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Interview exclusive d’Azali Assoumani, Président de l’Union des Comores

« La vision Comores Emergent 2030 n’est ni une rhétorique ni une posture»
Palais de Beit Salam (Moroni). Le président AZALI Assoumani répondant aux questions de Daniel Djagoué, envoyé spécial de Financial Afrik.
Le président des Comores, Azali Assoumani, a reçu Financial Afrik pour un entretien autour des questions de l’émergence, à travers le cas particulier de son pays. Rayé de la carte par une série d’épreuves, l’archipel de l’Océan indien retrouve de la lumière. Les délestages électriques qui empêchaient toute action économique sont maintenant de vieux souvenirs. Rivé sur l’horizon 2030, rendez-vous promis à ses concitoyens pour l’émergence, le président Assoumani refuse de céder à tout triomphalisme. «Le combat pour le développement est un long voyage», nous dira-t-il. Entretien à lire ici et dans le numéro 41 de Financial Afrik en kiosque à partir de ce 15 juin 2017..


Je pense que vous devez poser la question aux comoriens lambdas. Mais sincèrement, s’il y a une chose dont nous sommes fiers c’est la question de l’énergie. Nous avons réussi en moins d’un an à mettre définitivement un terme aux délestages qui étaient devenus la règle et qui rendaient illusoire toute ambition de développement économique. La production de l’énergie à partir des centrales électriques de Voidjou à la Grande Comore, de Trénani à Anjouan et de Wemani à Mhoéli, à même d’électrifier l’ensemble de notre territoire national, est aujourd’hui chose acquise. Maintenant nous devons consolider cet acquis. Nous continuerons à mobiliser nos partenaires au développement, pour une énergie propre, avec la géothermie, l’hydraulique, le solaire et l’éolien. Le chantier des routes étant déjà en partie entamé avec une partie qui débutera cette année, ainsi que la construction de l’Hôpital de référence internationale, en lieu et place de l’Hôpital ElMaarouf.

Nous avons également procédé à la mise en service d’un nouvel hôpital de référence à Bambao Mtsanga sur l’île d’Anjouan et à la signature de convention portant sur l’extension de l’aéroport de Moroni et la construction d’un port en eau profonde. Aujourd’hui, avec l’achèvement du chantier de l’énergie et le lancement de celui des routes et des hôpitaux, nous avons entamé la première étape du développement de notre pays et jeté les premières bases de son développement socio-économique.

Aussi, de grandes décisions ont été prises au cours des 12 mois écoulés, et qui visent à :
– améliorer nos administrations publiques, notamment avec la mise en place de nouvelles structures administratives comme l’Agence Nationale pour les Investissements, l’Office des Vanilles;
– assainir et redresser les finances publiques.
– engager des actions en faveur du développement social et économique de notre pays avec, notamment, les mesures prises pour améliorer le niveau et les conditions de vie de la population.

Des initiatives ont été également engagées dans les domaines de l’Education, de la Santé, de la Sécurité, de la Justice, de la Jeunesse et des Sports.


Quand on parle d’émergence, les gens voient la Chine, l’Inde et pensent que je suis prétentieux de vouloir me comparer à ces pays-là. Mais en réalité le concept d’émergence sous-entend pour un Etat le passage d’un niveau de sous-développement à un autre, économiquement supérieur. Je ne dis pas que nous allons atteindre le niveau de la Chine, mais nous pouvons sortir du niveau où nous sommes actuellement et passer à un niveau supérieur. Il suffit de regarder autour de nous des pays comme l’Ile Maurice, les Seychelles, le Kenya, l’Ethiopie etc. La vision de faire des Comores un pays émergent à l’horizon 2030 n’est ni une rhétorique, ni une posture. Elle émane d’une conviction profonde que notre pays, notre population et sa diaspora et l’ensemble des forces vives de cette Nation, sont capables de réaliser de grandes choses et de démentir les affirmations selon lesquelles, le sous-développement, le mal-vivre et le désespoir sont une fatalité.


