africaines, dans la négritude et la berbéritude, dont les esthétiques se ressemblent. []. Vous devez assumer la berbéritude comme nous assumons la négritude. Vous devez en avoir la volonté politique». Le discours n'avait pas plu aux autorités marocaines, et c'est de bonne guerre car dans les pays formés de plusieurs identités, il y a celles qu'on met en avant et celle qu'on maintient en position subalterne. Les Comores sont dans cet état d'esprit.
En septembre 1993, les Comores sont donc devenues un État membre de la LÉA, et en 2013, le Président des Comores a du mal à lire un discours rédigé en arabe devant les vrais chefs d'État arabes, soulevant les interrogations, les inquiétudes et même les moqueries des petits Comoriens nés en France et qui n'entretiennent qu'une relation quasi-inexistante avec la langue arabe. En français, ça ne va pas mieux, et si le Maroc a ses «partis cocottes-minute», qui naissent du néant, font de bons scores électoraux et disparaissent du jour au lendemain dans l'indifférence générale, les Comores ont leur «Président cocotte-minute», surgi de nulle part et suivant une trajectoire dont la destination finale est l'indifférence totale et l'oubli.
Le 6 juillet 1975, le Président Ahmed Abdallah proclama l'indépendance unilatérale des Comores, et Ali Soilihi prit le pouvoir le 3 août 1975, dans un contexte de rupture avec la France, qui finançait l'intégralité du budget des Comores. Les États arabes instaurèrent une coopération de substitution, qui couvrait 80% de l'aide reçue par les Comores. Dès lors, Ali Soilihi chercha à faire entrer les Comores au sein de la LÉA, et il a fallu attendre 1993. Mais, les Comores n'ont pas fait de leur adhésion au sein de la Ligue un facteur de valorisation, mais un vecteur de mendicité. Si les Comores ont déployé des trésors de diplomatie pour devenir membres de la Ligue, c'est uniquement pour les beaux yeux des pétrodollars des États gorgés de pétrole du Moyen-Orient. C'est ainsi que, année après année, les Comores assument leur statut infamant d'«homme malade de la Ligue des États arabes», le mendiant.
Quand on se rend dans un pays étranger en novembre 2011 et qu'on entend un diplomate de ce pays dire «votre ancien Président barbu et enturbanné faisait pitié à voir car il était l'image du mendiant», on a honte. Quand, au cours d'une Conférence des chefs d'État et de gouvernement arabes, transmise en directe par Al Jazeera, Ahmed Sambi monopolise la parole au point que tel Comorien reçoit un appel téléphonique d'un ami marocain vivant au Maroc et demandant quand le Président comorien allait se taire, il y a un malaise.
La mendicité conduit à tout. À tout. Et, aujourd'hui, la «victime et martyr vivant» Ahmed Sambi est emberlificoté dans les contradictions peu glorieuses de sa politique de mendicité à l'égard des pays arabes et musulmans, lui qui n'a pas hésité à mettre à la disposition de ses «bienfaiteurs» arabes ce que les Comores ont de plus précieux: leur citoyenneté, réduite au vulgaire statut d'«économique», un cadavre sur lequel se battent dirigeants d'hier et ceux d'aujourd'hui, à coups d'immondes statistiques truquées et ne faisant pas l'unanimité.
L'arabité est tellement consubstantielle à la survie de l'espèce comorienne que le chef de l'État comorien se croit désormais obligé de ne nommer à la tête de la diplomatie qu'un arabisant. En 2011, Ikililou Dhoinine voulait y nommer le Mohélien Chakira Bacar, qui a fait des études de Physiques en Libye, uniquement parce qu'il est arabisant. Mais, Mohamed Bacri Ben Charif Abdoulfattah, ancien de Benghazi, Libye, fut nommé, et a été remplacé par Elanrif Saïd Hassan, un ancien de Syrie, qui a obtenu son Doctorat en Science politique à Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Tous des arabisants, pour une politique étrangère qui ne connaît que le monde arabe, qui nous envahit sans financer le moindre projet d'envergure. Construire une mosquée ici et là n'est pas la panacée universelle et ne suffit pas. Et les Comoriens ne souhaitent pas que leur pays soit vendu aux Bashar Kiwan et autres Arabes qui font beaucoup de bruit avant de disparaître dans la nature, du jour au lendemain. Et, les Comores pourront gagner l'estime des Arabes quand elles sauront présenter un plan de développement pour pouvoir bénéficier des centimes promis à Doha et ailleurs et qu'affectionnement le chef de l’État.
Par ARM
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