Le Pilier d’Ambassadeur. Ancien Boussenot, mémoire d’un joug ancien. Il renaît sous le nom du Cheikh aux voix profondes. Non plus miroir des maîtres..
Le Pilier d’Ambassadeur
Un géant s’est dressé, plus fier qu’un vieux volcan.
Son souffle fend les cieux, ses vitres sont des ailes,
Son nom : El-Maarouf, le cœur des océans.
Là où l’Histoire, lourde, scella pierre et silence,
Sous le regard d’un nom venu d’un autre port,
S’élève un nouveau trône, éclat de résistance,
Bâti sur des vestiges d’un passé trop fort.
Ancien Boussenot, mémoire d’un joug ancien,
Il renaît sous le nom du Cheikh aux voix profondes.
Non plus miroir des maîtres, mais temple comorien,
Haut comme un cri jeté à la face du monde.
À Ambassadeur, il règne, unique et fier,
Le seul à défier le plat de l’horizon.
Tour sans sœur ni rivale, il frôle la lumière,
Sentinelle des vents, pilier de la raison.
Phare dressé par l’homme aux desseins souverains,
Azali Assoumani, sculpteur d’ambitions,
Lui donna sa hauteur, son regard de lointain,
Gravant dans le béton l’espoir des nations.
Il est phare sans mer, minaret sans prière,
Et ses murs parlent fort aux enfants de demain.
Quand le soleil s’y pose, il danse en la lumière,
Comme un Dieu de béton tendant une main.
Les maisons s’inclinent, humbles sous sa stature,
Les toits bas le regardent, comme on lit un destin.
Il est l’unique flèche au pays des courbures,
Le seul à regarder plus loin que le matin.
Est-ce un hôpital tenu comme parole ?
Tel un livre en vertical gravé dans les hauteurs.
Il soignera les douleurs, réparera ce qui vole,
Et guérira les silences avec une ardeur.
Abdoulatuf BCACAR

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