Le patrimoine ne se protège pas avec des photos : le changement, c’est maintenant. Il faut établir un véritable inventaire des sites historiques, sécu
Le patrimoine ne se protège pas avec des photos : le changement, c’est maintenant
Depuis une semaine, nous voyons des cérémonies et des fêtes organisées un peu partout dans les îles de la Lune. Des maisons anciennes, parfois vétustes et laissées à l’abandon, sont mises à l’honneur et reconnues comme faisant partie de notre patrimoine. Des attestations doivent même être remises au chef de l’État.
En tant qu’historien, je ne peux que me réjouir de voir notre patrimoine enfin considéré. Mais une question essentielle demeure : qu’allons-nous faire concrètement après les cérémonies ?
À quoi sert une reconnaissance si, quelques mois plus tard, ces mêmes maisons continuent de se dégrader ? À quoi servent les attestations, les discours et les belles photographies publiées sur Facebook si aucune politique réelle de conservation, de restauration et de transmission n’est mise en place ?
Notre patrimoine n’a pas besoin uniquement d’être photographié. Il a besoin d’être protégé.
Il faut établir un véritable inventaire des sites historiques, sécuriser les bâtiments menacés, restaurer ceux qui peuvent encore l’être, former des spécialistes du patrimoine et surtout mettre en place un budget et un calendrier précis. La reconnaissance par l’UNESCO ou par les autorités ne doit pas constituer une fin en soi : elle doit être le début d’une véritable politique patrimoniale.
Nous ne pouvons pas continuer à célébrer notre histoire tout en laissant ses témoins disparaître sous nos yeux.
Les Comoriens commencent à perdre patience. Ils ne veulent plus seulement des cérémonies, des discours et des photos. Ils veulent voir des résultats.
Notre patrimoine appartient à la nation et aux générations futures. Il est temps de passer des paroles aux actes.
Le changement ne doit plus être promis. Il doit commencer maintenant.
ISMAEL De Charif

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