"Quand j'étais un des principaux collaborateurs du Président Azali de 1999 à 2006, je savais dire NON, tout en admettant que la décision finale lui."
AMERICANISATION DE LA GOUVERNANCE COMORIENNE : JE PERSISTE ET JE SIGNE
Dans une livraison de ce vendredi matin, MORONI INFOS revient sur mon précédent post pour me taxer de division contrairement au président Azali, apôtre de l'unité et de réconciliation selon elle.
J'ai jugé utile de nourrir davantage mon appréciation et réfuter en bloc tout procès de séparatiste contre moi.
D'abord, ce que j'ai dit la dernière fois ne relève pas d'une simple application de circonstance. Cette dénonciation a été portée dans mon programme pour l'élection présidentielle de janvier 2024 et déclinée dans une intervention tenue à Bandamadji la Domba dans le cadre de la campagne. Par ailleurs, il y a lieu de rappeler que j'étais modestement parmi les chevilles ouvrières du processus de réconciliation nationale ayant conduit à
l'Accord Cadre de Fomboni du 17 Février 2001. Les arguments avancés par Moroni Infos autour des thèmes de compétence, expérience et autre loyauté sont, on ne peut plus, fallacieux voire même méprisants vis-à-vis des cadres originaires des autres îles. Il faut admettre qu'aujourd'hui il y a equiprobablité et interchangeabilité en matière d'occupation de postes de responsabilité , tant notre pays dispose, Dieu merci, d'un vivier de cadres de talent dans presque tous les secteurs de base du développement. Le poison réside dans ce chape de plomb entretenu par le clientelisme, le régionalisme et autres maux inhibiteurs qui gangrènent les différents pouvoirs au cours des cinquante années d'indépendance et de manière plus accentuée au cours de l'actuel régime.
Moroni Infos sait très bien que je n'étais pas exhaustif la dernière fois. Faut-il vous apprendre que sur les six principaux ministères régaliens que sont, Affaires Étrangères, Finances, Défense, Justice, Intérieur et Éducation , cinq ont à leur tête des Grands Comoriens ? Allons donc !
J'étais quatre fois à la tête de département ministériel. Mes amis politiques et moi avions toujours veillé à ce que des cadres des différentes îles se retrouvent dans monsieur mon Cabinet. C'est ainsi qu'en 1991 où j'étais à l' Équipement, Énergie, Post et Télécom, j'avais comme Dir Cab le regretté Andhume Houmadi, ancien magistrat de Tsembehou, paix à son âme, et le dernier où j'étais aux Affaires Étrangères, j'avais le regretté Houdhoi de Domoni Anjouan, diplomate de carrière, paix à son âme.
Dans un des commentaires à mon précédent post, quelqu'un se demandait si je pouvais parler de la sorte si j'avais un poste de responsabilité sous Azali.
Il m'oblige à évoquer rapidement " Quand j'étais un des principaux collaborateurs du Président ", pour paraphraser le titre d'un ouvrage célèbre.
Oui, quand j'étais un des principaux collaborateurs du Président Azali de 1999 à 2006, je savais dire NON, tout en admettant que la décision finale lui revenait. Je continue de le remercier pour la qualité de notre collaboration de l'époque au cours de laquelle il avait fait preuve d'une grande écoute à mon endroit.
Trois exemples parmi tant d'autres pour l'illustrer.
En 2002, dans le cadre de l'intérim suite consécutif au départ en congé du Chef de l'état Azali candidat à l'élection présidentielle, il lui est arrivé de remettre en cause la proposition consensuel retenant Boléro pour l'intérim. Après échange, il a concédé.
En 2002 toujours, dans le cadre de la mise en place du gouvernement intérimaire et collégial devant être mis en place pour l'organisation et la tenue de l'élection présidentielle, il nourrissait une grande appréhension à la proposition de l'opposition en faveur de Mamadou au poste de Ministre des Finances. La aussi, il a fini par se rallier à la proposition.
En 2004, il a procédé à un changement de gouvernement après les élections législatives de l'union et des Îles, un changement inédit pour lequel il a fait directement appel aux Présidents des Îles pour proposer des Ministres à ce gouvernement. C'est ainsi que Mohamed Bacar à désigné Ahmadi Abdoulbastoi aux Finances et Mohamed Fazul à désigné Le capitaine Hamza ( Colonel aujourd'hui).
Au cours de ce changement de gouvernement, le Pdt Azali voulait remplacer l'ancien Ministre des Affaires Étrangères, Mohamed El Amin Souef , par ma modeste personne suite à une petite crise que dernier aurait provoquée au cours d'un Sommet à Durban. Je me suis opposé, lui faisant comprendre que Amin avait rempli honorablement la mission qui lui avait été assignée dans le cadre du processus de réconciliation nationale.
A ces trois exemples, je me permets d'ajouter mon refus à une suggestion de Mohamed Bacar, en présence de Djaffar Salim, par laquelle il voulait envisager l'invalidation de la candidature de Sambi à l'élection présidentielle de 2006. Certainement, il détenait des mobiles. Mais, en ma qualité d'emissaire spécial du Pdt auprès des Présidents des Îles, j'estimais que cela porterait préjudice à la volonté du Pdt Azali de réussir l'alternance par la Tournante sur Anjouan de l'époque.
Voilà comment j'étais auprès du Pdt Azali.
Malheureusement, les autres régimes nous ont fait subir des vertes et pas mûres en matière de sectarisme, de régionalisme et autres volte-face. C'est ainsi que , en 2015, dans le cadre d'un accord d'alliance électorale entre l'UPDC du Pdt Ikililou et le RADHI, j'étais retenu dans une proposition validée en Conseil des Ministres, pour être le candidat des Comores au poste SG de la COI. La proposition à été transmise aux différentes chancelleries concernées. Des contacts ont même été pris par certaines parmi elles comme l'Ambassade de France à Moroni, sous Rubby Jude. Et au dernier moment, le Pdt Ikililou a sorti une autre colombe de son chapeau.
Au total, j'invite Moroni Infos à faire preuve d'amour pour la vérité et d'œuvrer à sensibiliser pour que, ensemble, nous luttons contre toutes ces mauvaises pratiques au non de l'intérêt supérieur de la Nation.
Soefo Aboudou

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