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Aujourd’hui, 97% des étudiants mahorais poursuivent leurs études en France métropolitaine. A Mayotte, le choix des filières et le nombre de places dans l’enseignement supérieur se révèlent être très limités, motivant ainsi l’exil de 4500 étudiants cette année. Mais à 3000 kilomètres de chez eux, le bac en poche, une nouvelle vie les attend et avec elle, un parcours qui s’avère parfois rude. Worldzine a décidé d’aller à la rencontre de ces jeunes, symbole d’une jeunesse mahoraise pleine d’ambition. Aida, Adani, Jazy ou encore Nazrat ont accepté de répondre à nos questions.

Pourquoi quitter Mayotte ?

Mayotte, petit joyau du canal du Mozambique au cœur de l’océan indien est le 101e département français. Si 6 mahorais sur 10 ont moins de 25 ans, l’île n’est pas en mesure de proposer une palette d’enseignements à la hauteur du nombre d’étudiants. Afin de permettre leur départ, les billets d’avion sont pris en charge et des indemnités d’installation sont versées par la DOM selon les niveaux de ressources.

«A Mayotte, il n’y a que quelques BTS, et l’université ne propose pas de diplôme supérieur à la licence», explique Adani, étudiant en première année de master MEEF (métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation) installé en métropole depuis 4 ans. Passionné par les sciences, le jeune homme a été obligé de quitter son île natale afin de suivre le cursus qu’il souhaitait. Nazrat, en deuxième année de licence en lettres et culture classiques et européennes a elle aussi été contrainte de s’envoler vers la métropole : «Les licences proposées à Mayotte accueillent un nombre très restreint de personnes par filière, ça sature vite et la licence que je suis n’est enseignée qu’à Rennes».

Mais outre la poursuite d’étude intervient également la volonté d’émancipation et d’autonomie désirée par les jeunes : «Beaucoup partent pour échapper aux pressions familliales et profiter de nouvelles libertés», précise Jazy, étudiant en biologie pendant 7 ans à Rennes, de retour à Mayotte. Partir pour découvrir de nouveaux champs d’horizon, en somme. Mais ce brin d’espoir laisse parfois place à une profonde amertume.

Quels accompagnements ?

L’année dernière, à Villeneuve-d’Ascq près de Lille, le décès du jeune El Anfani Abdallah avait glacé les esprits. Le corps de l’étudiant mahorais avait été retrouvé 3 semaines après sa mort. Le jeune homme ne s’était pas réinscrit à l’université et ne percevait donc plus sa bourse. Personne, outre sa mère, ne se serait inquiété de son absence. Selon elle, il serait mort de faim. Cette disparition tragique relance la question de l’accompagnement et de l’accueil des étudiants mahorais en métropole.

«Lorsque je suis arrivée à Rennes, j’ai appris que 20% de la population était étudiante mais curieusement seuls les mahorais n’avaient pas d’association. Cela m’a interpellé.», se souvient M. Foundi, à l’origine du réseau des étudiants mahorais de Bretagne (REMB). Cette association née en 2011 en Bretagne se développe aujourd’hui sur tout le territoire national. Elle se veut partenaire des étudiants mahorais tout au long de leur parcours d’études en luttant contre «l’exclusion sociale» et en œuvrant pour leur «réussite scolaire».

Association bien utile pour Nazrat, qui d’une voix tintée de nostalgie se rappelle les galères de son arrivée en métropole : «Je suis boursière sur un échelon très faible, je ne suis donc pas prioritaire pour les chambres étudiantes au CROUS. La responsable du pôle éducatif du REMB m’a hébergé pendant 1 mois avant de trouver une chambre universitaire». La jeune fille s’est aujourd’hui engagée personnellement dans l’association en tant que secrétaire adjointe. Dans le cadre d’un partenariat avec l’association « famille rurale » elle réalise un sondage auprès des étudiants afin de connaître les principaux problèmes entachant leur intégration. Les réponses s’accordent et les problèmes de logement, de bourses et d’intégration sont signalés dans la majorité des cas.

De nombreuses entraves

80% des étudiants mahorais sont boursiers. En plus de la bourse nationale du CROUS, ils perçoivent également selon leur niveau de ressources un complément de bourse : la DPSU. Mais comme beaucoup, ils sont soumis aux aléas des versements. Et certain ne perçoivent pas la bourse départementale pendant 1 an.

Des difficultés financières qui peuvent également être ressenties lors du redoublement d’une année universitaire. Dans cette situation, les étudiants ne peuvent plus prétendre à la bourse. Or, 40% d’entre eux redoublent leurs première année. Contraignant ainsi certains étudiants, faute de moyens, à arrêter leurs études. Pour Adani : « Le rythme français est vraiment différent du rythme de Mayotte, il y a aussi beaucoup d’abandon dus à des parcours mal choisis». Problème soulevé par le REMB qui met en place des campagnes de sensibilisation dans les lycées et ce afin de préparer les jeunes au départ et de les aider à choisir une filière d’enseignement qui leur correspond.

Jazzy quant à lui, explique avoir eu des difficultés avec le français lors de son arrivée : « A Mayotte, je parlais français principalement à l’école mais entre amis ou avec ma famille c’était ma langue maternelle qui revenait : le shimaoré. Mais j’étais déterminé, je me suis forcé à regarder des films en français, lire beaucoup de livres pour que cela devienne plus facile».

Bouleversement culturel

Outre la distance géographique interviennent également les différences culturelles entre Mayotte et la métropole, rendant parfois l’intégration des jeunes mahorais plus difficile.

Bien que Mayotte soit un département français depuis 2011, beaucoup de métropolitains ignorent tout de cette île : «Dans mon université, beaucoup ne connaissent pas Mayotte et ne savent pas où elle se situe. Tout le monde connaît la Réunion mais Mayotte non. Ça me donne envie de faire découvrir mon île» confirme la pétillante Aida.
Le problème ce n’est pas la maîtrise du français mais véritablement la différence de cultures des étudiants mahorais. Les étudiants, à leur arrivée, sont à mille lieux de connaître certaines spécificités propres à la métropole. Par exemple à l’époque pendant mes études d’économie lorsque je suis arrivé on me parlait de Peugeot, de Renault. Mais pour moi c’était complètement abstrait. C’est seulement en étant sur place qu’on peut connaître certaines choses. L’une des premières choses que je conseille lorsque j’accueille un étudiant c’est de ne pas être un étudiant mahorais. C’est à dire un étudiant qui s’enferme et qui ne s’ouvre pas aux autres. Lorsqu’ils se sentent différents, les jeunes ont tendance à se replier sur eux-mêmes. Explique M.Foundi

Le problème d’intégration, relevé par le sondage du REMB, revient fréquemment dans le discours des jeunes. Les traditions ne sont pas les mêmes, et le mal du pays se fait souvent ressentir.

Dans une société caractérisée par un individualisme exacerbé, les nouveaux arrivants ont parfois du mal à trouver leur place dans un univers si différent de chez eux. Pour M. Foundi «la société a des difficultés à intégrer les jeunes mahorais».

« Apprendre à devenir adulte »

Par  AURIANE DUROCH 
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