Face à l'asphyxie d'Anjouan : De la colère légitime à l'action méthodique ! Le système qui nous opprime aujourd’hui a été rendu possible par la trahis
Face à l'asphyxie d'Anjouan : De la colère légitime à l'action méthodique !
Le cœur lourd mais l’esprit clair, je vois monter de notre île meurtrie des cris de détresse, de rage et de douleur. Face aux milices, à la torture, aux emprisonnements arbitraires, à l'asphyxie économique imposée et aux assassinats ciblés de ce régime sanguinaire, la colère de notre peuple est pleinement légitime.
Ce pouvoir criminel n'en est pas à ses premières victimes, et tant que nous ne briserons pas nos chaînes, la liste de nos martyrs continuera de s'allonger. Depuis la diaspora, nous partageons chaque jour cette souffrance. Mais à l’heure où le sang coule et où les foyers s'éteignent, l'heure n'est plus seulement aux larmes : elle est à l'action méthodique.
Une vérité fondamentale doit être regardée en face : personne ne viendra de l’extérieur pour libérer Anjouan. C'est à nous, Anjouanais, de prendre notre destin en main. Et pour agir efficacement, il est impératif de comprendre comment nous en sommes arrivés là.
Le système qui nous opprime aujourd’hui a été rendu possible par la trahison des nôtres. C’est Ahmed Abdallah Sambi, pourtant né sur notre terre, qui, le premier en 2009, a tripatouillé la Constitution issue de l’Accord-cadre de Fomboni de 2001, bafouant la souveraineté de notre île au profit du pouvoir centralisé de Ngazidja-Comore.
Quelle ironie tragique et quelle insulte à notre mémoire, quand on sait que cet homme est parvenu au pouvoir suprême uniquement grâce aux sacrifices et au sang versé par les Anjouanais en 1997 pour libérer notre île ! Sans cette lutte héroïque, la présidence tournante, clause vitale de l’accord de réconciliation de Fomboni, n'aurait jamais vu le jour, et aucun Anjouanais n'aurait pu diriger ce pays.
Pourtant, sa dérive ne s'est pas arrêtée à la forfaiture de 2009. Non content d'avoir porté ce premier coup de poignard à notre autonomie, il a récidivé quelques années plus tard. Par une seconde trahison tout aussi révoltante, ce même Sambi et son parti, le JUWA, ont fait campagne et scellé un pacte infâme en 2016 au stade de Missiri pour installer le régime actuel au pouvoir. Ce que nous subissons aujourd'hui dans notre chair est la conséquence directe de cette succession de félonies historiques.
La colère est une sève puissante, un feu sacré qui brûle en chacun de nous, mais elle ne doit pas se consumer dans des coups d’éclat éphémères ou des réactions sans lendemain. Ce feu doit être canalisé pour briser le cœur même du monstre : ce système constitutionnel injuste et ce centralisme d'État comorien obsolète.
Depuis la nuit des temps, ce modèle broie les intérêts d'Anjouan et insulte la dignité de ses enfants. En concentrant de manière absurde toutes les décisions de nos vies à Moroni, entre les mains d'une oligarchie et d'un clan malveillant, il nous prive de notre droit d'exister. On ne guérit pas un membre malade en asphyxiant le reste du corps ; il est temps de mettre fin à cette captation absolue du destin de nos enfants et de rebâtir nos structures sur l'égalité.
C’est précisément pour mener ce combat de structure qu'il faut aujourd'hui se tourner vers l'O.P.I.A. (Organisation pour l'Indépendance d'Anjouan). L’OPIA n’est pas un parti politique de plus en quête de sièges. C’est un Mouvement de Libération qui travaille sans relâche, tant sur notre sol natal que partout où bat le cœur de la diaspora, pour rassembler les conditions de notre émancipation et libérer définitivement notre île du joug suprémaciste.
Que chacun se dise : « J'ai un rôle à jouer ». Notre contribution, notre énergie et notre vigilance à tous sont les pierres angulaires de ce changement.
Rejoindre et soutenir l'O.P.I.A., c'est choisir la voie de l'organisation face au chaos. Ensemble, structurés et unis, nous rendrons à Anjouan sa souveraineté et sa dignité.
Restons forts, restons dignes. Le combat ne fait que commencer !
Vive l'État souverain d'Anjouan !
Vive la Confédération des États souverains des Comores !
Anli Yachourtu JAFFAR
17 mai 2026
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