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L’ancien président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, lance un appel à tous les acteurs nationaux pour l’organisation d’une table ron...

L’ancien président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, lance un appel à tous les acteurs nationaux pour l’organisation d’une table ronde sans exclusive autour des questions  économiques du pays. Dans l’interview qui suit, le colonel Azali estime que ces assises  sur la crise socio-économique sont nécessaires pour restaurer la sérénité mise à rude épreuve par la vie chère. Il a, par ailleurs,  critiqué la gestion de l’affaire Combo estimant, que dans ce dossier, il se joue un «double drame».
  • Vous êtes  en général discret depuis que vous avez quitté le pouvoir. Pourquoi parlez-vous aujourd’hui ?
Je m’étais engagé à être discret pour ne pas gêner le président Sambi. Vous m’avez demandé de parler, j’ai accepté. C’est la première  fois. Peut être que si vous l’aviez demandé avant j’aurais accepté. Il y a des situations qui exigent qu’on s’exprime. Le pays vit une situation grave.
La sagesse a prévalu
  • Contre toute attente il y a rapprochement entre la CRC et le nouveau président. Pourquoi ?
Je dois d’abord profiter de cette occasion pour mettre fin à la rumeur.  Car, on dit que je suis le conseiller du président Ikililou. Ce n’est pas exact. Je ne suis pas conseiller d’Ikililou Dhoinine. C’est un peu la conséquence de ce rapprochement dont vous parlez. D’abord, je ne suis pas membre de la CRC mais, membre d’honneur. C’est un parti qui est libre de ses mouvements même s’il arrive que ses responsables viennent me  consulter parfois. Ce rapprochement n’est pas ce que les gens croient. Le président Ikililou a été élu. Il fallait l’aider, le laisser travailler avant de le critiquer. La sagesse a prévalu. Le principe de l’opposition systématique automatique n’a plus cours. C’est dans cet esprit-là qu’il y a ce rapprochement avec les responsables de la CRC.

  • Est-ce que vous pourriez éventuellement travailler avec le président  Ikililou ?
Il faut poser cette question au président lui- même pas à moi. Je ne le demande pas.
Je suis là depuis  plus de cinq ans, ceux qui étaient dans le régime précédent se croyaient trop intelligents pour me mettre à contribution….
  • Le régime du président Sambi ne vous a pas inquiété personnellement en justice. Estimez-vous  qu’il faille poursuivre les anciens chefs d’Etat ?
Vous ne savez pas le calvaire que j’ai subi. Puis, dès lors que Abdou Soefo, Idarouss, Msaidié étaient visés par une procédure judiciaire, j’étais concerné.  Je ne suis pas de ceux qui disent qu’ils sont mal servis. J’assume mes responsabilités. Je suis redevable de ceux qui m’ont servi.
Ils attendaient peut-être l’occasion de m’incarcérer(…) Comment se fait-il que la première décision du régime était d’empêcher les gens de voyager? La direction nationale de la police avait pris  une note de service pour empêcher mes collaborateurs de voyager. On ne peut pas dire que je n’étais pas visé.
Mais ils sont revenus en arrière?
Non. La décision n’a jamais été suspendue mais chacun s’est  débrouillé  seul par la suite pour obtenir de pouvoir voyager mais tout le monde sait que la procédure n’avait pas été abandonnée.
Et la plainte de la CRC?
Dans le fond, chacun accepte que le pays a reçu beaucoup d’argent d’aides budgétaires mais il n’a pas été utilisé à bon escient. Ils admettent qu’il y a  eu des malversations mais chacun renvoie la responsabilité aux autres. Le principe lui-même de demander des comptes à ceux qui étaient au pouvoir est fondé. Cela a été le cas pour mon régime. Maintenant, il peut se poser des questions de forme.
C’est le président qui a été élu. C’est lui qui est responsable devant les Comoriens et devant Dieu. La boîte à pandore, ce n’est pas la CRC qui l’a ouverte.
On a entretenu l’opacité
  • La vie est de plus en plus chère? Quelle est votre explication? Quelles sont les erreurs qui nous ont conduits à cette situation?

D’abord, il y a une crise mondiale. Nous ne pouvons pas en être épargnés.
Puis, si à peine installé le régime est confronté à ces difficultés, cela veut dire qu’il y a eu des erreurs commises antérieurement. Ce n’est pas Ikililou qui a été à l’origine de la crise actuelle. Tous les indicateurs macroéconomiques prouvent qu’il y a des problèmes. Pourquoi cela  n’a pas explosé en 2007? Si cela arrive en 2011, cela veut dire qu’il y a eu des fautes commises entre 2006 à 2011.

