Donner les moyens pour maintenir l’existence de ces établissements plutôt que de les fermer. En effet, plus de 1 500 élèves étudient actuellement dans
Donner les moyens pour maintenir l’existence de ces établissements plutôt que de les fermer
Le ministère de l’Éducation nationale pourrait envisager de fermer 24 établissements scolaires publics (19 collèges et 5 lycées) à Ngazidja, en raison d’effectifs jugés très faibles.
Personnellement, je m’oppose à tout projet de fermeture. Il faut au contraire créer les conditions nécessaires pour garantir leur bon fonctionnement.
Certes, selon un document ministériel, ces établissements représentent un coût important pour les finances publiques, 751 063 910 francs comoriens par an pour un rendement jugé faible. Mais les fermer aurait de lourdes conséquences pour les élèves, les parents, les communautés concernées, et même pour l’État.
En effet, plus de 1 500 élèves étudient actuellement dans ces établissements ruraux. Il est fort probable que leurs parents n’aient pas les moyens d’inscrire leurs enfants dans des écoles privées, ni les ressources financières ou logistiques pour les envoyer dans les capitales, notamment à Moroni. Certains parents préfèrent aussi garder leurs enfants près d’eux au village, craignant que l’éloignement et certaines influences urbaines ne les détournent de leurs valeurs.
Le ministère de l’Éducation nationale a-t-il pris en compte ces réalités ? Et si oui, quelles solutions propose-t-il ?
Si ces 24 établissements ferment, que deviendront les bâtiments ? L’État a-t-il des projets plus prioritaires que l’éducation pour ces communautés ? Ou celles-ci auront-elles toute liberté d’en disposer ? Ne risquent-ils pas d’être transformés en lieux de danse traditionnelle biyaya ou en locaux de police municipale ? Ce serait, à coup sûr, regrettable.
Le ministre de l’Éducation nationale est un jeune dirigeant. Je l’encourage à éviter les solutions de facilité sous prétexte de réforme. Fermer est simple ; trouver des solutions pour améliorer et redonner vie à ces établissements serait beaucoup plus honorable. Ce serait l’occasion pour lui de laisser une empreinte positive, plutôt qu’un mauvais souvenir aux enfants de ces régions qui, dans dix ans, se souviendront qu’« il y avait un collège ici, mais il a été fermé lorsque Bacar Mvoulana était ministre de l’Éducation nationale.
Plutôt que de fermer, le gouvernement et le ministère devraient élaborer des projets ambitieux pour rendre ces écoles attractives :
- Envoyer les meilleurs enseignants et veiller à leur assiduité.
- Ouvrir des salles informatiques et mettre en place des bibliothèques ou médiathèques.
- Embellir et rénover les infrastructures.
- Collaborer avec les responsables locaux sur la base d’un cahier des charges précis.
Ces mesures auraient certes un coût, mais c’est précisément la mission de l’État : investir dans l’éducation, et non dans l’inverse.
Une fois encore, évitons les solutions faciles pour régler les problèmes de l’État.
Ahmed Bacar

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