Al imam Azali Assoumani plaide pour la stabilité sociale aux Comores. Depuis plusieurs jours, les inquiétudes se multipliaient au sein des syndicats d
Al imam Azali Assoumani plaide pour la stabilité sociale aux Comores
La décision du président de l’Union des Comores, Azali Assoumani, de suspendre les arrêtés portant sur la hausse des prix du carburant constitue un acte politique majeur qui mérite une lecture approfondie, tant sur le plan économique que social et institutionnel. Dans un contexte international marqué par les tensions sur les marchés énergétiques et les fragilités économiques des pays en développement, cette décision traduit avant tout une volonté claire de préserver la cohésion nationale et de protéger les couches les plus vulnérables de la population comorienne.
Depuis plusieurs jours, les inquiétudes se multipliaient au sein des syndicats des transporteurs, des opérateurs économiques et des ménages face aux conséquences directes qu’aurait entraînées une augmentation du prix du carburant. Aux Comores, toute hausse du coût de l’énergie produit mécaniquement une augmentation du transport, des denrées alimentaires, des matériaux de construction et des produits de première nécessité. Dans une économie fortement dépendante des importations, les effets inflationnistes auraient rapidement fragilisé davantage le pouvoir d’achat des citoyens.
Conscient de cette réalité sociale, le président Azali Assoumani a fait le choix de l’apaisement et de la responsabilité politique. En reprenant personnellement en main ce dossier sensible, le chef de l’État démontre qu’il demeure attentif aux préoccupations populaires et qu’il refuse toute décision susceptible de provoquer des tensions sociales inutiles. Cette posture illustre une gouvernance fondée sur l’anticipation des crises et la préservation de la stabilité nationale.
Au-delà de la suspension elle-même, il faut surtout souligner la méthode employée. Le président de la République a privilégié la concertation avec les partenaires sociaux et les acteurs économiques. Cette approche traduit une maturité institutionnelle importante dans la gestion des affaires publiques. Dans de nombreuses démocraties fragiles, les crises sociales naissent souvent de l’absence de dialogue entre l’État et les corps intermédiaires. En rétablissant le cadre de discussion, le pouvoir exécutif envoie un signal fort de respect envers les mécanismes de négociation sociale.
Cette décision révèle également la dimension profondément politique de la gouvernance d’Azali Assoumani. Gouverner ne consiste pas uniquement à appliquer des mesures techniques ou budgétaires ; gouverner, c’est aussi mesurer les conséquences humaines et sociales des décisions publiques. Le président a compris qu’une réforme économiquement défendable peut devenir politiquement dangereuse si elle n’est pas accompagnée d’un consensus minimal avec les forces sociales concernées.
Dans ce contexte, le rôle du chef de l’État apparaît comme celui d’un arbitre soucieux d’équilibre. D’un côté, l’État doit faire face à des contraintes budgétaires réelles liées aux fluctuations du marché international des hydrocarbures ; de l’autre, il doit garantir la paix sociale et préserver les conditions de vie des citoyens. En suspendant la hausse des prix, le président choisit temporairement de privilégier la stabilité sociale, tout en laissant la porte ouverte à une solution concertée et progressive.
Il convient également de noter que cette séquence politique renforce l’image d’un président expérimenté, capable d’intervenir rapidement lorsque l’intérêt supérieur de la nation l’exige. Après plusieurs décennies de vie politique, Azali Assoumani démontre une nouvelle fois sa capacité à reprendre le contrôle des situations sensibles et à éviter l’enlisement des crises sociales. Cette capacité d’arbitrage constitue aujourd’hui un élément central de son leadership politique.
Par ailleurs, cette décision peut être interprétée comme un message adressé à l’administration et aux responsables sectoriels : les réformes économiques doivent impérativement être accompagnées d’une pédagogie politique et d’une évaluation sociale rigoureuse. L’efficacité gouvernementale ne se limite pas à la prise de décisions techniques ; elle dépend aussi de leur acceptabilité par la population.
Le Rassemblement de la Diaspora pour le développement des comores (RDDC) considère que cette orientation vers le dialogue et l’écoute constitue une démarche responsable et républicaine. La stabilité des Comores repose sur la capacité des institutions à maintenir un équilibre entre impératifs économiques et justice sociale. Dans un pays confronté à de nombreux défis structurels, l’unité nationale et la paix sociale doivent demeurer des priorités absolues.
Enfin, cette suspension ouvre désormais une nouvelle phase : celle de la concertation approfondie entre l’État, les syndicats, les transporteurs et les opérateurs économiques. L’objectif devra être de construire un compromis réaliste, permettant à la fois de préserver les équilibres financiers publics et de protéger les citoyens contre une dégradation brutale de leurs conditions de vie.
À travers cette décision, le président Azali Assoumani réaffirme une ligne politique fondée sur la responsabilité, l’écoute et la préservation de la stabilité nationale. Dans une période marquée par les incertitudes économiques mondiales, cette posture apparaît comme un choix stratégique visant à consolider la paix sociale et à maintenir la confiance entre l’État et la population.
Fakihi Mradabi
Président du RDDC
Cadre et militant du CRC
Paris, le 17 Mai 2026

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