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''Anguille sous roche''

Le roman-évenement de la rentrée littéraire 2016 qui fait l'unanimité auprès de la critique et du lectorat et qui s'est vu décerné dernièrement le prix littéraire SENGHOR du premier roman francophone et francophile.

Ce premier roman du jeune Comorien ALI ZAMIR paru aux éditions le Tripode raconte l'histoire d'une jeune fille âgée de 17ans qui se noie mais consacre le peu de temps qui lui reste pour nous livrer à corps perdu et à cœur impavide ce qui lui est arrivé et qui l'ont menés dans les eaux troubles du bras de mer qui sépare l'ile d'Anjouan de Mayotte.

Nous sommes à Anjouan; Anguille, personnage principal du roman est une jeune fille très reversée et introvertie contrairement à sa sœur jumelle Crotale qui, elle,est agitée et rebelle résistait aux règles imposées par leur rigoureux et intransigeant de père M. Connaît-Tout. Ce n'est d'ailleurs pas étonnant qu'Anguille ait ce genre de comportement et de tempérament puisqu'une anguille est connue pour être un poisson très calme et prudent. mais cela avant qu'il connaisse l'amour.

Vorace, ce jeune pécheur au corps athlétique, beau comme un Dieu grec à cause de qui elle (Anguille) se lassera du lycée et préférera passer ses journées à boire, fumer et faire l'amour avec cet homme qui au final l'abandonne avant même qu'elle n'ait eu la possibilité de l'annoncer qu'elle était tombée enceinte. Loin d'elle l'idée d'avorter, elle décide alors d’établir un plan avant d'annoncer à son père et à sa sœur jumelle ce qui l'arrivait. Tout ne se passera pas comme prévu car son secret a été devoilé à son grand dam.

Que faire? C'est à ce moment précis qu'elle,bafouée, décide de faire la traversée pour rejoindre l'ile sœur de Mayotte tablant sur une vie meilleure;la liberté et un travail qui lui permettra de subvenir aux besoins du fruit de son "amour" entre elle et Vorace ce dernier auquel elle souhaiterait surtout oublier.

Pour ma part, j'ai dévoré d'une traite ce roman car dès les premières lignes j'ai été happée par cette logorrhée qui tient de style faisant d'ailleurs l'originalité de ce roman qui tient en une seule phrase de plus de 300 pages. En effet, j'ai saisi dans quelle mesure il suffit de peu pour mettre en danger sa vie à cause de la honte, des mentalités surannées , de l'humiliation et de l'amour.

Lu dans une perspective féministe - de femme si féministe vous dérange- j'ai relevé 3 points très intéressants: le manque de confiance des parents en la gente féminine, l'aspiration de liberté pour les femmes et enfin le danger que de nombreux jeunes Comoriens courent pour "l'eldorado" que représente Mayotte.

Combien de Comoriens ont péris en voulant rejoindre Mayotte?
Chacun de nous a connu une Anguille, peut être pas une avec les mêmes raisons qu'Anguille, personnage de ce roman, mais une Anguille auquelle la vie a damnée, blessée et qui n'a eu pour solution que la non-solution c'est-à-dire cette chute presque libre qu'est la traversée Anjouan-Mayotte.

Concernant la forme ou le style diront les plus avisés, je reste un peu reversée. En effet, les nombreuses digressions ainsi que le choix que l'auteur a fait d'un roman sans ponctuation (un seul point tout le long du roman) m'ont laissée on ne peut plus perplexe. Évidemment, l'auteur justifie ce choix stylistique par la trame de ce roman qui se concentre dans les dernières secondes et minutes mouvementées de la vie du personnage principale qui ne lui laissaient pas de marge ni de répit d'où ce flot de paroles. Soit, néanmoins, à mes yeux cet exercice de style répondait plus à un défi personnel (le style pour le style) qu'à la nécessité.

Dans l'absolu, j'ai trouvé ce roman très abouti à plusieurs égards. D’abord, par la justesse des mots mais aussi et surtout pour avoir réussi avec acuité à mettre des mots sur les maux que vivent un grand nombre de comoriens. Aussi, d'avoir mis notre langue à l'honneur en empruntant beaucoup d'expressions et de sagesse populaire comorienne.

C'est le cas notamment de l'expression "Wo waliwusa na wa li wariye" qu'il a traduit en " quand on la pond,on la couve toute seule" ou encore "Bahariya kana hassara" qu'il a traduit en "un marin n'a rien à perdre" etc.

Je regrette dans une moindre mesure qu'il ait fait l’écho dans son roman de stéréotypes, qu'on prête aux comoriens en l’occurrence le cliche très répandu du comorien qui répond à une question par une autre en prenant l'exemple du " Afa yile markabou?" qu'il a introduit dans ce roman par cette phrase que je cite "tu vois très bien que c'est un bateau et tu oses demandés à ceux qui sont à tes cotes, est-ce un bateau? "

Pour finir, je vous conseille vivement d'acheter et lire ce tour de force littéraire qui impose ALI ZAMIR par ce premier essai comme une valeur sûre de la littérature francophone.

Article rédigé par ©M'trengoueni Youmna
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