Et si l’ADC n’était plus qu’une coquille vide? Ce régime d’amaigrissement pose au moins deux questions. Comment l’ADC réduite à gérer une compagnie lo
Et si l’ADC n’était plus qu’une coquille vide?
Un récent communiqué du ministère des Transports informait sur la mise au chômage économique de près d’une centaine d’agents des aéroports domestiques de Ouani, Bandar-Salam et Hahaya. Le ministère de tutelle justifie ces licenciements par l’incapacité de l’ADC d’assurer le fonctionnement des ces aérodromes qui dépendaient essentiellement des recettes générées par l’exploitation des vols internationaux. Une conséquence directe de la décision de l’Etat de céder l’exploitation de l’AIMPSI (Aéroport international Prince Said Ibrahim) à un consortium saoudien au détriment de la société nationale ADC (Aéroport des Comores).
Ce régime d’amaigrissement pose au moins deux questions. Comment l’ADC réduite à gérer une compagnie locale et deux dessertes quotidiennes à Ouani et Bandar-Salam compte t-il continuer à exploiter ses aéroports secondaires? Le cas de Hahaya est d'ailleurs problématique. La concession de l’Ampsi n'intégrant pas les vols locaux, l’ADC pourra t-il continuer à utiliser les infrastructures de l'aéroport international concédé où faudra t-il envisager des modalités pour rendre autonome ses activités dans ce contexte? En attendant que les spécialistes nous expliquent ce méli-mélo, la survie de l’ADC paraît compromise avec une activité aussi réduite et aléatoire.
Réduire le personnel - la mesure la plus facile à faire- ne compensera pas les obligations de l'Etat de respecter les normes techniques et de sécurité indispensables pour qu'un aéroport soit habilité à recevoir des aéronefs. Au-delà des coûts nécessaires au fonctionnement de ces infrastructures, se pose la responsabilité politique de l’Etat d’assurer la continuité territoriale. Cette dimension essentielle de souveraineté et d'unité nationale paraît le grand absent des politiques publiques en matière de transport aérien et maritime.
Le discours ne remplace pas l'absence de bateaux et d'avions pour se déplacer à l'intérieur du pays. Avant de se rendre à Paris ou Dubaï, ne faudrait-il pas s'inquiéter de la circulation à l'intérieur de l'archipel? A l'obstacle du Visa Balladur, l'habitant doit-il subir l'obstacle du moyen de déplacement sûr et financièrement accessible pour se déplacer dans son pays? Nos gouvernants se rendent-ils comptent de la gravité de certaines décisions sur l’unité nationale?
Eddine Mlivoidro

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