Moroni : et si l'effondrement de ce lieu devenu parking nous fait interroger sur la gestion du patrimoine public

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Moroni : et si l'effondrement de ce lieu devenu parking nous fait interroger sur la gestion du patrimoine public. Les circonstances exactes de l’effon

Moroni : et si l'effondrement de ce lieu devenu parking nous fait interroger sur la gestion du patrimoine public


Moroni : et si l'effondrement de ce lieu devenu parking nous fait interroger sur la gestion du patrimoine public

L’effondrement, ce jeudi 20 août 2026, d’un espace situé devant le ministère de la Fonction publique à Moroni révèle peut-être bien plus qu’un accident de terrain. Les images et informations qui circulent laissent penser qu’il pourrait s’agir d’une ancienne citerne ou d’un bassin souterrain destiné au stockage de l’eau, qui remonterait à l’époque coloniale. Cette hypothèse devra naturellement être confirmée par une expertise technique.

Pendant des générations, cet endroit a pourtant été considéré comme un simple espace vert, où l’on plantait du manioc et des bananiers et où l’on stationnait parfois des véhicules. La découverte pose donc une question essentielle, genre combien d’autres ouvrages anciens se trouvent encore sous nos espaces publics sans être identifiés ni sécurisés ?

Les circonstances exactes de l’effondrement restent à établir. Le passage d’un véhicule est évoqué comme un facteur possible, mais seule une expertise pourra déterminer les causes. En l’absence, à ce stade, d’informations faisant état d’une victime, l’événement doit néanmoins être pris au sérieux, car une cavité ou une infrastructure souterraine non identifiée peut constituer un danger pour les personnes et les constructions environnantes.

Au-delà de l’événement, c’est la gestion du patrimoine matériel public et la prévention des risques qui sont en jeu. L’État devrait alors engager un inventaire des infrastructures publiques anciennes, notamment des citernes, réservoirs, galeries, puits et autres ouvrages souterrains, en particulier autour des bâtiments administratifs, des sites historiques habitables ou pas.

Cette démarche devrait s’accompagner d’une meilleure documentation des constructions, d’une cartographie des infrastructures enterrées, de contrôles techniques réguliers et d’une communication publique plus transparente lors des incidents.

Cet effondrement doit surtout servir de leçon. Un État ne peut protéger efficacement son patrimoine et assurer la sécurité de sa population que s’il sait précisément ce qu’il possède et ce qui se trouve sous et dans ses infrastructures.

Ce que nous ne voyons plus n’a pas nécessairement disparu. À Moroni, comme dans l'ensemble du territoire, il est peut-être temps de regarder aussi sous nos pieds. Dieu merci car si le Cosep ne sera jamais appelé à désamorcer une bombe égarée de la 2ème guerre mondiale, il n'est pas sûr qu'il ne sera tard pour déterrer des victimes de glissements de ce genre.

Abdoulatuf Bacar

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