Les raccourcis politiques du parti Juwa et ses prétendus ennemis de l'intérieur. Au contraire, ce parti n'est pas en lutte pour arracher la liberté de
Les raccourcis politiques du parti Juwa et ses prétendus ennemis de l'intérieur
Considéré comme le plus grand parti national, avec un leader en prison, ce parti devrait être en deuil. Comme dans tout deuil, l'unité devrait être le seul leitmotiv.
Au contraire, ce parti n'est pas en lutte pour arracher la liberté de leur leader, mais il s'enfonce dans une guerre de leadership, comme si l'affaire Sambi était dernière eux.
Autrefois, parti de masses, cette lutte conduit progressivement au dégraissage du Mammouth que fût le parti, grâce « l'effort intelligent de son élite ».
Il y a au sein de ce parti une dérive pleine de désespoir qui confine à la paresse intellectuelle :
Celui du raccourci politique érigé en doctrine. Hier Salim, aujourd'hui Fahami et demain encore qui ?
À chaque fois le même reflex pavlovien :
Disqualifier, condamner. Le crime ?
Avoir rencontré le président Azali. Mais depuis quand le dialogue est-il une trahison. Depuis quand la politique se tiste t-elle à une politique figée ? Ou parler à l'adversaire devient une Capitulation ?
Cette vision étriquée trahit moins une vigilance idéologique qu'une incapacité à penser la complexité du réel..
Elle révèle une opposition qui préfère le confort de la dénonciation à l'exigence de l'action. Car, que reproche t-on précisément à Fahami ?
D'avoir fait ce que toute opposition digne de ce nom devrait faire :
Porter des préoccupations concrètes auprès du pouvoir. Par exemple l'électricité défaillante, le système de santé exsangue, la cherté de la vie qui étrangle les ménages.
Refuser d'en parler sous le prétexte de pureté politique, c'est abandonner le peuple à son propre sort au nom d'un dogmatisme stérile. Plus grave, ces accusations de trahison devient grotesque dès lors que Fahami lui-même à rendu public la teneur de son entretien.
Où est donc la duplicité.
Où est donc le complot ?
Ce réflexe de suspicion permanente en dit long sur un climat interne où la loyauté se mesure non pas à l'engagement pour la nation, mais à la conformité à une ligne dure qui continue à montrer ses limites.
En réalité, cette attitude traduit une crise profonde, l'incapacité à s'unir pour défendre même la libération de leur chef ,le pouvoir voyant ces déchirurements jubile. Bref, une absence de maturité politique remarquable.
Une opposition qui ne sait pas dialoguer est une opposition condamnée à l'impuissance. Elle confond radicalité et efficacité, pureté et pertinence, posture et responsabilité.
À force de brandir l'anatheme, certains au sein du parti juwa ne protègent pas le parti, ils l'isolent, ils ne renforcent pas l'opposition, ils la discréditent.
Ils privent d'une voix capable de peser réellement sur le cours des événements..
Il serait temps peut-être de rappeler une évidence :
En politique, parler n'est pas trahir. Refuser de parler en revanche, peut-être une forme d'abandon.
Daoud Halifa

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