Le grand problème, c’est qu’on a fait comprendre aux Comoriens qu’ils peuvent attendre tout de l’extérieur.  Or, l’aide vient en complément de l’effort national. On a entretenu l’opacité s’agissant des recettes intérieures : les  douanes, les Hydrocarbures,à la DGI, à Comores Télécoms. De 2003 à 2005, on avait  enregistré 20 milliards de francs de recettes propres ;  de 2008 à 2010, il n’y a eu que dix milliards, la moitié.  S’il y a un régime qui a bénéficié d’importantes aides budgétaires dans ce pays, c’est le régime précédent mais à la fin on ne voit rien.
Réconcilier les Comoriens
  • Comment envisagez- vous la sortie de cette crise?
Pour une fois, il faut une  table ronde nationale sur la crise socio-financière. Il faut réunir nos experts et techniciens  avec des experts internationaux pour réfléchir sur cette crise, sur le devenir du pays dans 10,  20 ans. L’avantage de ces assises c’est que le document qui en sera issu est un document non partisan puisque c’est tout le monde qui l’aura  conçu. Le successeur d’Ikililou, demain, ne pourra pas le remettre en cause. Ces assises représentent un préalable indispensable pour instaurer la sérénité dans le pays.
  • Vous avez été le président pendant 7 ans. Est-ce que  vous pouvez citer les deux principales difficultés économiques auxquelles vous avez été confronté?
Le départ des bailleurs des fonds et la régularité des salaires. J’ai pris le pouvoir avec un objectif politique : réconcilier les Comoriens. Mais il fallait aussi réfléchir sur le quotidien des Comoriens. Nos bailleurs étaient partis, il fallait les faire revenir. Ils avaient des projets sur place, des  Comoriens travaillaient dans ces projets.
Il fallait mobiliser plus de deux milliards de francs comoriens pour réussir cet objectif et continuer à payer les dettes et faire des investissements en même temps. On a affecté 40% des recettes de l’Etat aux  investissements. C’est ce qui nous a permis d’inaugurer le réseau Huri, faire les routes et créer l’université des Comores(…) Et puis 48% des recettes assuraient les salaires des fonctionnaires.
  • Comment analysez- vous les relations avec le FMI ? Va-t-on avoir le programme?
En 2006 toutes les conditions étaient réunies pour obtenir un programme. D’autant que nous venions de réussir les élections. Il n’y avait plus d’obstacles à cela.
Donc, je n’ai pas compris que cela ait traîné jusqu’ici.  On n’a toujours pas de résultat concret. Or à chaque fois, on annonçait l’imminence d’un programme(…)

  • vous doutez donc s’agissant du rendez-vous du 31 décembre 2012 pour le fameux point d’achèvement du programme  l’IPPTE ?
Je doute mais j’espère qu’on y arrivera. C’est comme si on nous cachait des choses, le mensonge était la spécialité du dernier régime.  Aucun aide- mémoire n’a été communiqué au cours de ses années contrairement à l’usage. Ce régime est une victime mais le mal a été fait par le régime précédent.
  • Vous semblez déçu de ce que vos successeurs ont fait des apports de la coopération.  notamment de la conférence de Maurice
Pourquoi organiser la conférence de Doha alors que ce sont les mêmes partenaires qui s’étaient réunis à Maurice. Peut- être on croyait qu’il y aurait des chèques. Il n’y a pas de chèque dans les conférences. Il y a des projets et des annonces. Ce sont les mêmes bailleurs qui se sont prononcés à Maurice. La France s’était prononcée à 40 % des annonces. Mais qu’est qui a été fait?
On a parlé de lourdeurs des procédures?
Les procédures des bailleurs sont toujours tatillonnes. Mais c’est à nous d’assurer le suivi. Et cela n’a pas été fait…
Donc ce n’était pas bon de faire Doha ?
Qu’est qu’elle a apporté à part des projets de mosquées,  des mariages. Pensez-vous vraiment que les Comoriens ont besoin d’aide pour se marier?  Avec ces Ong caritatives, il n’y aura pas d’investissements.
  • Vous avez évoqué la coopération française. N’est-elle pas  un peu difficile à mettre en œuvre à cause du fait accompli à Mayotte?
On connait les difficultés mais c’est une relation obligée en raison de l’histoire, la langue et la forte communauté comorienne qui réside en France. Il s’agit d’une épine dans le pied. Il y a trois voies dans ce contentieux: la voie de la lâcheté, c’est-à-dire coopérer comme si de rien n’était. Il y a la voie de la rupture qui est suicidaire: les problèmes seraient  donc insolubles. Puis, il y a la voie du dialogue, c’est moi qui l’ai initié. J’ai été le premier à préconiser ce dialogue direct. Si je ne l’avais pas suggéré, on ne serait pas arrivé à ce niveau de coopération.
  • Le temps est t-il arrivé de réviser la constitution?
Mon successeur a biaisé la démarche. Il a fait réviser la constitution avant que la tournante tourne au profit de toutes les îles. C’est une constitution rédigée dans un contexte de tensions.
Il faut une certaine détente pour en  faire le bilan et envisager une révision mais tout le monde doit être impliqué comme tout le monde a participé à son élaboration.
  • Que vous inspire l’affaire Combo en tant qu’ancien militaire et en tant que responsable politique?
C’est un double drame, ce sont des êtres humains, l’un est passé, le colonel Combo  et l’autre est en prison, le général Salimou. Ce sont de hautes personnalités de l’Etat. Le deuxième drame c’est l’absence de transparence dans la gestion de cette affaire. Comment comprendre qu’un haut gradé tué soit enterré précipitamment sans aucune expertise préalable. Il aurait suffi de faire venir des experts de la Réunion voisine dans le cadre de la coopération avec la France. D’autant qu’aujourd’hui, nous avons les moyens de garder les corps longtemps. Il aurait dû y avoir autopsie pour savoir les circonstances de la mort. Pourquoi emprisonner une haute personnalité  sans que l’on ne crée les conditions pour éclairer les citoyens sur son sort?
On dit qu’il n’est pour rien dans cette affaire.
  • Vous voyez- vous président de nouveau en 2016?
Se déclarer candidat pour 2016 en 2011, ce serait de la folie (…) Ce que je peux dire c’est que j’ai le devoir de servir le pays.
  • Ce n’est pas Ikililou qui a été à l’origine de la crise actuelle
  • Ce régime est une victime mais le mal a été fait par le régime précédent
  • Avec ces Ong caritatives, il n’y aura pas d’investissements

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