La route des oubliés : Quand nourrir un pays devient un risque pour sa vie. Comment le gouvernement du président Azali Assoumani peut prétendre lutter
La route des oubliés : Quand nourrir un pays devient un risque pour sa vie
Il existe, dans le Badjini, une route que l'on semble avoir oubliée : celle qui relie Kandzilé à Ntsinimoichongo, en passant par Dembeni.
Derrière cette route dégradée, il y a des femmes et des hommes. Des agriculteurs qui, chaque jour, prennent leur courage à deux mains et risquent leur vie pour transporter le fruit de leur travail vers les différents marchés de la capitale comorienne Moroni.
Ces hommes et ces femmes sont pourtant parmi les véritables remparts contre la famine dans notre pays. Ils cultivent la terre, produisent, nourrissent nos familles et contribuent à faire vivre notre économie. Mais en retour, que leur offre-t-on ? Une route dangereuse, des difficultés quotidiennes et, surtout, le sentiment profond d'être abandonnés.
Comment le gouvernement du président Azali Assoumani peut prétendre lutter contre l'insécurité alimentaire tout en laissant dans un tel état les routes empruntées par ceux qui nous nourrissent ?
Comment demander à nos paysans de produire davantage lorsque transporter leur récolte devient un calvaire parfois même un danger pour leur vie ? Cette route n'est pas un simple chemin de campagne. C'est une voie de survie pour des centaines de familles, un axe économique vital et un lien indispensable entre nos producteurs et les consommateurs.
Youssouf Djoumoi
Citoyen comorien et enseignant en économie-gestion au sein de l'académie de Créteil en France

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