Mzé Abal Azir : Mitsoudjé et la diaspora comorienne rendent hommage à une figure fédératrice. Le sociologue Msa Ali Djamal souligne, lui aussi, cette.
Mzé Abal Azir : Mitsoudjé et la diaspora comorienne rendent hommage à une figure fédératrice
Mitsoudjé, 4 septembre 2026. La ville de Mitsoudjé a rendu ce vendredi un dernier hommage à Mzé Abal Azir, grand notable et figure connue de plusieurs générations de la communauté comorienne de France. Décédé jeudi 3 septembre à l’hôpital El-Maarouf, il a été accompagné à sa dernière demeure dans sa ville d’origine, qu’il n’a cessé de porter dans son cœur malgré les décennies passées en France.
Sa disparition a suscité de nombreuses réactions, révélant l’empreinte laissée par cet homme aussi bien à La Courneuve, où il résidait, qu’auprès de la communauté comorienne et de sa ville natale, Mitsoudjé.
Le maire de La Courneuve, Aly Diouara, a livré un témoignage particulièrement personnel. Il se souvient d’un homme attaché aux siens et à sa ville, mais surtout de ses conseils. Parmi les derniers échangés, une phrase résonne encore : alors qu’ils s’étaient séparés après une rencontre, Abal Azir demanda à son fils Hamza de faire demi-tour pour transmettre au maire un conseil : « Mon fils, tu dois présenter ta candidature pour être le nouveau maire. » Un souvenir qui illustre la confiance et l’attention qu’il portait aux générations appelées à prendre la relève.
Pour Souef Mohamed El-Amine, Représentant de l'ONU en Afrique Centrale, Abal Azir était avant tout un homme engagé et profondément tourné vers le bien commun. Sa présence bienveillante, son humanité et son civisme auraient, selon lui, contribué à tisser des liens durables entre les différentes composantes de la communauté.
Le sociologue Msa Ali Djamal souligne, lui aussi, cette dimension fédératrice. À ses yeux, la diaspora comorienne perd « l’une de ses figures fédératrices », un homme dont les relations et l’attachement à la communauté ont participé, au fil des années, à maintenir cette solidarité qui unit les Comoriens loin de leur pays.
Même constat du côté de Stéphane Troussel, président du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, qui rappelle l’engagement de Mzé Abal Azir dans la vie locale. Il s’était notamment investi pour La Courneuve, mais aussi pour les Comores et pour Mitsoudjé, ville à laquelle il demeurait profondément attaché.
De son côté, Djamaan Radio 104.6 fm, la station de Koimbani-Oichili, évoque la disparition d’un homme dont le parcours, l’ancienneté au sein de la communauté et les liens tissés au cours de plusieurs décennies dépassent largement le cadre familial : « C’est une page de notre mémoire commune qui se tourne. »
À travers ces hommages se dessine le portrait d’un homme de transmission, de proximité et de rassemblement. Mzé Abal Azir appartenait à cette génération de pionniers de la diaspora comorienne en France, arrivée et installée au fil des décennies, qui a contribué à construire les liens communautaires entre la France et les Comores.
Ce vendredi, à Mitsoudjé, famille, proches, habitants et membres de la communauté lui ont fait leurs adieux. Mais au-delà des cérémonies funéraires, son souvenir demeure dans les deux territoires auxquels il était profondément lié : La Courneuve, où il a vécu et œuvré, et Mitsoudjé, où il repose désormais.
Avec sa disparition, c’est une voix, une mémoire et une figure de rassemblement qui s’éteignent. La communauté comorienne perd un notable alors que plusieurs générations perdent un repère.
Abdoulatuf Bacar

COMMENTAIRES