Quand la liberté se rétrécit, le silence devient complicité. Un signal qui nous dit que la liberté de réunion n’est plus un droit égal pour tous. Un s
Quand la liberté se rétrécit, le silence devient complicité
L’interdiction du meeting du parti Orange n’est pas seulement un événement politique. C’est un signal.
Un signal qui nous dit que la liberté de réunion n’est plus un droit égal pour tous. Un signal qui nous montre qu’en politique, certains peuvent occuper l’espace public sans entrave… et que d’autres doivent se taire.
Le problème dépasse le parti concerné. Aujourd’hui, c’est l’opposition qui est empêchée.
Demain, ce pourrait être toute voix indépendante, toute organisation citoyenne, toute jeunesse qui ose questionner.
Une démocratie ne se mesure pas à la liberté du parti au pouvoir.
Elle se mesure à la liberté accordée à ceux qui le contestent.
Si les règles existent, elles doivent être les mêmes pour tous.
Sinon, nous sommes déjà dans un système où la loi devient un outil politique et non un cadre commun.
On tente de détourner le débat en évoquant le passé. Mais la liberté n’est pas une revanche. Elle n’est pas une arme à retourner contre l’autre. Elle est un principe.
Et les principes ne se négocient pas selon les circonstances.
À la jeunesse, aux forces vives, aux consciences libres
Ne banalisez pas ce qui se passe.
Ne vous habituez pas à voir les libertés se réduire.
L’histoire nous enseigne que les espaces démocratiques ne disparaissent pas d’un coup. Ils s’érodent, lentement. Interdiction après interdiction. Silence après silence.
Vous êtes la génération qui devra vivre avec les conséquences de ce qui se construit aujourd’hui.
Ne laissez pas la démocratie devenir un décor. Ne laissez pas le débat public se transformer en monologue.
Exiger l’égalité des règles, ce n’est pas soutenir un parti. C’est défendre votre avenir politique.
Refuser la confiscation des libertés, ce n’est pas créer le désordre.
C’est préserver l’équilibre.
Et pendant que les interdictions se multiplient, il se murmure que ce pouvoir autoritaire voudrait désormais se donner une mission de « réconciliation nationale ». Prenons acte.
Car on ne réconcilie pas en interdisant. On ne rassemble pas en excluant. On ne pacifie pas en verrouillant l’espace public.
Un pouvoir qui se montre de plus en plus clivant et excluant ne prépare pas la réconciliation,il prépare la fracture.
Et lorsque les sirènes de conciliation retentissent au moment même où les libertés se referment, elles ne sonnent pas comme une promesse de paix.
Elles résonnent comme l’alerte d’une tension plus profonde, d’un affrontement politique que l’on refuse d’assumer ouvertement.
La véritable réconciliation commence par l’égalité des droits.
Sans cela, elle n’est qu’un slogan.
Dini Nassur

COMMENTAIRES