Aux Comores, le sang coule, l'Etat regarde ailleurs. ux dirigeants de prendre notre destin en main plutôt qu'à penser uniquement à l'estomac . Il n'es
Aux Comores, le sang coule, l'Etat regarde ailleurs
Il est devenu un rythme , un signal inquiétant de l'effondrement progressif de l'Etat. Chaque mois , parfois, par semaine un meurtre.
Des vies fauchées, des familles brisées, des communautés plongées dans la peur et le silence. Et pourtant les institutions restent inertes. La société s'habitue, la autorités s'accommodent, l'horreur se banalise.
Il ne s'agit plus de déplorer un taux de criminalité inquiétant. Il faut dire les choses avec clarté : nous assistons à une crise majeure dans un pays qui, paradoxalement, n'a pas les outils techniques pour faire face à cette montée de violence.
Une justice impuissante , sans science ni moyens. Le comble de cette tragédie, l'Etat Comorien ne dispose même pas d'instruments scientifiques de base pour élucider ces crimes.
Aucune capacité de prélèvement d' ADN , pas d'équipements pour détecter les empreintes digitales, même pas un laboratoire médico- légal digne de ce nom. Quand un meurtre est commis, l'enquête repose sur le bouche à oreille et la rumeur, que l'expertise.
C'est la justice à l'aveugle au sens strict du terme. Dans ces conditions, comment espérer dissuader ? Comment juger équitablement ? Comment rassurer une population qui voit les assassins se fondre dans la foule, sans crainte, sans poursuites sérieuses, sans sanctions réelles ?
Le sentiment d'impunité devient général, et AVEC LUI, L'IDÉE DANGEREUSE que la violence est une voie possible , voire même rentable. Derrière ces crimes, c'est un effondrement structurel , moral de la société Comorienne. Réduire cette recrudescence à des simples faits divers serait une très grande erreur.
Ce sont les symptômes visibles d'un mal profond de la société Comorienne, la décomposition de l'Etat et la marchandisation croissante de la justice. Cette crise est multidimensionnelle : Économique , avec une jeunesse sans avenir, livrée au chômage et à l'oisiveté.
Institutionnelle avec un système judiciaire mal mal formé, mal équipé et parfois corrompu. Fait frappant, Aujourd'hui en allant faire mes courses, j'ai fait connaissance avec un jeune homme nommé Hassan, travaillant pour le compte du ministère des affaires étrangères.
J'ai été très surpris de savoir qu'un avocat soit employé d'un ministère, je lui ai demandé pourquoi n'est-il pas au tribunal. Voici sa réponse « au tribunal je n'avais pas la conscience tranquille…fermer la parenthèse.
Politique, avec un État central faible, souvent préoccupé par sa survie que par sa mission régalienne. Sociale, par la perte des repères traditionnels et l'affaiblissement du lien familial, à l'exception de Moroni où enfants et neveux continuent d'obéir pères et oncles.
Aux dirigeants de prendre notre destin en main plutôt qu'à penser uniquement à l'estomac . Il n'est plus temps de tergiverser. Vos silences sont une grande faute et une trahison morale. Gouverner, ce n'est pas seulement inaugurer des chantiers ou faire des discours, c'est garantir à chaque citoyen le droit fondamental de vivre en sécurité, or que ce droit est bafoué quotidiennement. Il faut agir et vite.
Un pays qui ne protège pas ses morts ne protège pas ses vivants. La sécurité n'est pas un luxe. Elle est le socle de toute démocratie, de toute paix durable , de tout développement.
Tant que les Comores resteront incapables de protéger leurs citoyens et d'élucider les crimes. Tout le reste, réformes économiques, projets éducatifs, discours de souveraineté, ne sera que poudre aux yeux.
Parce que à force de fermer les yeux, les Comores passeront des nuits où ils ne se réveilleront jamais.
Daoud Halifa

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