Pas des Jeux des Iles de l'Océan Indien aux Comores. En premier l’aéroport international Prince Saïd Ibrahim de Moroni, unique porte d’entrée du pays.
Une délégation internationale a récemment visité les Comores pour évaluer la capacité du pays à accueillir les Jeux des Îles de l’Océan Indien (JIOI). Son verdict synthétisé par la formule « Sur la bonne voie » relève davantage de la diplomatie de complaisance que d’une évaluation sérieuse des capacités réelles du pays. Le pouvoir en a fait ses choux gras sans pudeur.
Car la réalité pousserait à plus de circonspection face aux multiples défis structurels que le pays devrait relever pour se hisser à la hauteur de l’événement.
En premier l’aéroport international Prince Saïd Ibrahim de Moroni, unique porte d’entrée du pays, vétuste, sous-équipé, incapable d’accueillir un afflux massif de milliers d’athlètes, de supporters et de journalistes. Cerise sur le gâteau : la route reliant l’aéroport à la capitale Moroni, étroite, parsemée de nids-de-poule, une route qui ne répond pas aux standards internationaux pour un événement d’envergure. Le pouvoir Azali ne semble pas mesurer la honte des Comoriens face à l’image que les visiteurs se font de notre pays à leur arrivée.
Qu’en est-il des autres infrastructures : hôtels, restaurations, transports, liaisons inter iles. En persistant à accueillir les jeux dans ces conditions, on donnera du pays une image lamentable. Les JIOI des Comores seront inévitablement les pires. Tant d’années d’attente pour un spectacle lamentable !
Question fondamentale : la participation de Maore
Il va de soi que la question est complexe. Le symbole n’en aura pas moins une dimension géopolitique et juridique. Le monde ne va-t-il pas considérer que les Comores ont finalement capitulé ? Déjà certains pays, y compris des proches comme Madagascar traite avec le pseudo 101ème département français. Azali Assoumani, le président comorien qui a fait le plus de mal au pays, ne serait-il pas entrain de parachever la mission que la France lui aurait assigné ?
En 2005 il a cédé aux pressions françaises et permis à Maore de participer hors de délégation comorienne aux JIOI, une sorte de prime au séparatisme. L’isolement international et régional qui étouffait Maore fut rompu. Une brèche ouverte que la France allait exploiter pour faire avancer son projet annexionniste. Premier pas Maore participa au JIOI dans la délégation réunionnaise. Deuxième pas Maore participe en tant qu’entité distincte. Pas final : Maore participe de plein droit, ce qui prouvera bien que les Comores se sont rendues.
N’est ce pas l’enjeu invisible de ces jeux Comores 2027 ?
Idriss Mohamed Chanfi

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