Azali Assoumani Docteur Honoris Causa : Quel honneur face aux victimes du peuple comorien? Derrière chaque nom, il y a une vie humaine. Derrière chaqu
Azali Assoumani Docteur Honoris Causa : Quel honneur face aux victimes du peuple comorien?
Le 28 octobre 2026, à Moscou, le président comorien Azali Assoumani a été élevé au rang de docteur honoris causa par l'Institut d'État des relations internationales de Moscou (MGIMO). Cette distinction lui a été attribuée pour sa contribution au renforcement des relations entre la Russie et l'Afrique.
Mais derrière les cérémonies officielles et les honneurs diplomatiques, une autre réalité interpelle les Comoriens : celle des victimes, des familles endeuillées et des nombreuses interrogations qui entourent certains décès survenus sous son régime.
Dans un article publié le 5 décembre 2024, Comores Infos a dressé un récapitulatif de huit décès survenus entre 2018 et 2024, dans des circonstances diverses, parfois liées à des interventions des forces de sécurité, à des affrontements ou à des décès en détention. Plusieurs de ces affaires ont suscité des accusations graves et des appels à la vérité et à la justice.
Derrière chaque nom, il y a une vie humaine. Derrière chaque décès controversé, il y a des familles qui attendent des réponses. Derrière chaque appel à la justice, il y a un peuple qui aspire à vivre dans un pays où la vie humaine est respectée et où personne n'est au-dessus des lois.
Il ne s'agit pas ici de condamner sans jugement ni d'attribuer à un dirigeant une responsabilité pénale qui n'aurait pas été judiciairement établie. Il s'agit de rappeler une exigence fondamentale : les honneurs internationaux ne doivent jamais dispenser un pouvoir de répondre aux questions légitimes de son peuple.
La Russie est souveraine dans ses choix de distinctions. Mais les Comoriens le sont également dans leur droit d'interroger le bilan de leurs dirigeants. Quel sens donner à une distinction honorifique lorsque, dans le pays dirigé par son bénéficiaire, des familles continuent de réclamer la lumière sur des morts controversées ?
Quelle valeur accorder aux honneurs internationaux si les exigences de vérité, de justice, de transparence et de respect des droits humains ne reçoivent pas la même attention ? Un titre de docteur honoris causa n'est pas un jugement judiciaire sur l'ensemble du parcours d'un homme. Mais il constitue une reconnaissance symbolique dont les critères et la portée peuvent légitimement être débattus.
L'honneur se célèbre dans les palais, mais la conscience d'une nation se mesure aussi à la place qu'elle accorde à ses victimes.
Le peuple comorien n'a pas seulement besoin de dirigeants honorés à l'étranger. Il a besoin d'institutions crédibles, d'une justice indépendante, de libertés garanties et de réponses claires lorsque des vies humaines sont perdues dans des circonstances suspectes. L'histoire retiendra les distinctions reçues. Elle retiendra également les questions restées sans réponse et les attentes de justice des familles.
Car aucune médaille, aucun diplôme honorifique et aucune cérémonie internationale ne peuvent remplacer la vérité, la justice et le respect de la dignité humaine.
Idi Mouzaoir Ahamed

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