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Mana Madi a encore frappé fort. Non content d’avoir arnaqué son village en partant avec tout ce qu’il y avait dans le grenier et l’étable communautaires, il s’apprête à revenir avec toutes les gloires. Tout le monde disait que sa farce n’a plus de prise et s’il lui reste un brin d’honneur, il devrait rendre ce qu’il a volé, demander pardon et payer tribut pour réintégrer la communauté. C’est vraiment méconnaitre les capacités de décrépitude de notre détrousseur. 

Il a organisé des rencontres ciblées et individualisées avec les notables du village qui ont vite répondu par tradition « mdru kadoharaya huyishiya ». A l’égard des notables conviés, il a usé d’un vieux stratagème appelé "ufuyniya nkonde » entendez pourboire discret. En retour, il a demandé qu’on organise une réunion publique afin de lui demander des comptes. Très satisfaits de la considération affriolante qu’ils ont eue, les notables ont réuni tout le village pour voir Mna Madi s’expliquer. Il a été introduit par le meilleur orateur du village qui demande la plus grande attention à toute l’assistance.

Mna Madi commence par s’excuser pour avoir causé beaucoup de soucis à la communauté. 
- Si je suis parti avec toute votre fortune durement acquise, c’était pour l’échanger contre quelque chose qui vous servira à merveille. En tant que premier responsable du village, je me dois de veiller à votre bien être, prendre les décisions qui s’imposent même s’elles peuvent se révéler impopulaires. Je n’ai jamais pensé, ne serait-ce qu’en quelques secondes, que vous me mépreniez en un voleur car cela aurait supposé que vous soyez vous-mêmes des bandes des larrons, du fait que c’est vous qui m’avez confié la responsabilité ingrate de gérer votre village. Je ne me fais pas de soucis en ce qui concerne vos critiques, voire vos insultes car tout responsable fait l’objet de défiances. N'a -t-on pas dit que Mfaume kura la madjaya ?

Ce que je vous apporte maintenant va vous démontrer comment je vous aime et veux vous servir dignement.

L’assistance est vraiment tenue en haleine par le suspense et la soif de connaitre la merveille apportée par Mna Madi. Celui-ci reprend place parmi le conseil du village et fait signe à ses serviteurs d’apporter au milieu de la place un carton bien emballé.

- Messieurs, l’un de mes priorités est l’énergie domestique. Nous éclairons nos maisons et nos mosquées avec des moyens archaïques. Vous vous servez des coquillages (kome) ramassés à tout va au bord de la mer. Vous passez beaucoup de temps à les laver et à les rincer pour qu’ils deviennent un ustensile d’éclairage. Vous vous fatiguez à récolter des fruits de pignon d’Inde (mirimizungu), vous extrayez l’huile de jatropha (mafura ndzungu) la seule source agrocarburant que vous connaissez. Il vous faut des mèches bien huilées ( mapvondzi) pour que de tout cela jaillisse un chalumeau timide (mna mdjali) que vous appelez de la lumière. Je viens de trouver une solution très efficace qui vous donne de la lumière facile, très claire d’une élégance rare. Vous n’avez rien à rembourser, j’ai tout payé par votre grenier et votre étable.
Mna Madi se lève magistralement, salue l’assistance et ouvre le carton. Il sort des bougies, les montre au public et promet de les distribuer de suite à quelques conditions. Que toutes les familles lui remettent tous les coquillages disponibles devenus, au fil des temps, une partie du patrimoine familial. Ce n’est pas tout. Il faut lui donner toutes les petites bouteilles bien pleines d’huile de jatropha dans lesquelles on conservait le liquide précieux d’éclairage. Ces petites bouteilles ont la forme d’un corsage d’où l’appellation « mna ibele wa mafura ». 

Quand tout le monde ramène sa trousse d’éclairage y comprises les mèches bien huilées, Mna Madi distribue une bougie par famille et s’en va chez lui. 
Le soir venu, on allume les bougies (mishumaha) qui donnent un éclairage raffiné et joyeuse. On regardait la bougie se consumer à grande vitesse contrairement au chalumeau qui durait toute la nuit avec une très faible consommation, posé respectueusement sur un beau « simbo sculpté ». Au bout de quelques petites heures, les bougies ont latéralement fondu et toute la maisonnée a sombré dans le noir. Puisque chaque famille ne disposait que d’une petite bougie, un rassemblement a eu lieu le lendemain pour demander des comptes à Mna Madi. On apprend qu’il est parti le soir vendre son butin à des navigateurs. 

C’est ainsi que Mdrwakondo a fredonné le couplet de complainte :
Ye mfa Mna Madi tsiyariwuwa 
Hariwuwa sontsi bo wandrwamdji.

Par Dini Nassur
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