Protéger nos journalistes, c’est protéger notre démocratie. HABARIZA COMORES et tant d’autres, tous méritent la même protection. Leur métier est diffi
Protéger nos journalistes, c’est protéger notre démocratie
Je condamne avec la plus grande fermeté les menaces proférées à Mohéli contre le journaliste Oubeidllah Mchangama, par un proche de Madame la Gouverneure Chamina.
J’appelle les autorités compétentes à prendre toutes les mesures qui s’imposent afin de protéger Oubeidllah Mchangama, mais également l’ensemble de nos journalistes. Les laisser à l’abandon face aux intimidations, aux menaces ou aux insultes n’est pas acceptable.
Un journaliste doit pouvoir exercer son métier librement, sereinement et en toute sécurité. Personne ne devrait être menacé ou intimidé simplement parce qu’il pose des questions, enquête ou donne la parole à la population.
Qu’il s’agisse de journalistes indépendants, de journalistes ambulants ou de ceux qui travaillent pour des médias comme Facebook FM, HABARIZA COMORES et tant d’autres, tous méritent la même protection. Leur métier est difficile et, bien souvent, ils disposent de très peu de moyens et sont peu rémunérés au regard du travail qu’ils accomplissent.
Et pourtant, ils continuent.
Ils vont sur le terrain, recueillent la parole des citoyens et mettent en lumière des réalités que nous n’avons pas toujours la possibilité de faire entendre dans les médias publics. Ils donnent une voix à celles et ceux qui n’en ont pas.
C’est précisément pour cette raison que leur protection doit être une priorité nationale.
Où sont nos responsables politiques ?
C’est justement ici que nos hommes et femmes politiques devraient prendre la parole et condamner fermement les menaces et les intimidations visant nos journalistes.
Il ne suffit pas de s’indigner pendant deux ou trois jours sur les réseaux sociaux à propos de la question de Mayotte, puis de laisser retomber la pression. Nous connaissons déjà ce scénario : quelques déclarations, quelques tweets, beaucoup de bruit… puis le pneu se dégonfle, pendant que la France continue tranquillement son chemin.
Pendant ce temps, lorsqu’un journaliste comorien est menacé dans l’exercice de son métier, le silence devient parfois assourdissant.
Il est temps de sortir de cette politique des réactions ponctuelles et des déclarations sur les réseaux sociaux. La défense de la liberté de la presse doit être une responsabilité permanente.
Une loi pour protéger nos journalistes
Les Comores ont besoin d’un véritable cadre juridique garantissant la protection des journalistes, y compris ceux qui travaillent pour les médias en ligne et sur les réseaux sociaux.
La liberté de la presse ne doit pas être seulement un principe inscrit dans les textes. Elle doit être une réalité sur le terrain.
Aucun journaliste ne devrait avoir à choisir entre informer la population et protéger sa propre sécurité.
Protéger un journaliste ne signifie pas protéger ses opinions. Cela signifie protéger son droit à exercer son métier.
Protéger les journalistes, c’est protéger le droit des citoyens à être informés.
Et protéger le droit des citoyens à être informés, c’est protéger notre démocratie.
Il est donc temps que nos autorités prennent leurs responsabilités. Nos journalistes ne demandent pas des privilèges : ils demandent simplement de pouvoir faire leur travail sans être menacés, insultés ou intimidés.
C’est là que nos responsables politiques doivent être au rendez-vous.
ISMAEL De Charif

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