Lettre au Haut-Commissaire des Nations Unies : Dénonciation de la répression des manifestations pacifiques aux Comores. Ce mardi 30 septembre 2025, le
À Son Excellence Monsieur Volker Türk , Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme
Palais Wilson Genève, Suisse
Moroni le 1er octobre 2025,
Objet : Dénonciation de la répression des manifestations pacifiques aux Comores
Excellence,
En ma qualité de défenseur des droits humains, de responsable politique panafricaniste, comorien et de Président du parti RIDJA-PACTEF, je tiens à attirer solennellement votre attention sur la situation persistante et alarmante qui prévaut aux Comores.
Ce mardi 30 septembre 2025, le régime du colonel Azali Assoumani a procédé au déploiement de véhicules blindés dans la capitale des Comores, Moroni, dans l’unique but d’intimider et de réprimer la population comorienne qui entendait manifester pacifiquement pour dénoncer les injustices, la corruption généralisée, la précarité sociale qui frappe plus de 80% de la population comorienne ainsi que la dérive autoritaire du pouvoir en place.
Il convient de rappeler que le régime en place n’a malheureusement tiré aucune leçon des recommandations formulées par le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la torture dans son rapport du 23 janvier 2020 (référence A/HRC/43/49/Add.1).
Ce rapport avait déjà mis en lumière le rétrécissement continu et persistant de l’espace d’expression politique et de la société civile, l’interdiction systématique, depuis le retour du colonel Azali Assoumani au pouvoir, de toutes les manifestations pacifiques et des cas avérés de tortures.
Depuis lors, la situation n’a fait que s’aggraver. On dénombre aujourd’hui un nombre important de prisonniers politiques, une impunité persistante concernant les trente-neuf (39) assassinats politiques commis par des militaires, ainsi qu’un vaste réseau de trafics de drogue impliquant de hauts gradés de la gendarmerie nationale. Certains de ces officiers ont par ailleurs reconnu leur implication dans des faits particulièrement graves de proxénétisme sur des mineurs.
Ce recours à une militarisation disproportionnée et à des pratiques répressives illégales constitue une violation flagrante et préoccupante des droits fondamentaux du peuple comorien, en particulier la liberté d’expression et la liberté de réunion pacifique garanties par la Déclaration universelle des droits de l’homme (articles 19 et 20) et par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, dont les Comores sont signataires.
Face à cette situation, nous sollicitons l’attention et l’intervention urgente de la Commission des Droits de l’homme des Nations Unies, il est indispensable d’interpeller le gouvernement comorien sur ses obligations internationales en matière de respect des droits humains. Il est tout aussi nécessaire de mettre fin aux pratiques de répression et d’intimidation exercées à l’encontre des citoyens.
Enfin, il importe d’assurer une protection effective aux manifestants pacifiques et aux défenseurs des droits humains aux Comores.
Nous appelons la communauté internationale, et en particulier votre éminente institution à prendre toutes les mesures nécessaires afin que cessent immédiatement ces violations répétées des libertés fondamentales et que le peuple comorien puisse exercer son droit légitime à exprimer pacifiquement ses légitimes revendications.
Je vous prie d’agréer, Excellence, l’expression de ma très haute considération.
Maître Saïd Larifou
Avocat international
Président du RIDJA-PACTEF

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