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Fatima* a 29 ans. Après de longues études au Maroc, cette Comorienne a tenu à rentrer à Moroni pour apporter "sa pierre à l'édifice du développement" de son pays. Pour ce nouvel épisode de notre série sur l'argent des Africains, elle nous a ouvert son portefeuille.

Si Fatima assure aujourd’hui ne pas vouloir quitter son archipel, il n’en a pas toujours été ainsi. À la fin du lycée, l’appel du large l’a poussée à partir loin de sa luxuriante île natale d’Anjouan. « Je voulais découvrir le monde », explique aujourd’hui la presque trentenaire, replongeant dans ses souvenirs d’étudiante.
Marché de Volo-Volo à Moroni
Le bac en poche après de bons bulletins de note, Fatima étudie ses options : la France, conseillée par sa cousine, l’île Maurice, recommandée par son père. « Mes grands frères avaient un autre avis : ils m’estimaient trop naïve pour partir, ils voulaient que je reste aux Comores », se souvient cette cadette d’une fratrie de six enfants.

« Il faut que les personnes qualifiées reviennent au pays »

Ce sera finalement le Maroc, où la jeune femme passera six ans grâce à une bourse obtenue auprès du royaume, mais aussi et surtout grâce au soutien de ses parents. Si elle garde de cette étape marocaine un souvenir empreint de nostalgie, Fatima n’a pas pour autant hésité à rentrer au plus vite après l’obtention de son master en communication, en 2011.

« C’était une décision naturelle, je voulais apporter ma pierre à l’édifice du développement de mon pays. Il faut que les personnes qualifiées et formées à l’étranger reviennent », plaide la communicante.

1 494 euros par mois

Malgré les diplômes, le retour sera compliqué. Après avoir enchaîné les stages – parfois non-rémunérés – dans les organisations internationales implantées aux Comores, Fatima court de contrat en contrat. Jusqu’en 2015, lorsqu’elle décroche un contrat à durée déterminée (CDD) dans le pôle communication d’une grande institution internationale dont elle souhaite taire le nom.

Chaque mois, elle y perçoit 735 000 francs comoriens, soit 1 494 euros. « C’est un bon salaire pour les Comores », estime Fatima. Mais ce prestigieux CV ne lui épargne pas la précarité : dans quelques semaines, son deuxième CDD touchera à sa fin, contraignant la communicante à se remettre à la recherche d’un emploi. « Avec mon expérience, j’espère retrouver rapidement un travail », assure-t-elle, confiante.

En attendant, Fatima dépense confortablement son salaire. Elle loue un appartement situé dans le centre de Moroni, à quelques minutes à pied de son travail, pour 100 000 francs comoriens par mois, soit 203 euros, et peut s’offrir les services d’une femme de ménage pour 60 euros par mois.

Célibataire sans enfant, la jeune femme y vit seule. « J’ai bientôt 30 ans, je sais que l’étape du mariage viendra. Aux Comores, toutes les femmes doivent se marier », assure-t-elle, expliquant simplement ne pas pourvoir « ignorer les us et coutumes de [son] pays ».

447 euros de prêt bancaire pour sa maison 

Des traditions qui pèsent également sur ses dépenses. « Chaque mois, je rembourse plus de 447 euros auprès d’une banque pour financer la construction de ma maison sur l’île d’Anjouan. La coutume comorienne veut que l’on possède sa maison pour faire le grand mariage [cérémonie traditionnelle comorienne, NDLR] au village. Ce n’est pas une dépense très pragmatique, clairement, mais les traditions comoriennes coûtent cher », s’amuse Fatima, qui ne rentre pourtant qu’une fois par an sur l’île d’Anjouan.

Au-delà des quelque 200 euros dépensés chaque mois pour se nourrir, elle rembourse également mensuellement près de 150 euros pour les équipements ménagers achetés à crédit, dont une machine à laver, une armoire et une télé. Des emprunts qui empiètent sur son épargne : chaque mois, elle réussit à mettre de côté au moins 102 euros.

100 euros pour sortir et autant pour aider sa famille

Alors quand arrive le weekend, la jeune communicante aime sortir pour « décompresser du travail », sans pour autant se décrire comme une fêtarde. Restaurants, journée à la plage, spectacles à l’alliance française, soirées en boîte de nuit : Fatima dépense chaque mois un peu plus de 100 euros pour ces sorties. « J’aime aussi bien m’habiller, mais à Moroni, le shopping est assez limité », sourit Fatima.

Tous les mois, elle envoie également au moins 100 euros à ses parents retraités. « Mon père a une petite retraite de fonctionnaire, la solidarité familiale est très importante aux Comores », assure-t-elle. Fatima sait de quoi elle parle : dans quelques mois, si elle ne retrouve pas de travail, elle ne pourra compter sur aucune indemnisation chômage et devra faire face par ses propres moyens.

*Le prénom a été modifié à la demande de l’intéressée.

Par Claire Rainfroy - Retrouvez cet article dans Jeune Afrique
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