Affaire Sambi : Quand un pouvoir cherche à détourner le regard du peuple. Depuis plusieurs semaines, la pression internationale s'accentue. Des respon
Quand un pouvoir cherche à détourner le regard du peuple
Au moment où l'état de santé de l'ancien Président Ahmed Abdallah Mohamed Sambi suscite une vive émotion, tant aux Comores qu'à l'étranger, le pouvoir choisit de déplacer le débat national.
Alors que des voix de plus en plus nombreuses demandent, pour des raisons strictement humanitaires, son évacuation vers un établissement médical spécialisé à l'étranger, le régime préfère mettre en avant une marche réclamant l'application de la peine de mort. Le calendrier de cette initiative ne peut qu'interroger.
Depuis plusieurs semaines, la pression internationale s'accentue. Des responsables politiques, des organisations de défense des droits humains et de nombreux citoyens appellent à ce que les considérations humanitaires prévalent.
L'Assemblée nationale du Sénégal a publiquement demandé l'évacuation sanitaire de l'ancien Président Sambi. En France également, un député a rejoint les appels de l'opposition comorienne afin que celui-ci puisse recevoir les soins spécialisés que son état nécessiterait.
Face à cette mobilisation, que fait le pouvoir ? Il organise une manifestation présentée comme une initiative populaire de notables et d'oulémas pour réclamer l'application de la peine capitale.
Cette démarche soulève une question fondamentale : pourquoi, au moment précis où la communauté internationale demande des soins pour un malade, le débat national est-il brusquement déplacé vers la peine de mort ?
Beaucoup de Comoriens peuvent y voir une stratégie de communication destinée à détourner l'attention de l'opinion publique de la situation sanitaire de l'ancien Président Sambi. Au lieu de répondre aux interrogations sur son état de santé et sur son éventuelle évacuation médicale, le pouvoir entraîne le pays dans un autre débat, plus émotionnel et plus polémique.
Les notables et les responsables religieux portent pourtant une responsabilité morale particulière. Leur mission est traditionnellement de défendre la paix, la justice, la sagesse, la réconciliation et la préservation de la vie. Ils devraient contribuer à apaiser les tensions nationales plutôt qu'à donner l'impression d'accompagner une stratégie politique de diversion.
L'histoire retiendra que, pendant que le monde demandait un geste d'humanité envers un ancien chef de l'État gravement malade, certains responsables choisissaient de manifester pour réclamer l'application de la peine de mort.
Les Comores ont aujourd'hui besoin de justice, de transparence et d'humanité. Elles ont besoin d'un État capable d'assumer ses décisions devant son peuple et devant la communauté internationale, sans détourner le débat lorsque les questions deviennent difficiles.
L'évacuation médicale d'un détenu gravement malade n'est pas une question d'appartenance politique. C'est une question de dignité humaine. Les désaccords politiques ne devraient jamais empêcher un malade de recevoir les soins que son état exige.
Une nation se grandit lorsqu'elle protège la vie, y compris celle de ses adversaires. C'est cette image des Comores que beaucoup souhaitent voir triompher devant l'histoire.
J’ai dit
Professeur Mohamed Farid BASHRAHIL
Ministre de l’information et porte-parole du Gouvernement Comorien en Exil de son excellence le Président Achiraffi Saïd Hachim

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