La dépouille d'Athoumani, complice de Fahami Moustoifa dans l'assassinat de Naicha Abdou, aurait été refusée à Dzahadjuu ya Mbadjini.
Non à l’expulsion mortuaire dans nos villages
C'est un secret de Polichinelle. L’autorité de l'État ne s'exerce que sur les agents de l'administration, pas dans nos villages. Nos villages, eux, appartiennent aux villageois. Ni la mairie ni la préfecture n'ont voix au chapitre. La dépouille d'Athoumani, complice de Fahami Moustoifa dans l'assassinat de Naicha Abdou, aurait été refusée à Dzahadjuu ya Mbadjini, le village qui l'a pourtant vu grandir.
Il serait désormais question de l'expédier à Mohéli, chez ses parents. Ce n'est pas une première que l'Etat cède face aux diktats de nos villages. Il y a quelques mois, un camionneur originaire de Mohéli a perdu la vie dans un accident de la route. Le village de son épouse, et donc de sa famille, dans la région de Bambao, a refusé sa dépouille au prétexte que le défunt était un ivrogne notoire. Il a été transféré à Mohéli où il repose Dieu seul sait dans quelles conditions.
C'est peu dire qu'il est plus qu'urgent que l'Etat affirme sa présence dans nos villages à travers les communes. On ne va certes pas obliger des villageois qui ne le souhaitent pas à assister à un enterrement, mais si la gestion de nos cimetières relevait de l'autorité publique, nous n'en serions pas là aujourd’hui.
Les agents de la mairie pouvaient offrir un enterrement digne à ces personnes, comme le fait en France le collectif « Les morts de la Rue » en étroite collaboration avec les mairies sans distinction de race ni de religion, et encore moins de comportement. Un peu d’humanité avant toute autre considération.
Toufé Maecha

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