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Cela fait 47 ans jour pour jour depuis que le Président Saïd Mohamed Cheikh Abdallah Mansoib, le 1er président du Conseil de Gouvernement des Comores est décédé. Une cérémonie religieuse a été organisée ce matin par sa famille à son mausolée sis à Moroni en présence notamment du Vice-Président Djaffar Ahmed Said et de l’ ancien Président de l’Union Ikililou Dhoinine. Durant le régime d’Ahmed Abdallah Abderemane, le 16 mars était un jour férié et la cérémonie religieuse était placée sous le haut patronage du Chef de l’Etat.
Said Mohamed Cheikh sur un billet

Saïd Mohamed Cheikh Abdallah Mansoib est né le 7 avril 1904 sur l'île de la Grande Comore, à Mitsamiouli. Il a fait ses études primaires à l’école officielle de Mitsamiouli. Il a été un élève très brillant, le plus jeune de sa promotion. Il a fait ses études secondaires à l’école régionale de Mutsamudu avant de poursuivre ses études supérieures à l’école de médecine d’Antananarivo à Madagascar, études qu’il termine en 1928. Ce fut donc le premier médecin comorien. Son premier poste fut Foumboni à la Grande Comore en tant que médecin avant d’être affecté à Fomboni Mohéli. Il a été rappelé sous le drapeau comme médecin militaire à Majunga (Madagascar, de 1936 à 1944). 

Au cours de la deuxième guerre mondiale, une insurrection éclate, en mars- Avril 1940, dans les plantations coloniales de Nyumakele (Anjouan), à cause des conditions de vie précaires de la population indigène. L’administration coloniale à interprétée cette révolte comme étant une manœuvre des ennemis de la France visant à déstabiliser l’île. Le gouverneur général avait dépêché à Anjouan une mission de pacification conduite par l’inspecteur Thomas. Saïd Mohamed Cheikh faisait partie de la délégation. Il a joué un rôle déterminant dans la résolution de cette crise. L’armée française n’est pas intervenue. L’issue pacifique de cette crise a propulsé Saïd Mohamed Cheikh au premier rang de la scène politique. A partir de ce moment il a démarré sa carrière politique. La population de Nyumakele lui sera longtemps reconnaissante.

Il abandonne complètement la médecine en 1945 et se lance dans la politique en devenant député au sein de l'Assemblée Nationale française de 1945 à 1961. Aux élections pour la première Assemblée nationale Constituante, il est le seul candidat du collège mixte de la troisième circonscription de Madagascar, qui correspond à l'archipel des Comores. Sur 3 404 votants, il recueille 3 086 voix, soit plus de 90 % des suffrages. 

Il s'inscrit dans le groupe socialiste (Union démocratique et socialiste de la Résistance) aux côtés de Rasata, Ravoangy et Rabemanajary qui devraient siéger à la constituante de Paris avec d’autres meneurs nationaliste africains comme Félix Houphouet-Boigny de la cote Ivoire, Léopold Sédar Senghor et Lamine Guey du Sénégal. Son activité législative est marquée par le dépôt de deux propositions : l'une tendant à inviter le gouvernement à résoudre le problème agraire aux Comores et à assurer dans l'avenir à ces îles un véritable progrès social et culturel, l'autre tendant à accorder l'autonomie administrative et financière à l'archipel des Comores. A cet effet Il a réussi à faire abroger la loi d’annexion de l’archipel des Comores comme dépendances en vers Madagascar en 1912 et sous son impulsion, les Comores sont devenues en 1946 un « territoire » et ne font plus parti de la province de Majunga.

Pour la seconde constituante de nouveau seul candidat, Saïd Mohamed Cheikh recueille une adhésion encore plus massive avec 3 685 suffrages sur 3 708 votants (99,3 %). Dans la nouvelle assemblée il fait partie de la Commission du travail et de la sécurité sociale. Au cours de la discussion générale du chapitre concernant l'Union française dans la Constitution, il demande un statut évolutif qui se démarque nettement de l'ancien Empire et s'inquiète de la régression que représente le nouveau projet par rapport à l'ancien. Aux élections législatives de novembre 1946, la quasi-unanimité des votes des élections précédentes se renouvelle puisque 5 326 suffrages sur 5 564 se portent sur le nom du député sortant des Comores.

Au cours de la législature, celui-ci appartient à plusieurs commissions : éducation nationale, marine marchande, famille, population et santé publique. Il fait également partie des jurés de la Haute cour de justice. Saïd Mohamed Cheikh dépose essentiellement des propositions de résolution ou de loi ayant trait aux problèmes des Comores ou de la région environnante. Il demande notamment l'institution d'une assemblée représentative territoriale dans l'archipel des Comores et des moyens de transport suffisants pour permettre aux musulmans de l'Union française de se rendre au pèlerinage de la Mecque. Dans les débats publics, il s'attache à des problèmes analogues. 

Le 4 mars 1948, à propos du débat sur la question palestinienne, il évoque les responsabilités particulières de la France à l'égard des musulmans présents dans les territoires d'outremer et notamment aux Comores. Il critique l'acceptation par la France du partage de la Palestine qui, selon lui, n'est pas viable et plaide pour une solution de compromis où les autorités religieuses auraient un rôle conciliateur. Sa seconde intervention importante porte sur le projet de loi réorganisant le régime d'émission à Madagascar et aux Comores. Après avoir rappelé combien le territoire qu'il représente est déshérité, il affirme son soutien au projet gouvernemental qui est vital pour le démarrage de l'économie comorienne et ce, en dépit de ses insuffisances. Il obtient également l'accord du ministre de la France d'outremer pour que le nom des Comores figure dans l'intitulé de la nouvelle banque.

