Le scandale de la braderie des postes consulaires comoriens

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LE SCANDALE DE LA BRADERIE DES POSTES CONSULAIRES COMORIENS  La diplomatie d’un État n’est ni un protocole de salon ni une marchandise de ma...

LE SCANDALE DE LA BRADERIE DES POSTES CONSULAIRES COMORIENS 


La diplomatie d’un État n’est ni un protocole de salon ni une marchandise de marché noir : elle incarne le premier rempart de notre souveraineté, le reflet de notre dignité collective et le seul bouclier de nos citoyens à l’étranger. Pourtant, sous nos yeux, cet idéal patriotique est méthodiquement piétiné par des réseaux d'influence obscurs et un clientélisme féroce.

Pendant que les filles et fils des Comores se battent à l’étranger pour faire honneur à la nation, le ministère des Affaires étrangères a transformé nos représentations diplomatiques en tiroirs-caisses et en fonds de commerce. 

La nomination récurrente de ressortissants étrangers dont l’exemple d’Abidjan est la caricature la plus abjecte, illustre une dérive systémique : la marchandisation éhontée de notre souveraineté nationale. Cette affaire n'est plus une simple anomalie administrative ; c'est le symbole scandaleux d'un État qui liquide son autorité morale au plus offrant.

En Côte d’Ivoire, terre d’accueil liée aux Comores depuis l'amitié historique scellée par feu Ahmed Abdallah Abderemane et Félix Houphouët-Boigny en 1986, l'affront a atteint son paroxysme. Plus de cinquante ans après notre indépendance, comment le gouvernement peut-il justifier qu'un homme d'affaires libanais soit parachuté pour représenter notre pays face à nos propres ressortissants ? La diplomatie comorienne a pourtant connu un visage exemplaire sous la présidence d’Ikililou Dhoinine : le poste était confié à une universitaire d’origine anjouanaise, enseignante chercheuse à l’Université Félix Houphouët-Boigny de Cocody. Elle avait su bâtir une diplomatie de proximité, écoutée, respectée et dévouée face aux difficultés quotidiennes de nos compatriotes de la diaspora ivoirienne. 

À l’époque du gouverneur Mouigni Baraka, ensemble, ils ont concrétisé un partenariat historique entre l’Université des Comores et les autorités ivoiriennes. Cet accord avait permis à de nombreux jeunes Comoriens de bénéficier de bourses d'études et de s’inscrire gratuitement dans les plus grandes écoles et universités de Côte d’Ivoire. Cela a permis de former une génération entière de cadres qui font aujourd'hui la fierté de notre administration et d'impulser une véritable coopération socio-économique entre nos deux pays. 

Aujourd'hui, ce partenariat est à terre. Au lieu de voir ce quota de bourses augmenter, le compteur est tombé à zéro. Pourquoi ? Uniquement parce que cet accord portait la signature de Mouigni Baraka. Pour le régime en place, cette simple considération politicienne a suffi pour sacrifier l'avenir de nos enfants. Quel gâchis !

Tout a basculé dès le retour au pouvoir d’Azali Assoumani. Sans la moindre justification institutionnelle, cette cadre comorienne surdiplômée a été brutalement révoquée pour réinstaller l'homme d'affaires libanais.

Derrière ce limogeage grotesque, point de stratégie géopolitique, mais le parfum asphyxiant de la corruption active, l'ombre lourde de pots-de-vin et d'arrangements mercantiles. Dans l’ombre, des hauts fonctionnaires véreux du ministère ont préféré monnayer un décret et brader un passeport diplomatique comorien contre des contreparties financières sonnantes et trébuchantes. Pour ce « consul » d’occasion, le titre n’est ni un devoir ni un service rendu à l'archipel, mais un simple bouclier juridique et un sésame commercial pour faire fructifier ses affaires privées, au mépris total de la diaspora comorienne d'Abidjan.

Cette trahison au sommet de l'État doit cesser immédiatement. Les Comoriens de l’extérieur ne sont pas des citoyens de seconde zone que l'on abandonne à des intermédiaires étrangers sans attache culturelle ni loyauté envers notre drapeau. Alors que la diaspora soutient à bout de bras l’économie nationale par des transferts de fonds vitaux, le pouvoir en place répond par le mépris et le trafic d'influence.

La souveraineté des Comores ne se négocie pas dans les arrière-boutiques des ministères. Le gouvernement doit enfin s'expliquer, faire preuve de transparence et faire le ménage dans notre appareil diplomatique. Le pouvoir doit rendre des comptes, annuler sans délai cette nomination honteuse et restituer les postes consulaires à des compétences comoriennes diplômées, intègres et patriotes. Notre dignité nationale n'est pas à vendre.

Par BACAR Mmadi, cadre du parti RDCE (Section France)

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