Les dérives des directs TikTok de certains Comoriens tournent au drame. Jusqu'où ces affrontements numériques peuvent-ils déboucher sur la vie réelle.
Certains Comoriens sont génétiquement modifiés par les algorithmes des réseaux sociaux notamment Tik-tok.
Certains Comoriens semblent avoir subi une étrange mutation. Ils ne ressemblent pas à leurs parents, pas physiquement, mais dans leurs comportements. Cette mutation a un laboratoire, les réseaux sociaux.
Les algorithmes ne modifient évidemment pas notre ADN. Mais ils peuvent contribuer à transformer nos habitudes, nos références et nos réactions, en valorisant les contenus qui captent l'attention à une société comme la nôtre, peu éduquée.
Le drame de Mkataba dont les circonstances doivent être établies avec rigueur, nous conduit à nous interroger sur cette dérive :
Jusqu'où ces affrontements numériques peuvent-ils déboucher sur la vie réelle ?
Avons nous suffisamment préparé nos enfants à cette nouvelle réalité ?
Leur avons -nous appris que la liberté d'expression n'autorise pas tout, que l'honneur ne se défend pas par la violence et qu'une provocation ne mérite jamais qu'on lui sacrifie pas une vie ? À défaut d'une éducation capable de former le jugement, les algorithmes risquent de devenir les éducateurs invisibles.
Et c'est peut-être là le véritable danger, de voir toute une génération grandir qui hérite de ses parents par le sang, mais construit ses propres comportements sous l'influence des modèles numériques, que personne dans la famille ou à l'école , ne lui a appris à se poser des questions. Ici, la question n'est pas de savoir si tik-tok transforme les Comoriens.
Elle est de savoir qui, désormais participe à leur éducation et quelles valeurs cette éducation transmet.
Car une société peut survivre à la modernisation de ses outils. Elle s'expose à une crise bien plus profonde lorsqu'elle laisse se moderniser ses moyens de communications sans renforcer son éducation, le discernement et le respect de la vie humaine. Mais en définitif, ne faudrait-il pas signaler certains Comoriens de plus avoir accès aux réseaux sociaux ?
Daoud Halifa
Titre : la rédaction

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