L'acquittement controversé de trois sous-officiers de l'armée comorienne et surtout de l'ex-chef d'Etat-major, Salimou Moh...

La cour d'assises de Moroni a rendu leur liberté, vendredi dernier, aux quatre accusés, au bénéfice du doute.
Ikililou : "Nous ne pouvons pas laisser ce crime impuni. Sinon qui sera la prochaine victime ?"
L'actuel président des Comores, Ikililou, s'est dit respectueux de l'indépendance de la justice, tout en soulignant que tout sera fait pour que ce crime ne reste pas impuni. "Je prends acte et je respecte la décision de la justice, car c'est la justice qui doit dire qui est coupable et qui est innocent... Le gouvernement est engagé pour que l'auteur ou les auteurs du crime soient retrouvés et jugés... Certains d'entre nous ont entendu le mitraillage criminel qui lui (Ndlr : Colonel Ayouba Combo) a ôté la vie. Nous ne pouvons pas laisser ce crime impuni. Sinon qui sera la prochaine victime ?", a-t-il souligné lors de son discours d'inauguration d'un commissariat à Fomboni-Mwali. "Nous sommes déterminés à relancer cette enquête pour connaitre qui a tué le Lieutenant-colonel Combo", a également déclaré le président comorien Ikililou.
Sambi : "Des gens mal intentionnés ont voulu commettre des actes subversifs sur le territoire national"
L'ex-homme fort de l'archipel, au pouvoir de 2006 à 2011, Mohamed Sambi, a diffusé une intervention sur Internet depuis son appartement des Émirats Arabes Unis qui a fait l'effet d'une bombe à retardement dans l'archipel des Comores.
L'ex-président a nié toute implication personnelle dans l'assassinat du Colonel Ayouba Combo. Mohamed Sambi s'est défendu, dans la vidéo d'une vingtaine de minutes, arguant que sa culture, son éducation, sa religion lui interdisent de "tuer" quelqu'un ou de s'associer à un crime.
"Des gens m'accusent avec mon ministre de la défense et mon entourage d'êtres les commanditaires de l'assassinat de Combo... et ces propos sont diffusés par la radio nationale... des gens mal intentionnés ont voulu commettre des actes subversifs sur le territoire national, raison pour laquelle ils ont assassiné Combo", a-t-il également précisé.
Au moment de l'assassinat du Colonel Ayouba Combo en 2010, l'armée de l'archipel est aux prises à de vives querelles intestines. En avril, la maison du chef de la police est détruite par un incendie. A la suite de cet acte criminel, le général Salimou Amiri, chef d'état-major, rédige une lettre impliquant le chef du cabinet militaire du président Sambi, accusé de planifier une action militaire pour éliminer le président Sambi.
Selon certaines confidences, le Colonel Ayouba Combo, sans être cité directement, est aussi clairement visé par ce courrier accusatoire. Un climat délétère s'installe ainsi au sein de la grande muette et fait rage dans l'ombre.
Le Colonel Ayouba Combo, proche du mercenaire franco-comorien Bob Denard, a participé aux nombreux coups d'Etat qui ont secoué la vie politique de l'archipel des Comores.
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