Hausse du prix de l’électricité aux Comores : le silence qui alourdit les factures. Ce changement majeur aurait mérité une vaste campagne d’informatio
Hausse du prix de l’électricité aux Comores : le silence qui alourdit les factures
Depuis plusieurs mois, les Comoriens font face à une hausse continue du prix de l’électricité, dans un climat marqué par un profond manque de communication et de transparence. Cette augmentation, déjà difficile à supporter pour des ménages dont le pouvoir d’achat est fragile, s’accompagne d’une généralisation accélérée des compteurs dits « intelligents », désormais imposés comme norme par la MA-MWE, l’agence nationale de l’électricité.
Ce changement majeur aurait mérité une vaste campagne d’information et de sensibilisation. Or, rien ou presque. Les consommateurs découvrent les nouvelles règles au moment de payer, souvent dans la surprise et l’incompréhension. Aucun débat public, aucune explication claire sur les impacts réels de ces compteurs sur la facturation, ni sur les raisons exactes de l’augmentation des tarifs.
On croyait une baisse avec les énergies renouvelables
Pourtant, les attentes étaient grandes. Avec la mise en place de centrales photovoltaïques exploitant l’abondant soleil comorien, beaucoup espéraient un allègement des factures d’électricité. L’idée semblait logique : réduire la dépendance au gasoil, coûteux et importé, pour produire une énergie locale, propre et moins chère.
Hélas, la réalité est tout autre. Non seulement les factures ne baissent pas, mais elles augmentent. Cette situation nourrit un sentiment de frustration et d’injustice : comment expliquer que l’introduction des énergies renouvelables ne se traduise pas par un bénéfice direct pour les citoyens ?
Des factures prépayées pleines de mauvaises surprises
À cela s’ajoutent des situations choquantes vécues par de nombreux usagers. En allant payer leur électricité prépayée, certains découvrent que leur compte est tout simplement fermé. Motif invoqué : des dettes antérieures dont ils ignoraient totalement l’existence.
Les explications, quand elles arrivent, soulèvent encore plus de colère. Plus de 20 000 francs comoriens seraient automatiquement dus au simple fait que l’ancien compteur à disque aitété retiré et remplacé par un compteur intelligent. Une décision unilatérale, sans consentement éclairé du consommateur, et surtout sans information préalable claire. Comment accepter de payer une dette dont on ne connaît ni l’origine ni le détail ?
Le silence inquiétant des institutions de défense des consommateurs
Face à cette situation, un autre constat s’impose : le silence assourdissant des institutions civiles censées défendre les consommateurs. Où sont les associations de protection des usagers ? Où sont les prises de position publiques, les enquêtes indépendantes, les interpellations officielles ?
Ce vide institutionnel laisse les citoyens seuls face à une administration puissante, dans un rapport profondément déséquilibré. L’électricité est un service essentiel, pas un luxe. Elle conditionne la vie quotidienne, l’éducation, la santé et l’activité économique.
Pour une transparence et un dialogue urgents
La population comorienne ne refuse pas le progrès technologique ni la modernisation du réseau électrique. Mais elle exige le respect, la transparence et la justice. Toute hausse de tarifs, tout changement de compteur, toute réclamation financière doit être expliquée clairement, justifiée et débattue.
Il est urgent que la MA-MWE communique de manière responsable, que l’État joue son rôle d’arbitre et que les institutions civiles se réveillent pour défendre les droits des consommateurs. Sans cela, la transition énergétique, au lieu d’être une opportunité, risque de devenir une source durable de méfiance et de colère sociale.
Abdoulatuf Bacar

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