Quand la Sonede transforme la soif des pauvres en business juteux. Les habitants avaient de quoi s’étonner : il n’est pas rare que deux mois, voire pl
Quand la Sonede transforme la soif des pauvres en business juteux
Ce lundi 15 septembre 2025, l’eau coulait abondamment dans les robinets des maisons et dans les fontaines des quartiers Djomani et Rubatu de Moroni. Depuis midi jusqu’à 1 h du matin, l’eau était disponible à volonté.
Les habitants avaient de quoi s’étonner : il n’est pas rare que deux mois, voire plus, passent sans qu’une seule goutte n’arrive dans les robinets des maisons.
Mais ce qui a encore plus surpris, c’est que, ce jour-là, aucun vendeur d’eau avec des motobene n’a fait le tour du quartier. Or, d’ordinaire, ce sont eux qui assurent l’approvisionnement en eau des habitants de ces zones populaires de la capitale. Le bidon de 20 litres coûte 250 KMF, et une seule famille peut en acheter plus de quatre par jour. Un véritable business.
Alors pourquoi ce lundi-là, aucun vendeur n’a circulé ? Quelqu’un les aurait-il prévenus qu’il n’était pas nécessaire de venir puisque la Sonede faisait enfin son travail ? Ou bien des agents de la Sonede leur auraient-ils annoncé que l’eau serait distribuée toute la journée dans ces quartiers du Sud ?
Si ces questions se posent, c’est parce que beaucoup de gens pensent à tort ou à raison que des agents ou responsables de la Sonede sont les véritables bénéficiaires de ce commerce lucratif. Certains soupçonnent même qu’ils soient propriétaires de ces motobene. Car si l’eau était distribuée régulièrement, ce marché deviendrait beaucoup moins rentable.
Ces informations restent à confirmer. Des enquêtes devront être menées pour faire la clarté sur cette situation. Et si ces soupçons s’avéraient fondés, le Chef de l’État devrait prendre des sanctions contre ceux qui privent les citoyens de leur droit fondamental à l’eau.
Ahmed Bacar

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