Dr Rafsandjani s'en prend à Azali : «Parfois, je me demande s’il est vraiment conscient de ce qu’il déclare». Dépouiller la Cour constitutionnelle au.
Parfois, je me demande s’il est vraiment conscient de ce qu’il déclare. Ou alors, c’est que ceux qui l’entourent, courtisans et larbins, ont réussi à le convaincre qu’il était quelqu’un d’autre : un nouveau démocrate, anciennement putschiste, qui, malgré sa doctrine du courou-courou, serait à même, paraît-il, de s’intéresser à un livre de contentieux administratif.
« S’il y a deux ou trois pays en Afrique qui ont connu une stabilité politique, le Sénégal est le premier. Jamais de changements anticonstitutionnels. Les alternances sont pacifiques, des alternances pacifiques opposition et pouvoir, et ça, c’est un bel exemple », a-t-il dit.
Donc lui, l’apôtre de l’anticonstitutionnalité, le prophète de l’alignement institutionnel, le prédicateur du gwa ndzima, voilà qu’il fait « douze heures de vol » pour aller chanter ailleurs les mérites d’une situation républicaine qu’il s’évertue méthodiquement, depuis deux décennies, à défaire chez lui.
Dépouiller la Cour constitutionnelle au profit d’une Cour suprême dont il nomme seul les juges, convoquer un référendum sans l’existence d’un juge électoral, organiser une élection en 2019 sur la base d’un code électoral de 2014, désuet depuis un an déjà, convoquer une Cour de sûreté de l’État inexistante pour faire juger un opposant pour une infraction qui, elle-même, n’existe pas, réussir à vulgariser l’expression « trouble à l’ordre public » en empêchant toute manifestation pacifique depuis dix ans, vendre des pavillons, des droits de prospection pétrolière et d’autres infrastructures portuaires et aéroportuaires sans débat ni transparence... Tout cela, c’est la définition même de l’anticonstitutionnalité.
Mais qu’il continue à écumer ciel et mer. Le système qui lui fait croire qu’il est invincible a déjà trompé d’autres avant lui. Lentement et sûrement, l’aube approche et, avec elle, la victoire du peuple et le jugement de l’Histoire.
Mohamed Rafsandjani

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