Le parti Juwa, le fer forgé. Programmé dès 2016, à l'arrivée au pouvoir d'Azali, à être rayé du paysage et du terrain de la confrontation des idées et
Le parti Juwa, le fer forgé
À contre-courant des autres formations politiques, le parti Juwa fait de la résistance. Cette formation politique compacte, que beaucoup jugent morcelée, conserve pourtant des qualités humaines et de résilience essentielles qui en font l’un des meilleures forces du pays.
Programmé dès 2016, à l'arrivée au pouvoir d'Azali, à être rayé du paysage et du terrain de la confrontation des idées et des projets socio-économiques de la nation et surtout, pour éliminer physiquement et intellectuellement ses principaux dirigeants, le Juwa est toujours là, vivant et agissant avec une discrétion et une sobriété remarquables. Il reste toujours bien plus proche des préoccupations quotidiennes des Comoriens, relativement bien plus lisible sur le terrain aux Comores et à l'extérieur que certaines formations ultra-connectées au pouvoir Azali et hors du champ des tragédies perpétrées par la CRC sur la population comorienne.
Toutefois, ce parti Juwa, promis à un avenir politique salutaire et solvable car promoteur d'un projet économique et sociopolitique incarné par la vision politique et pragmatique du charismatique ex-président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi, l'otage d'Azali, semble frappé par une inertie ces dernières années, par une somnolence due en partie aux raffles des violentes et sinistres répressions, aux emprisonnements et séquestrations physiques systématiques dont sont encore l'objet nombre de ses dirigeants depuis 2017 à ce jour.
À cela s'ajoute les clivages, les ambitions perverses et les divisions de plus en plus visibles de quelques rares et insignifiants militants égarés qui cherchent à se positionner comme leaders avant le retours des hauts et émérites responsables de cette formation politique très populaire ou tout simplement s'attirer les faveurs d'Azali.
Mais Juwa n'a pas dit son dernier mot quand bien même, face à sa force tranquille en mouvement mesurée et réfléchie, se trouve son principal ennemie féroce que Sambi a hissé malgré lui au pouvoir en 2016, Azali Assoumani Boinaheri et son parti, la CRC( Conversation pour le Renouveau des Comores).
Pas de high-tech politique à ce 1er parti d'opposition à la dictature d'Azali, mais le bon sens increvable qu’on attend d'un parti responsable dans une dictature meurtrière et homicidaire taillée sur mesure pour une élimination programmée et sans limites de ses dirigeants couplée d'une stratégie de diversion et de duperie qui consiste à présenter les victimes comme les auteurs, responsables et coupables des crimes perpétrés, tout cela avec la complicité d'une justice totalement aux ordres du pouvoir.
Une justice qui enregistre journalièrement des meurtres perpétrés par une industrie de fabrique d'assassinats, de corruption généralisée à toutes les sphères structurelles et institutions de l'État et focalisée sur la pêche à l'argent facile par tout moyen pour nourrir la politique d'un régime de banditisme et de trafiquants de tout genre. Un régime qui fait de l'appauvrissement endémique de la population comorienne une stratégie systèmique et politique visant à la rendre très vulnérable et donc, plus maniables, car vidée de toute substance de vie et de pensée dignes et humaines dans une société dont on saccage chaque jour ce qui fonde ses valeurs identitaires, à commencer par sa foi et ses traditions séculaires.
Un système qui encourage toutes les débauches, tous les excès de soulard dès lors qu'ils endorment les vives forces susceptibles de l'inquiéter dans ses basses manoeuvres. Haïyassas ici, chimic, drogues dure par là, sex là-bas, émigrations massives de candidats au naufrage en kwassa, avec en appui, le fameux calmant et hypnotique slogan fataliste : '' Ndizo Mgwadzao, Alhamdu lilahi, tsi hure maruvu, nasi naye karina shirika '' en réponse populaire à ces funestes tragédies. La boucle est bouclée, circulez il n'y a plus rien à voir ou à faire.
Ibrahim Mhoumadi Sidi

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