Mayotte : il ne suffit pas de marquer quand le gardien a quitté le terrain. Le deuxième est de montrer qu’il n’a pas peur d’interpeller directement le
Mayotte : il ne suffit pas de marquer quand le gardien a quitté le terrain
Je ne suis pas surpris par l’intervention de Fahim Saïd Ibrahim. À mes yeux, cette intervention n’est pas nécessairement un acte de courage politique, contrairement à ce que certains pourraient vouloir nous faire croire.
J’y vois surtout deux objectifs.
Le premier est de montrer aux Comoriens qu’il ose, lui aussi, dire non à la France et adopter un ton ferme sur la question de Mayotte.
Le deuxième est de montrer qu’il n’a pas peur d’interpeller directement le gouvernement comorien actuellement en place, en lui demandant de prendre ses responsabilités sur la question de Mayotte.
Sur ce point, il est parfaitement légitime d’interpeller le pouvoir en place. Mais une question demeure : qu’avons-nous fait lorsque nous étions nous-mêmes aux affaires ?
Fahim Saïd Ibrahim a déjà occupé des responsabilités importantes, notamment dans la diplomatie comorienne. Il a donc eu, à son époque, l'occasion de défendre cette cause, de porter cette question sur la scène internationale et surtout de transformer les paroles en actes.
C’est pourquoi je reste réservé face à certaines prises de parole qui interviennent après coup.
Car en politique, il ne suffit pas de montrer son courage lorsque l’on se trouve dans les tribunes. Le véritable courage se mesure lorsque l’on est sur le terrain, lorsque l’on détient une responsabilité et que l’on a réellement la possibilité d’agir.
Ce n’est pas à la fin du match qu’un bon joueur montre à ses supporters qu’il sait marquer un but, surtout lorsque le gardien n’est plus là.
La question de Mayotte mérite mieux que des postures politiques et des déclarations destinées à séduire l'opinion. Elle mérite une stratégie, de la constance, du travail diplomatique et surtout des résultats.
Interpeller le gouvernement actuel est une chose. Rendre des comptes sur ce que l’on a fait lorsqu’on était soi-même aux affaires en est une autre.
Les Comoriens doivent désormais regarder au-delà des discours et poser une question simple à tous ceux qui prétendent défendre Mayotte : qu’avez-vous fait lorsque vous aviez le pouvoir d’agir ?
C’est aussi à cette question que se mesure le véritable courage politique.
ISMAEL De Charif
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