L'Université de Poitiers a saisi jeudi dernier la justice après avoir été alertée, par une association, de soupçons de bizutage entre é...
Une lettre de l'association contre le bizutage (ACB) au rectorat avait attiré l'attention sur un «bizutage particulièrement humiliant, avec des étudiants menacés en amphis, nus et salis, la tête dans un bac à contenu immonde» qui serait survenu le 4 octobre, dans un courrier contenant un lien à une vidéo disponible sur Youtube, qui a depuis été retirée.
Les débordements se seraient produits lors d'une «journée d'intégration» d'étudiants de 1re année de licence STAPS (Sciences et techniques des activités physiques et sportives), et malgré «les recommandations explicites de l'équipe de direction» qui avait validé un programme pour une «journée conviviale», a indiqué le président de l'Université, Yves Jean.
M. Jean a expliqué avoir «fait le point avec les étudiants de première et de deuxième année» à la suite du courrier et de la vidéo, et saisi le procureur de la République. Le président a également écrit à la ministre de l'Enseignement supérieur Geneviève Fioraso, qu'il a informée de la saisie du procureur, «pour qu'il diligente une enquête et décide de l'opportunité d'éventuelles poursuites».
Bizutage caractérisé?
La ministre avait alerté cet été les recteurs et établissements d'enseignement supérieur pour leur demander d'être très vigilants sur les bizutages, qui depuis une loi de 1998 sont punis par la loi.
Selon un état des lieux en septembre du Comité national contre le bizutage, le phénomène tend à régresser au niveau national, résultat de campagnes de sensibilisation et d'une responsabilisation des établissements.
Le président de l'université de Poitiers a précisé que des sanctions disciplinaires n'étaient pas envisagées à ce stade, l'enquête devant en premier lieu déterminer s'il y avait bizutage caractérisé.
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(afp)