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UN GRAVE INCENDIE A MORONI

Il était environ 23 heures, heure locale, du samedi 13 août 2016, dans le quartier de Djomani à Moroni, situé au sud de la capitale qu’un grave incendie a eu lieu. Un seul blessé et aucune perte de vie humaine n’est à déplorer mais d’importants dégâts matériels dont huit maisons entièrement réduites en cendre. Les occupants ont tout perdu : argent, pièces d’identité et autres objets de valeurs. Dans l’histoire récente des incendies dans la capitale, certaines disent que c’est le pire incendie qu’a connu notre capitale en termes de dégâts matériels. Selon des sources, c’est une bougie male éteinte qui a été à l’origine du sinistre. 

Quelles sont les causes d’un incendie ?

Les causes d’un incendie sont nombreuses classées en deux catégorie ; l’une naturelle et l’autre accidentelle ou humaine. Naturelle, on trouve : la foudre, le soleil… et pour l’accidentelle ou humaine, on y trouve : l’imprudence, la négligence, l’ignorance, la malveillance ou le court-circuit.

Pourquoi il y a eu autant de maisons brûlées en si peu de temps ?

Pour qu’il y ait autant de maisons brûlées dans un incendie en si peu de temps, il fallait plusieurs facteurs pour l’expliquer :

1-L’intervention tardive et insuffisante parait-il des services de secours du COSEP (Centre des Opérations de Secours et de la Protection Civile) et pourtant situé non loin du lieu du sinistre. On dit souvent qu’à la première minute, il faut un verre pour éteindre un feu, un seau à la deuxième minute (il est un feu s’il est maîtrisable) ; à partir de la troisième minute, il devient un incendie car il n’est pas maîtrisable et il faut l’intervention des services de secours et de lutte contre l’incendie.
Credit photo. Irchado

2-Le rapprochement des maisons entre elles, qui a favorisé la propagation de l’incendie d’abord par rayonnement (propagation de la chaleur par ondes électromagnétiques) et ensuite par projection de brandons ou d’escarbilles, braises et autres. Il parait que des carcasses de voitures qui jonchaient près des maisons ont aussi favorisé la violence de l’incendie.

3-Les matières de construction et ceux des aménagements intérieurs qui sont tous des matières facilement inflammables : tôle, bois, Plafonds, contre-plaques etc. N’y aurait-il pas des matières facilement inflammables stockées à l’intérieur de ses maisons comme gazole, essence et autres produits.

Le nombre d’incendie d’habitations est en forte augmentation à cause de l’absence de l’électricité et beaucoup de personnes font recours à la bougie qui cause presque la totalité des incendies domestiques aux Comores. Des bâtiments d’administrations comme récemment une banque à Anjouan peuvent y avoir des incendies mais souvent d’origine électrique (court-circuit).

Les dangers de la fumée

Pendant, un incendie, la fumée tue et les flammes brûlent. Les dangers sont nombreux ; à savoir : Opacité, toxicité, asphyxie, intoxication par les gaz de combustion, difficulté de progression pour atteindre le foyer de l’incendie, évacuation difficile etc. En cas d’incendie, le phénomène de convention pousse les fumées à se stocker en partie haute ; rester donc près du sol vous permettra de respirer de l’air frais. 

Parmi les vidéos de cet incendie que j’ai consultées, j’ai été choqué par l’imprudence d’une personne que l’on voit au fond de la fumée, est-ce que c’est elle qui est blessée ou pas. Ce sont des comportements qu’il faut éviter en cas d’incendie car c’est très dangereux, en quelques minutes, on peut manquer d’air pur et ce serait fatal.

Que peut faire l’Etat pour limiter ces incendies à répétition et ses dégâts ?

Je n’ai pas encore eu accès ni à la réglementation incendie ni non plus au Code de la Construction et de l’habitation de l’Union des Comores ; je ne peux pas me prononcer là-dessus. Mais en règle générale, le but de la réglementation incendie est d’assurer entre autres la protection des personnes, des biens et faciliter l’intervention des services de secours et de lutte contre l’incendie.

Il n’y a aucune fatalité dans ces incendies à répétition, l’Etat peut et doit agir sur deux volets : 

D’une part, faire de la prévention et de la sensibilisation auprès de la population, en utilisant le relais associatif , à la radio, par des réunions de quartier sur les causes des incendies domestiques: négligence, imprudence, ignorance ; faire connaitre le numéro d’urgence des secours par tous, précaution à l’utilisation des bougies comme avoir des supports ininflammables pour poser les bougies, interdire de stocker à domicile les matières facilement inflammables etc.

D’autre part, l’Etat doit prendre des mesures immédiates, à court et à moyen terme; répertorier les quartiers à forte concentration d’habitation en tole, en pailles, créer des points d’eau et des espaces réservés aux services secours près de ses zones répertoriées; équiper et entrainer suffisamment les agents de COSEP.

Ensuite, revoir le code de la construction et de l’habitation et du plan de l’urbanisation pour adaptation

Enfin, créer un Bureau d’Enquêtes et d’Analyses des Incendies (BEAI). Cela permettra de rechercher à chaque fois, les origines des incendies et y apporter des solutions. 

Ce sont des propositions parmi d’autres qui peuvent permettre de prendre conscience du danger de l’incendie et permettre aussi de limiter ses conséquences.

Même si c’est vrai que notre pays souffre de beaucoup de problèmes d’infrastructures de base dans plusieurs domaines notamment sécuritaires (alimentaire, routière, de sauvetage en mer, sur terre, de secours..), les problèmes liés à la sécurité incendie ne sont pas des problèmes de plus mais des problèmes parmi d’autres. Il faudrait d’abord une prise de conscience des autorités, ensuite engager une réflexion pour dégager des axes prioritaires afin de palier nos carences dans ce domaine. Je sais que le COSEP bénéficie des aides, une assistance technique et une coopération régionale principalement venant de Mayotte qu’il faut vraiment bonifier. Parmi les erreurs faites souvent dans notre pays, on remet tout aux questions des moyens or dans plusieurs secteurs, il manque plutôt une volonté politique et parfois des compétences.

Par Mohamed Elarif SAADI,
Professionnel de la sécurité incendie et assistance à personnes, diplômé SSIAP3, 
Paris, le 16/08/2016
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