Le Maria Galanta a-t-il remplacé Bob Denard ? La comparaison est volontairement provocatrice. Bob Denard représentait l’ingérence armée et les coups d
Le Maria Galanta a-t-il remplacé Bob Denard ?
Nous assistons aujourd’hui à une nouvelle forme de domination française aux Comores. Et le plus grave, c’est que les autorités comoriennes en place en sont parfaitement conscientes. Mais pour s’éterniser au pouvoir, certains semblent encore croire que la France de 2026 possède le monopole de décider qui doit gouverner les Comores.
C’est une forme de faiblesse politique et intellectuelle.
Hier, il y avait Bob Denard et ses mercenaires. Aujourd’hui, faut-il regarder du côté du Maria Galanta ?
La comparaison est volontairement provocatrice. Bob Denard représentait l’ingérence armée et les coups de force ; le Maria Galanta représente aujourd’hui, dans le débat politique comorien, le symbole d’une autre forme de dépendance : celle d’un bateau qui transporte vers les Comores des personnes expulsées de Mayotte.
Et derrière chaque traversée, il y a des familles séparées.
Un Comorien expulsé de Mayotte ne laisse pas nécessairement derrière lui une maison vide. Il peut y laisser une épouse, des enfants, des parents, des frères et des sœurs. Alors, une fois arrivé aux Comores, certains cherchent naturellement à retrouver les leurs.
Et c’est là que commence parfois une nouvelle tragédie.
Des hommes et des femmes reprennent la mer sur des embarcations précaires pour tenter de rejoindre leurs familles. Et lorsque la mer devient leur dernier chemin, nous retrouvons parfois des corps sur nos côtes.
Voilà le véritable scandale.
On expulse des êtres humains d’un côté, on les débarque de l’autre, puis on s’étonne qu’ils tentent de repartir.
Alors une question doit être posée aux autorités comoriennes :
Jusqu’à quand allez-vous accepter que nos ports servent de terminus à une politique migratoire décidée par la France ?
Il est temps d’avoir une position claire.
Si la France veut organiser les expulsions de Comoriens de Mayotte, qu’elle assume elle-même cette politique et qu’elle trouve des solutions qui ne transforment pas les Comores en simple destination de renvoi.
Nos ports ne doivent pas être les prolongements administratifs de la politique française à Mayotte.
Le peuple comorien mérite mieux que des dirigeants qui attendent quelques tweets, quelques déclarations diplomatiques ou quelques jours de polémique avant de laisser les choses reprendre leur cours.
La souveraineté ne se proclame pas seulement dans les discours.
Elle se défend dans les actes.
Alors oui, cette question mérite d’être posée, même si elle dérange :
LE MARIA GALANTA EST-IL DEVENU LE NOUVEAU VISAGE D’UNE ANCIENNE POLITIQUE ?
À chacun de répondre.
Mais une chose est certaine : les Comoriens ne doivent plus accepter que leur territoire, leurs ports et leurs morts deviennent les variables d’ajustement d’une politique qui se décide ailleurs.
ISMAEL De Charif

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