Le premier pilier et le plus difficile c’est de convaincre les comoriens qu’ils ont un devoir, parce que chez nous, nous avons une mentalité d’assistanat. Je pense que si les comoriens y croient de façon nationaliste, on n’y arrivera. Ensuite il y a la mise en place des infrastructures de base telles que l’énergie, les routes, les hôpitaux, les ports et les aéroports. Nous allons également mettre l’accent sur le développement de l’important potentiel de notre pays en tourisme, le secteur tertiaire et la valorisation des cultures de rente que sont la vanille, le girofle, l’ylang lang. Les autres leviers devant nous permettre d’atteindre l’émergence à l’horizon 2030 sont l’éducation, l’entreprenariat, l’innovation, la transformation digitale, l’amélioration du climat des affaires et la bonne gouvernance.
L’environnement des affaires dans votre pays est-il propice à l’investissement?

Notre pays est sur la voie du changement. Nos partenaires le reconnaissent. Nous avons l’un des codes d’ investissement les plus attractifs de la Région Océan Indien. Nous octroyons une garantie de transferts de capitaux. Aujourd’hui, il est possible de créer son entreprise en moins de 72 heures. Dans le dernier classement Doing Business de la Banque Mondiale, sur l’indicateur création d’entreprises, les Comores ont gagné 10 places, passant de la 173ème à la 163ème sur 189 pays. Pour l’indicateur accès au crédit, notre pays est passé de la 128ème à la 109ème place. Depuis 2013, les Comores ont adhéré à la MIGA (Multilateral Investment Guarantee Agency). C’est une assurance qui garantit les investissements étrangers contre les risques de restriction de transfert, d’expropriation, de rupture de contrats, entre autres. Le processus d’adhésion des Comores à l’Organisation Mondiale du Commerce suit son cours. Tout ceci est un message à l’endroit du monde de l’entreprise privée et aux investisseurs à travers le monde.

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J’ai la conviction intime que la diaspora comorienne est l’un des vecteurs essentiels du développement économique de notre pays. Cette diaspora qui s’est métamorphosée au fil des générations peut et doit jouer le rôle que d’autres diasporas incarnent, notamment celles des Philippines, du Cap Vert, du Mali entre autres. Notre diaspora sert de bouffée d’oxygène à de nombreuses familles dans le pays. Il est vrai qu’elle sert de miroir dans cette émancipation naturelle des sociétés. Mais il est vrai encore, qu’elle doit épouser la vocation primaire qui devrait être la sienne. Celle d’être une locomotive de la lutte contre la pauvreté, de la création de richesse et de l’essor économique. Les Comores et les comoriens ont l’opportunité aujourd’hui d’écrire leur Destin avec une meilleure maîtrise que par le passé. Pour cela, j’exhorte mes compatriotes de la diaspora à une participation inclusive dans cette dynamique que je veux imposer à notre pays et qui doit nous conduire sur la voie de l’émergence.

Pensez-vous que les institutions politiques actuelles sont en adéquation avec cette ambition d’émergence ?

Le système que nous avons mis en place il y a quinze ans a fait le tour. C’est le moment d’en faire le bilan et de voir ce qui serait adapté à la situation actuelle. Ceci dit, il faut que ce bilan soit fait dans un climat apaisé, détendu, afin que tout les comoriens y prennent part. Je tiens à vous rappeler que c’est moi qui avais mis en place ce système et malgré tous les efforts pour faire participer tout le monde, le climat était tellement tendu qu’ à un moment, pour avancer, il fallait choisir la solution la moins mauvaise c’est- à-dire la tournante. Le système de la tournante, je le considère comme la solution la moins mauvaise et non l’idéal. Car il s’agit de donner à une région, le choix d’une autorité nationale qui vient présider aux destinées du pays. Il y a peut être des questions à se poser.

Auparavant, le mandat était de 4 ans. Maintenant, il est de 5 ans. Or, 4 ans, c’est le temps d’une étude. Est-on sûr de la continuité de l’Etat comme c’est le cas dans les grandes démocraties ? Mon successeur direct a voulu changer la constitution, mais au lieu de réunir tout le monde comme on l’a fait, il a voulu le faire tout seul prétextant qu’il avait la majorité à l’assemblé nationale. Fort heureusement, il n’a pu changer que la forme et non le fond. Sur la forme, le mandat est passé de 4 ans à 5 ans, les Présidents des Iles sont appelés maintenant Gouverneurs. Les pérogatives des Iles ont été réduites au profit de l’Etat mais le fond est resté le même. La question est de savoir si ce système s’adapte aux nouveaux défis que sont la réconciliation et l’émergence. A nous maintenant de trouver le moment approprié pour faire le bilant et aller de l’avant.

Propos recueillis à Moroni par Daniel Djagoué
Interview exclusive publié par Financial Afrik et à retrouvez ici
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