Aux élections du 17 juin 1951, le corps électoral a fortement augmenté par rapport aux scrutins précédents : 40 491 inscrits et 22 420 votants. Dans sa profession de foi, Saïd Mohamed Cheikh se prononce pour "le maintien des liens qui unissent l'archipel des Comores à la France métropolitaine dans le cadre de l'Union française". Il préconise un programme de progrès social et de développement économique par la lutte contre l'analphabétisme, une politique de santé publique et l'amélioration des relations avec Madagascar et l'Afrique orientale. Trois candidats, cette fois, osent se mesurer au député sortant. Saïd Mohamed Cheikh est de nouveau réélu confortablement avec 17 625 voix contre 4 685 à Mohamed Ahmed, gouverneur d'administration en service à Anjouan.

 Dans la nouvelle assemblée, le député des Comores siège à la Commission des territoires d'outremer dont il est nommé secrétaire le 19 juillet 1951. Il est également secrétaire de l'Assemblée nationale (9 janvier 1952) et membre suppléant du Conseil supérieur de la France d'outre-mer à partir du 17 février 1953. Toutes ses interventions dans les débats portent sur les problèmes de l'Union française, si importants dans cette période. Le 25 janvier 1952, l'adoption de son amendement au projet de loi sur les assemblées locales des territoires d'outre-mer permet la modification de la répartition des sièges attribués aux différentes îles de son archipel en rapport avec l'équilibre démographique nouveau. Dans ses autres interventions publiques, notamment le 27 août 1954, il apporte son soutien aux initiatives réformistes en matière de décolonisation prises par le gouvernement Mendès France, seule voie d'avenir selon lui pour éviter de nouveaux drames.

Aux élections du 2 janvier 1956, Saïd Mohamed Cheikh, chef du parti vert est élu au terme d'un scrutin beaucoup plus serré qu'aux élections précédentes. Il rassemble 21 748 suffrages contre 20 940 à son adversaire Saïd Ali Saïd Ibrahim, candidat du parti de l'Entente comorienne (parti blanc). Dans la dernière assemblée de la IVe République, Saïd Mohamed Cheikh appartient à la Commission de la marine marchande et des pêches ainsi qu'à la Commission des territoires d'outremer dont il est élu vice-président le 10 février 1956 puis à nouveau le 4 octobre 1957. A ce titre, il est amené à rédiger une série de rapports concernant la réorganisation de Madagascar et des Comores. De même, le 13 mars 1958, il rend un avis au nom de la Commission sur le projet de loi autorisant le Président de la République à ratifier la cession des Etablissements français de Pondichéry, Karikal, Mahé et Yanaon.

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Toutes ses interventions orales sont motivées par les mêmes questions. A propos du débat sur la loi-cadre Defferre, le 20 mars 1956, Saïd Mohamed Cheikh approuve les réformes gouvernementales, gage d'une évolution pacifique vers une plus grande autonomie par l'accession d'élites autochtones à des postes de responsabilité. Il réclame à ce propos que l'archipel des Comores soit dirigé par un gouverneur ce qui donnerait plus de lustre à ce territoire stratégique tant par sa position que par sa population nombreuse et souvent expatriée dans l'Océan Indien. Lors de sa présentation des rapports déjà cités à propos de la réorganisation de Madagascar, il se prononce pour une décentralisation de l'administration mais pour un maintien de l'unité territoriale qui se distinguerait du fédéralisme des anciens territoires d'AOF et d'AEF mis en place par la loi-cadre Defferre. 

De même, le 12 février 1958, en tant que rapporteur pour avis à propos de la révision constitutionnelle du titre VIII de la Constitution de 1946 concernant l'Union française, il se prononce pour qu'on sursoie à la discussion afin d'établir sur des bases solides une véritable communauté entre la métropole et les territoires d'outremer. Ses dernières interventions importantes concernent le projet d'amnistie des faits liés à la rébellion de 1947 à Madagascar. D'accord avec la Commission, il obtient un élargissement notable de celle-ci par rapport au projet gouvernemental afin d'établir l'apaisement définitif dans cette région (séances des 11 et 18 mars 1958). Lors de la crise finale de la IVème République, Saïd Mohamed Cheikh se rallie à l'accession au pouvoir du général de Gaulle et aux nouvelles institutions.

En 1954, il est désigné pour représenter la France et l'Union française à l'Assemblée des Nations unies. En 1961, il est élu le premier président du Conseil de gouvernement par la Chambre des députés des Comores. Il demeure à ce poste jusqu'à ce qu'il meure d'une crise cardiaque le 16 mars 1970 à Tananarive. Il est enterré à Moroni.

47 ans après sa mort, les Comoriens gardent en Said Mohamed Cheikh, le souvenir d’un homme d’Etat visionnaire qui a œuvré pour le renforcement de l’autonomie interne de l’archipel et son développement. Ils gardent aussi le souvenir d’un homme orgueilleux qui n’a pas su gérer les revendications du Mouvement Populaire Maorais (MPM) avec toutes les conséquences engendrées par sa gestion de ce dossier. Publié par le blog ComoresDroit
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