«Allô, Sako? Trouve vite une parade pour libérer Abou Achirafi Ali Bacar» « Adieu veau, vache, cochon, couvée ». C’est la fin des haricots...
«Allô, Sako? Trouve vite une parade pour libérer Abou Achirafi Ali Bacar»
«Adieu veau, vache, cochon, couvée». C’est la fin des haricots. L’information est bel et bien confirmée: c’est Ikililou Dhoinine, Président de la République, Président de l’Union des Comores, le premier magistrat du pays, le garant et protecteur des institutions nationales, qui a donné l’ordre au Procureur général Soilihi Mahmoud dit «Sako» de faire libérer Abou Achirafi Ali Bacar, le «Pablo Escobar comorien», l’ancien chef de la Direction nationale de la Sûreté du Territoire (DNST), l’homme qui a falsifié la signature du même Président Ikililou Dhoinine pour vendre en parallèle des passeports comoriens à des trafiquants de drogue et à des terroristes du Moyen-Orient, toutes opérations qui lui ont rapporté au moins 8 milliards de francs comoriens aujourd’hui reconnus. Dans un pays institutionnellement civilisé, Abou Achirafi Ali Bacar aurait fait l’objet de poursuites judiciaires pour faux et usage de faux, association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, trafics illégaux de documents administratifs, détournement de fonds publics et activité mettant en danger la sûreté nationale des Comores et la sécurité des pays qui pourraient être visés par les activités des terroristes et des trafiquants de drogue à qui il a vendu des passeports. Si on devait cumuler les peines résultant de ces chefs d’accusation, il en aurait pris au bas mot pour 150 à 206 ans d’emprisonnement.

Mais, au lieu de cela, il avait été placé en résidence surveillée dorée et non dans une cellule de prison. Pendant les 5 mois de son incarcération bidon, les Comoriens avaient eu la faiblesse de croire qu’Ikililou Dhoinine allait mettre enfin en œuvre son «talent et expertise» en matière de «lutte contre la corruption». Mais, après avoir subi des pressions venues d’Anjouan, où Abou Achirafi Ali Bacar est considéré par certains comme un «héros national», dans un pays où on adore ceux que Malek Chebel qualifie de «héros négatifs», les nerfs du Président ont lâché, et il a appelé le Procureur général Soilihi Mahmoud pour lui demander de faire libérer Abou Achirafi Ali Bacar par tous les moyens, dans les plus brefs délais, sans chichis, et même au prix d’un immense scandale. Au départ, il était demandé à l’homme qui a volé plus 8 milliards de francs comoriens aux Comores de payer en deux tranches une caution minable et dérisoire de 8 millions de francs comoriens. Finalement, on ne lui en demanda que 4 millions, pour donner satisfaction au Président Ikililou Dhoinine, qui tenait à ce que son ami Abou Achirafi Ali Bacar soit libéré le plus vite. C’est le dossier sur lequel Ikililou Dhoinine a le plus fait preuve de son état de Président d’opérette c’est-à-dire un Président de pacotille, un Président à la sauce tomate et un Président à la noix de coco. Ça ne se fait pas.
Les bonnes âmes disent ingénument: «Abou Achirafi Ali Bacar menaçait Ikililou Dhoinine de faire des révélations fracassantes s’il était jugé. Du coup, le Président a pris peur et l’a fait libérer». C’est la pure vérité. Mais, celle-ci signifie que le Président lui-même n’est pas d’une innocence immaculée dans cette affaire puisqu’il cède au chantage d’un criminel de Droit commun, qu’il aurait pu faire juger à huis clos «pour des raisons de sécurité nationale», et ça ne serait pas son avocat, Maître Mchindra Abdallah, qui aurait pu prétendre que la procédure serait irrégulière. Mais, Ikililou Dhoinine a laissé parler l’inexpérience et la peur, une fois de plus, sans consulter de vrais juristes pour trouver la meilleure solution. Toutefois, c’est une bêtise crasse de plus, mais qui n’a pas donné ne serait-ce qu’un pli à sa djellaba marron des grandes occasions. Il devra appeler le Caporal Bourhane Hamidou pour donner le sein afin de le consoler pour sa valise de 80.000 euros saisie par les autorités aéroportuaires françaises, et sans doute le dédommager, en lui rendant la somme, «par compassion et compensation de la République». Le pire, c’est qu’il est capable de le faire. Donc, ne le lui suggérons pas.
Par ARM
© www.lemohelien.com – Mardi 22 avril 2014.
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