Ne laissons pas les femmes comoriennes seules face aux dérives du régime du colonel Azali Assoumani. Nous saluons le courage des femmes de Grande Como
Ne laissons pas les femmes comoriennes seules face aux dérives
Les récents drames qui ont endeuillé les Comores, notamment l’assassinat tragique de la jeune Naïcha Mmadi Abdou, ont suscité une vive émotion au sein de la population. Face à l’insécurité grandissante et au sentiment d’impunité, les femmes comoriennes ont décidé de faire entendre leur voix pour réclamer justice, sécurité et respect des droits fondamentaux.
Ne laissons pas les femmes comoriennes seules face aux dérives du régime du colonel Azali Assoumani
À la suite de la mort tragique de la jeune Naïcha Mmadi Abdou, âgée de 22 ans, victime d’un viol suivi d’un assassinat et dont le corps a été brûlé, les femmes de Grande Comore se sont mobilisées pour exprimer leur colère face à un régime répressif qui peine à assurer la sécurité de la population. Le peuple vit dans la peur, privé de son droit de manifester et de s’exprimer librement.
Aujourd’hui, les femmes comoriennes sont profondément indignées d’apprendre presque quotidiennement de nouveaux actes criminels visant des jeunes femmes, tandis que la justice semble incapable d’apporter des réponses à la hauteur de la gravité de ces crimes.
Nous saluons le courage des femmes de Grande Comore qui ont décidé de briser le silence et la peur pour dénoncer un régime qu’elles jugent incapable de garantir la protection de ses citoyens. Ces femmes ne sont pas nécessairement engagées en politique ; elles sont avant tout des citoyennes patriotes, attachées à la justice et à la dignité humaine.
Cette jeune femme n’est malheureusement pas la seule victime de la violence et de l’insécurité qui frappent notre pays. Au cours du même mois, deux personnes ont perdu la vie à Mpagé, à Mutsamudu, dont un père de famille. Les femmes d’Anjouan pourraient, elles aussi, rejoindre ce mouvement citoyen afin d’exprimer leur solidarité et leur volonté de voir la justice triompher.
Il est regrettable que de nombreux responsables politiques et acteurs de la société civile n’aient pas su traduire en actions concrètes l’émotion suscitée par ces drames. Le peuple attend de ses représentants qu’ils défendent les droits fondamentaux des citoyens et qu’ils dénoncent les injustices lorsqu’elles surviennent.
Les images de l’accueil réservé au président Azali Assoumani à Anjouan, notamment à la mosquée de Mutsamudu, interrogent une partie de l’opinion publique, quelques jours seulement après les événements tragiques qui ont coûté la vie à deux personnes. Nous ne devons pas oublier les victimes ni banaliser les souffrances de leurs familles.
Celles et ceux qui ont perdu la vie ne doivent pas être oubliés. Leur mémoire doit nous encourager à poursuivre le combat pour davantage de justice, de liberté et de responsabilité politique. Plus que jamais, les forces politiques et citoyennes doivent s’unir autour d’objectifs communs. Les rassemblements, les discours et les conférences de presse ont leur importance, mais ils doivent s’accompagner d’une mobilisation citoyenne pacifique, déterminée et organisée. Les changements démocratiques durables se construisent par l’engagement collectif, la persévérance et le respect des principes de l’État de droit.
Rien de durable ne s’obtient sans effort. L’avenir des Comores dépend de la capacité de ses citoyens à défendre, ensemble et pacifiquement, leurs droits et leurs libertés.
M. Said Ahmed Said Abdillah
Président du Parti Comores Alternatives (P.C.A)
Membre fondateur du Rassemblement de l’Opposition Comorienne (R.O.C

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