Comores - Une indépendance confisquée, un peuple à réveiller. L’histoire de l’Union des Comores est marquée par une dépendance persistante, nourrie no
TRIBUNE : Comores - Une indépendance confisquée, un peuple à réveiller
10 juillet 1976 - 10 juillet 2025, 49 ans depuis la signature, entre les Comores et le Sénégal, des Accords de coopération technique et de représentation diplomatique, nous déplorons cette diplomatie sous tutelle. Notre politique étrangère doit être indépendante. L’indépendance proclamée en 1975 n’a jamais été pleinement réalisée. L’histoire de l’Union des Comores est marquée par une dépendance persistante, nourrie non seulement par l’influence française, mais aussi par la collaboration de dirigeants comoriens qui ont cédé notre souveraineté contre des promesses creuses ou des intérêts personnels.
Une indépendance en trompe-l’œil
Depuis le 6 juillet 1975, nous vivons dans l’illusion d’un État indépendant. Mayotte est toujours occupée. Notre monnaie dépend de la Banque de France. Nos accords bilatéraux sont opaques. Trop souvent, nos présidents ont préféré les honneurs de l’Élysée aux devoirs envers leur peuple. Toujours une diplomatie Sud Sud avec des pays sans réelle intention d’une rupture avec la domination coloniale. Nos dirigeants ont choisi le pouvoir au détriment de la souveraineté.
Les dirigeants qui ont bradé notre souveraineté
Ali Soilihi, le révolutionnaire désespéré (1976 - 1978)
- Il a accepté de signer le 10 Juillet 1976, avec le Sénégal les accords de coopération technique et de représentation diplomatique. En réalité le Sénégal est un verrou stratégique de la Françafrique en Afrique. Le pays d’Afrique le plus apprécié de Paris.
- Sa diplomatie est étroitement alignée sur les intérêts de la France
- Une coopération technique qui perpétue le système colonial, des experts sénégalais formés et calqués sur Paris.
- Une fausse solidarité panafricaine, alors que la France continue d’humilier notre souveraineté, le Sénégal n’a jamais exprimé un soutien clair à la revendication comorienne sur Mayotte, et pourtant nous lui déléguons le droit de parler en notre nom dans certaines enceintes diplomatiques.
Ahmed Abdallah Abderemane (1975 - 1975, 1978 - 1989)
- Premier président des Comores indépendantes, il a accepté sans résistance le séparatisme de Mayotte, en laissant la France organiser ses référendums illégitimes.
- Il a proclamé unilatéralement l’indépendance en 1975, sans Mayotte, malgré le fait que l’unité de l’archipel était le vœu initial, affaiblissant l’unité territoriale.
- Il a signé des accords de coopération déséquilibrés avec Paris sans contrôle parlementaire.
- Il a aussi instauré le franc comorien indexé sur le franc français, rendant notre pays dépendant économiquement.
- Revient au pouvoir en 1978 avec l’aide de Bob Denard, un mercenaire français, après un coup d'État contre le Révolutionnaire Ali Soilih.
Said Mohamed Djohar (1989 - 1995)
- Proche des réseaux françafricains, il a renforcé les accords militaires secrets avec la France.
- Sous son régime, aucune pression internationale n’a été exercée pour Mayotte, malgré des expulsions massives.
- Il a couvert l’influence de mercenaires français comme Bob Denard, nuisant à la stabilité nationale, ce qui a marqué un tournant dans l’alignement des Comores sur Paris.
Colonel Azali Assoumani (1999 - 2002, 2016 - présent)
Sous son leadership, la dépendance française s’est consolidée :
- Maintien du franc comorien dans la zone franc ;
- Visites répétées à l’Élysée sans contreparties concrètes ;
- Silence complice lors des crises à Mayotte (2023 : militarisation des frontières, expulsions massives).
- Relations ambiguës avec la France, malgré des discours rhétoriques de souveraineté à l’ONU et ailleurs.
- Accusé par l’opposition de favoriser les accords de coopération qui confortent l’influence française.
- Absence d’actions concrètes pour remettre en question la départementalisation de Mayotte.
- Les crises migratoires ou d’accords bilatéraux sur la sécurité avec la France.
Said Mohamed Cheikh
(Avant l’indépendance, président du Conseil du gouvernement comorien sous la colonisation)
- Proche collaborateur de l’administration coloniale française.
- N’a pas favorisé une rupture coloniale franche durant les années 50-60.
- A contribué à une orientation politique modérée vis-à-vis de l’indépendance.
- A contribué à entretenir un climat favorable au maintien de Mayotte dans la République française.
Dr Ikililou Dhoinine (2011 - 2016)
- A adopté une politique de coopération renforcée avec la France, notamment sur la santé et la sécurité, en minimisant le dossier de Mayotte.
- Les organisations souverainistes comoriennes l’accusent d’avoir « fermé les yeux » sur la départementalisation de Mayotte.
Mayotte : notre territoire, nos frères
Nous ne renoncerons jamais à Mayotte. Non par nationalisme aveugle, mais parce que nous croyons à l’unité d’un peuple séparé par le colonisateur.
À nos compatriotes de Mayotte :
Nous ne vous jugeons pas. Vous aussi, vous êtes piégés. Mais êtes-vous traités en citoyens à part entière ? Ou seulement comme une frontière militaire d’outre-mer ? Nous voulons une réconciliation libre, juste, et panafricaine.
L’heure du sursaut
Nous ne pouvons plus faire semblant. L’indépendance n’est pas un drapeau. C’est le pouvoir de décider pour soi. Que ce soit la gauche ou la droite en France, Socialistes ou démocrates ou même panafricanistes au Sénégal, tous piétinent la souveraineté des Comores.
Pour la véritable souveraineté, il nous faut :
- Rompre avec la dépendance monétaire, militaire et diplomatique ;
- Révéler les accords secrets avec la France et renégocier les accords avec le Sénégal
- Construire une diplomatie africaine forte ;
- Réunifier les Comores, y compris avec Mayotte.
Ce combat est celui de la vérité, de la dignité et de la jeunesse. Il commence maintenant.
Par : Hafez El Assad, militant panafricaniste, co-fondateur de KOMORI YA UHURU - Mouvement pour l’unité africaine et la souveraineté comorienne, Moroni, juillet 2025.

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