"La responsabilité de l’état de la justice incombe à la Cour Suprême et non au Colonel Azali Assoumani". Je l'affirme ici avec force : la responsabili
LETTRE OUVERTE AU PRÉSIDENT DE LA COUR SUPRÊME DE L’UNION DES COMORES
Objet : De la responsabilité historique et constitutionnelle de la Cour Suprême face au naufrage de l’État de Droit
Monsieur le Président,
L’image récente d’un membre éminent de la Cour Suprême siégeant à une conférence de presse aux côtés du Secrétaire Général du Gouvernement et du Ministre de la Justice impose une réaction solennelle. Au-delà de l'anomalie protocolaire, cet événement soulève une question de fond sur l'architecture de notre République.
Je tiens, par la présente, à vous rappeler la lourde responsabilité qui pèse sur vos épaules. La Cour Suprême n’est pas un service rattaché à la Présidence ou au Ministère de la Justice ; elle est le sommet d'un pouvoir indépendant, le garant ultime de la paix sociale par le Droit.
Il est trop facile, Monsieur le Président, de n’imputer l'état de déliquescence de notre système judiciaire qu'aux seules orientations politiques du pouvoir exécutif.
Je l'affirme ici avec force : la responsabilité de l’état de la justice aux Comores incombe à la Cour Suprême, et non au Colonel Azali Assoumani.
Le pouvoir politique agit selon sa propre logique somme anti démocratique et souvent en violation de notre constitution et nos engagements internationaux en matière des droits humains, mais c'est à l'institution que vous dirigez qu'il revient d'ériger les remparts nécessaires.
L’indépendance ne se reçoit pas comme un cadeau du pouvoir exécutif ; elle s'exerce, elle s'arrache et elle se défend. En acceptant de confondre votre communication avec celle du gouvernement, vous envoyez le signal d'une reddition institutionnelle.
Votre rôle est déterminant et décisif pour instaurer en urgence l’État de Droit. Sans une Cour Suprême debout, capable de dire le Droit sans crainte et de se tenir à une distance sacrée des estrades ministérielles :
- Le climat des affaires restera un mirage.
- La sécurité juridique des citoyens sera inexistante.
- La séparation des pouvoirs, inscrite à l’article 91 de notre Constitution, ne sera qu’une fiction juridique.
Monsieur le Président, l'Histoire jugera votre capacité à rendre à la Haute Juridiction sa dignité et son autonomie. La Justice comorienne ne retrouvera sa crédibilité que le jour où elle cessera de chercher sa validation dans les rangs de l'exécutif pour la puiser uniquement dans la Loi.
Il est temps que la Cour Suprême assume pleinement son autorité. Le pays vous regarde et l’histoire vous jugera.
Veuillez agréer, Monsieur le Président, l'expression de ma haute considération. Afrique , le 27 Janvier 2026
Me Saïd LARIFOU, Président du RIDJA-PACTEF

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