Ne truquons pas l’histoire au nom du respect de nos morts

Ces trois hommes ont servi les Comores comme jamais personne ne l'a fait auparavant. Ils méritent tous, sans exception, notre respect...

Ces trois hommes ont servi les Comores comme jamais personne ne l'a fait auparavant. Ils méritent tous, sans exception, notre respect. 

Ce sont des hommes, et comme tous les hommes, ils ont leurs défauts. Durant toutes leurs vies, ils ont déployé des efforts remarquables qui n'ont cessé d'augmenter au fil des années. Ils ont donné toutes leurs vies à leur pays et à l’enseignement de l'islam.

Ces efforts devront être inscrits dans les livres d'histoire. Mais dans un souci d'éthique et afin de léguer aux générations futures une histoire authentique, leurs défauts aussi devront y figurer sinon nous risquons de truquer l'histoire. Faire figurer les défauts des grands hommes à côté de leurs efforts remarquables n'exclut pas le respect que nous leur devons et cela ne diminue en rien leurs qualités.

La plupart des musulmans mémorisent chacun au moins un hadîth du prophète mais ignorent comment peut-on garantir l'authenticité de ces hadiths. Comment peut-on affirmer avec certitude qu'une parole a été vraiment prononcée par le prophète ? 

En effet, il existe une science complète qui aide à identifier les hommes qui ont rapporté un hadith afin de savoir si on peut accepter ce qu'ils disent avoir entendu d'une personne qui aurait entendu d'une autre qui aurait entendu d'un compagnon du prophète qui aurait entendu le prophète sws dire...etc. 

Cette science que l'on peut traduire littéralement le nom par "la connaissance des hommes" est une sorte d'évaluation biographique. 

Ils existent dans ce domaine des recueils de biographie dans lesquels la vie des savants a été passé au crible pour ensuite classer ceux qu'on peut accepter les récits qu'ils rapportent et juger authentiques et ceux dont les récits ne peuvent être acceptés à condition qu'ils y aient plusieurs personnes qui rapportent la même chose de différentes personnes de sorte à ce que ce ne soit pas envisageable que ces personnes auraient pu s'accorder à mentir.

Des grands savants sont qualifiés de menteur ou de falsificateurs dans ces livres. Les savants n'avaient aucune difficulté à dire ce qu'ils pensaient des autres savants dans un respect absolu. 

L'illustre Ibn Alkayim a rédigé le livre "stations des chercheurs" ou "madaridj alsalikin" pour expliquer un livre de cheikh alhouraoui. Quand il trouvait une chose qu'il jugeait injuste il disait avant de la corriger : Cheikh al islam (c'est ainsi qu'il le surnommait) est notre bien-aimé mais nous aimons beaucoup plus la vérité. 

L'illustre Ibn Taymia disait parfois quand il parlait de certains savants : ses œuvres d'adoration sont mieux que sa science. Nous ne devons pas truquer l'histoire au nom du respect. Et si certains veulent le faire, faites-le. Mais pas au nom de l'islam. Les erreurs commises par les compagnons du prophète figurent dans les livres d'histoire pourquoi pas celles de nos illustres savants ? 

J'ai constaté depuis le décès d’Al Marhum mufti Saïd ToihirSaïd Maoulana Al Djamal Alayl, qu'il y a eu beaucoup de personnes qui ont affiché une satisfaction très ridicule. C'est honteux quand on ne sait pas comment allons-nous-mêmes finir. 

En réaction aux publications de ces gens-là, j'ai vu des personnes rédiger des postes pour expliquer à quel point le prophète a formellement interdit d'insulter une personne décédée. J'ai même vu des directs. Alors permettez-moi de vous dire qu'en islam, il est aussi interdit d'insulter les vivants.

Le propos prophétique que ces gens utilisent pour appuyer ce qu'ils avancent est le suivant :

D'après Aïcha que Dieu l'agrée, le prophète a dit : « N'insultez pas les morts car ils ont certes rejoint ce qu'ils ont avancé » 

En clair ce hadith nous interdit de faire de procès à nos morts car ils sont déjà rejoint Le SEUL en mesure de les juger : Dieu. 

Parler en mal d’un mort est assimilé à la médisance, c'est interdit mort ou vivant. Citer les défauts d’une personne tout en ayant un « intérêt » avéré à le faire, il n’y a rien qui l’interdit. Le mot « intérêt » est à prendre avec des pincettes car dans les hadiths prophétiques dont celui que je vais vous citer ci-dessous pour appuyer mon argumentation, on y voit pas vraiment d’intérêt lorsque les compagnons parlent des défauts d’un mort.

D'après Anas Ibn Malik (qu'Allah l'agrée) : Un convoi funéraire est passé et les gens (entendre par là les compagnons du prophète) ont fait l'éloge du défunt alors le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Il lui est dû, il lui est, Il lui est dû».

Un autre convoi funéraire est passé et les gens ont parlé en mal du défunt alors le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Il lui est Il lui est dû, il lui est Il lui est dû, il lui est Il lui est dû».

Omar ibn Alkhatab (qu'Allah l'agrée) a dit : Un convoi funéraire est passé et les gens ont fait l'éloge du défunt alors tu as dit: « Il lui est Il lui est dû, il lui est Il lui est dû, il lui est Il lui est dû» puis un autre convoi est passé et les gens ont parlé en mal du défunt alors tu as dit: « Il lui est dû, Il lui est dû, Il lui est dû».

Le Prophète (que la prière d'Allah et Son salut soient sur lui) a dit : « Celui de qui vous avez fait les éloges le paradis lui est dû et celui que vous avez mentionné en l’enfer lui est dû. Vous êtes les témoins d'Allah sur terre, vous êtes les témoins d'Allah sur terre, vous êtes les témoins d'Allah sur terre ».

Abu alaswad rapporte qu’il a vécu une scène pareille avec Omar ibn Alkhatab à Médine. Trois convois funéraires sont passés devant eux. Les gens autour d’Omar ont parlé en bien du premier défunt et du deuxième puis en mal au troisième. Et à chaque fois Omar disait « il lui est dû ». Abu alaswad fini par demander à Omar : Que veux-tu dire par : « il lui est dû ». Omar lui répondit en disant : j’ai dit comme a dit le prophète. Puis il ajouta : « Tout musulman pour qui quatre personnes témoignent en bien, Allah le fait rentrer dans le paradis ». Les personnes présentes demandèrent alors à Omar : et trois ? Il répondit : même trois. Ils lui demandèrent encore : et deux ? Il répondit : même deux. Et personne ne lui pose la question pour une seule personne. 

Enfin pour finir, je prie le seigneur afin qu’Il fasse miséricorde à nos morts, pardonne leurs erreurs et les accueille auprès de Lui afin de les récompenser largement leurs biens. Et qu’Il nous guide à bâtir une vie meilleure pour nous et les générations futures.

Omar Al-Amin

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